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Journal de la pépinière

 

On avait cru cette année ne jamais revoir l'été. Non que cela me convienne de brûler au soleil et d'arroser abondament, mais les plantes commençaient à souffrir quelque peu des matins frileux qui les empêchaient de pousser comme elles le désiraient.

 

Ceci étant résolu, elles ont pu une nouvelle fois me gratifier de leur éclatante floraison,déployant des trésors de couleurs, de formes et de raffinements divers dans le seul but -en tout cas j'aime le croire- de nous faire éprouver un ravissement à la hauteur de nos attentes.

 

Voici donc, et non par ordre d'apparence, les coquettes de juin, qui pour certaines ont près d'un mois de retard:

 

 

Briza media, l'amourette, qui doit son nom à ses petits épillets pendants en forme de coeurs...

 

Briza media fleur

les Iris de Sibérie (ici sparkling rose)

Iris sparkling rose 2

 

les Iris laevigata 'alba'...

 

Iris laevigata alba 2

 

... et 'Sautarel'

 

Iris laevigata sautarel

 

Les Iris sanguinea, surtout sanguins dans leur gorge

 

Iris sanguinea 2

 

Iris sanguinea 3

 

 

Le saxifrage-araignée, Saxifraga stolonifera, qui apprécie les sols légers et frais et l'exposition ombragée pour faire s'envoler ses pétales à l'allure de petits papillons blancs

 

Saxifraga stolonifera fleur

Un autre saxifrage : Saxifraga 'southside seedling', à l'extraordinaire floraison, blanche ponctuée de rose carmin, qui s'épanouit dans les sols secs en plein soleil

 

Saxifraga southside seedling fleur

 

La gracieuse filipendule (Filipendula vulgaris 'plena') qui n'a de vulgaire que le nom, et qui affectionne les terrains sains, même secs et calcaires, et un exposition plutôt ensoleillée

 

Filipendula vulgaris plena fleur 4

 

Le Sisyrinchium californicum, dont le nom français "Bermudienne de californie" pourrait faire penser qu'il est fragile. Grossière erreur, il se ressème abondamment en sol frais à humide, au soleil, et on lui préfèrera la francisation de son nom anglais : Herbe à oeil d'or". Ses petites fleurs rappelant la tulipe s'épanouiront sans discontinuer tout l'été, et jusque début octobre.

 

sisyrinchium californicum 2

 

 

 

Son cousin bleu (S. bermudianum) préfère quant à lui un sol léger, drainant pour bien fleurir, sur une durée peut-être même un peu plus longue.

 

Sisyrinchium-bermudianum-comp-2.jpg

 

 

L'arum d'Ethiopie (Zantedescia aethiopica), quant à lui, expose son spadice dressé au monde entier sans vergogne, se targuant de pouvoir pousser sous 30 cm d'eau aussi bien que dans une situation bien abritée du jardin.

 

 


Zantedeschia aethiopica 2

 

 

 

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Voici
venir les floraisons estivales de vivaces éclatantes, gourmandes de chaleur, et souvent de lumière.

Les Monbretias (Crocosmia masonorum et C. m. 'Lucifer'), appréciant les sols pas trop lourds et frais, même si la fraîcheur est profonde...



Les Iris du Japon, dont l'éphémérité de la floraison n'a d'égale que sa splendeur, qui mérite bien que l'on patiente une année complète pour quelques jours de ravissement. Ils nécessitent une terre légère, neutre à acide, et supportent très bien d'être placés à 10 cm de l'eau, mais détestent être trempés jusqu'au collet.


Iris kaempferi 'Geisha Gown'



Iris k. 'Royal Crown'



Iris k. 'Snowy hills'



Les hémerrocalles, quant à eux, préfèrent une terre riche, même lourde et calcaire, pour s'épanouir pleinement. S'ils préfèrent le soleil, ils s'accomodent très bien d'un peu d'ombre. Très faciles à vivre, ils ne sont pas très sensibles au manque ni à l'excès d'eau, et certains l'emploient même dans les filtrations par lagunage dans un but principalement esthétique.




catalogue hemerrocallis



Un petit nouveau à la pépinière, même s'il a déjà fini de fleurir: Iris orientalis. Immaculé, très droit, raide mais de bonne végétation grâce à ses rhizomes traçants, il aime les terrains secs l'été, même les zones arides comme celles du Nord de la Turquie et de la Grèce d'où il est originaire. Malgré cela, il n'est pas frileux, et a supporté ici des températures de -15°C dans son pot cet hiver.



A ne pas oublier: les Hostas (ici Francee), ces chameaux de l'ombre qui n'ont pour seuls ennemis que le soleil direct en plein midi et les gastéropodes gourmands. S'ils font des merveilles à l'ombre, on peut leur imposer quelques heures de soleil quand on les installe en sol humide.

catalogue hostas

Lysimachia cletroides, l'un de ceux que l'on ne voit pas assez. En plus de sa floraison spectaculaire, son feuillage prend des couleurs extraordinaires aussi bien lors de la pousse de printemps qu'à l'automne. Appréciant aussi bien le plein soleil que la mi-ombre, voire une ombre plus intense (au détriment de la coloration du feuillage), il nécessite un terrain frais, voire humide, et peut être employé dans les lagunages, sur les berges ou bien dans les massifs, où il croît vaillamment.



La potentille des marais (Potentilla palustris) et la massette naine (Typha minima) produisent leurs inflorescences, l'une au ras de l'eau, l'autre un peu moins d'un mètre au-dessus. Elles demandent une submersion légère (de +20 cm à -10 cm) pour donner le meilleur d'elles-mêmes pendant de longues semaines. Potentilla palustris prend une teinte cramoisie marquée à l'automne et une partie de l'hiver, tandis que Typha minima crée de bonnes zones-tampon avec ses tiges sèches, sièges d'échanges gazeux au travers de la glace et offrant un couvert intéressant pour le petit gibier d'eau.




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