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Journal de la pépinière



Après avoir subi un hiver "normal", auquel nous ne sommes plus habitués, essuyé les tempêtes de février -non sans dégât, d'ailleurs- et passé enfin les diaboliques Saints de glace, nous pouvons enfin aborder la belle saison avec une relative sérénité.
 Il nous faut souhaiter un peu d'eau, pour que les plantes ne souffrent pas trop, et profiter des feuillages exceptionnels de ces plantes typiques que l'on trouve dans les lieux ombragés et humides, tels Rodgersias, Peltoboikinia, Darmera (judicieusement rebaptisé Peltiphyllum), Petasites et autres Podophyllum. Et que dire des fougères!



On profitera aussi dès maintenant de la floraison dorée des Iris pseudacorus, si typiques de nos zones humides, résistants presque à tout,
 


mais aussi de celle des Ancolies, qui me ravissent au plus haut  point 



ou bien encore des Polemonium 'purple rain strain', si faciles à vivre et dont les feuilles deviennent d'un pourpre noir si on a la bonne idée de les mettre au soleil.



Les toutes premières Astrances exultent de me compliquer la sélection des coloris après le semis, mais non sans plaisir.



Au bassin, les Calla terminent leur floraison,



et les nympheas débutent la leur,



tandis que les délicieux Aponogeton, au parfum puissant de vanille, se préparent à achever leur saison printanière pour se reposer jusqu'au mois d'octobre où les fleurs recommenceront à nous enchanter tant que le gel ne les fauchera pas, même s'il ne les fâche que momentanément.



Il n'y a pas à dire: c'est le printemps!!!


 

 

(Voir aussi l'article "hivernage des plantes")

En ce froid début d'année, la pépinière, comme les bassins, est en pause.

C'est la période du repos végétatif, indispensable à la plupart des végétaux qui poussent sous nos climats. C'est aussi l'occasion de voir disparaître un certain nombre de parasites, et de nuire un temps aux maladies cryptogamiques.
Le froid nettoie, le froid repose, mais, malheureusement, le froid gèle!

Et certaines plantes n'aiment pas trop ça.

 Les Gunnera, qui vont accepter des températures de l'ordre de -2 ou -3°C sans protection (s'ils sont suffisamment gros) devront absolument avoir bénéficié d'une couverture (paille dans l'idéal, feuilles ou fougères autrement) pour passer sans encombre un hiver plus rigoureux.



Pour les plantes strictement aquatiques, la protection hivernale est simplifiée: c'est la profondeur de plantation. Ainsi, les Pontederia (photo), papyrus, Thalia, arum, vont hiverner sans souci si leur souche se trouve à 40 ou 50 cm de profondeur (pas plus, les plantes auraient du mal à regagner la surface au printemps sans s'épuiser).
C'est ainsi que la majorité des nympheas et les lotus passent l'hiver sans encombre, alors que leur rhizome (leur racine) est plutôt sensible au froid.



La plupart des autres plantes cultivées à la pépinière sont parfaitement rustiques, c'est à dire qu'elles peuvent supporter des froids normaux en France, et la région où elles sont cultivées ne les épargne pas!
Ici, pas d'hiver sans avoir passé sous la barre des -10°C, et  à l'heure où je rédige ce billet, les bassins de culture sont recouverts de 10 à 15 cm de glace, et nombre de plantes s'y trouvent complètement prises, comme tous les ans!



Les bassins, quant à eux, peuvent aussi souffrir du gel, la glace exerçant une pression importante, que les poissons n'apprécient pas toujours, malgré qu'ils soient en vie ralentie près du fond. Pour compenser cela, il existe quelques astuces:
-placer un fagot de bouleau, charme ou autre verticalement dans l'eau, pour faire office de "tampon" et permettre des échanges gazeux minimaux entre l'eau et l'extérieur
-laisser les tiges mortes  et gelés des plantes aquatiques, dans le même but. Les phragmites, phalaris, prêles, thalias et autres scirpes et pontédéries sont très intéressants de ce point de vue. Les Hippuris, élodées et myriophylles restées sous la glace contribueront efficacement à l'oxygénation nécessaire à la survie des poissons.
-déposer un ballon à la surface. ce n'est valable que pour de toutes petites gelées sur de petits bassins

Le matériel (pompes, filtres, etc...) aura bien entendu été purgé avant les températures négatives, c'est d'ailleurs l'occasion d'un nettoyage annuel avant la remise en route du printemps.


 




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