S'il est bien une plante qui évoque la magie, les sorcières et les légendes médiévales, c'est évidemment la
Mandragore (Mandragora officinarum). Si sa grosse racine pivotante a parfois tendance à se ramifier pour lui donner un aspect anthropomorphe, ce sont surtout les alcaloïdes qu'elle contient qui
lui ont valu sa sulfureuse réputation.
Je ne m'épandrai pas trop ici sur ses vertus réelles ou imaginaires afin de ne pas tenter les internautes curieux d'expériences psychédéliques ou amoureuses pouvant leur coûter la vie. Car oui,
comme la plupart des solanacées dont elle fait partie, elle est très toxique.
Shakespeare, qui connaissait aussi ses propriétés somnifères faisait d'ailleurs dire à sa Cléopâtre: "Give me to drink mandragora, that I might sleep out this great gap of time my Anthony is
away".
Quoi qu'il en soit, j'ai décidé d'en commencer une production qui, du fait de la rareté des graines, des pieds
mères disponibles dans des jardins (pas question d'aller en voler dans la nature), et de la détermination de cette plante à forcer celui qui la veut à faire preuve de patience, s'est avérée
délicate.
Après avoir préparé mes semis d'une façon que je garderai secrète -mais très naturelle- à la fin de l'été précédent, j'ai enfin pu découvrir après de longs mois d'attente les premières pousses de
la belle récalcitrante au début du mois de mars dans la serre froide.
Cris de joie, "hourras" tonitruants, alleluïas, ont fait savoir à mon entourage la satisfaction de voir
apparaître les premiers rejetons.
Vint ensuite la délicate phase de prélèvement des plantules, juste équipées de deux cotylédons ou protofeuilles
et d'une déjà longue racine, à laquelle il convint de fournir un long pot d'un litre en guise d'écrin.
Me restait encore à attendre un à deux ans pour que chacun des jeunes plants, chouchoutés à mi-ombre et à l'abri
des courants d'air, dans un substrat frais mais non gorgé d'eau (oui, la mandragore est, je le rappelle, capricieuse), devienne aussi beau que les deux pieds-mères que je conserve désormais
jalousement.
Donc, tout de même, un petit rappel quant à la culture de cette plante dans les jardins, à destination des
téméraires qui, dans quelques mois, ne tarderont pas à se précipiter pour acquérir à la pépinière leurs plantes magiques:
exposition mi-ombragée à ombragée, abritée des courants d'air, sol profond -les racines atteignent 60 à 80 cm-
frais mais pas trop humide, les origines méditerranéennes de la plante lui permettent de supporter des courtes périodes de sécheresse en été; légèrement frileuse, elle peut être plantée presque
partout en France, pourvu que l'on respecte les conseils précédents (essayée et approuvée dans l'Yonne, avec des hivers à -12°C en moyenne). Pour s'assurer de sa pérennité, je conseillerais de la
laisser porter quelques fruits jusqu'à leur maturité complète, afin de permettre un éventuel semis spontané pour prendre le relais d'un pied qui devrait assumer seul la survie de l'espèce au
jardin.
Les fruits, sortes de petites tomates allongées allant du vert au brun, sont parfois réputés comestible. Etant
donnée la nature de la plante et les alcaloïdes qu'elle contient, il y a fort à parier que certaines personnes pourraient éprouver quelques problèmes en les consommant. Pour autant, chez la
tomate seul le fruit est comestible, lorsqu'il est bien mûr, et toutes les parties vertes d'une pomme de terre peuvent lourdement porter atteinte à la santé d'un consommateur étourdi.
Les sujets disponibles à la vente n'étant pas nombreux, ils sont proposés sporadiquement sur le site de vente en ligne .


Le site internet vaut ce qu'il vaut, mais rien n'est
comparable à une visite "en vrai" pour apprécier les végétaux...
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