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Un stage photo chez nous en juillet?

Publié le par le père Lenoir

Un stage photo chez nous en juillet?


Un petit stage photo nature d'une demi-journée au Flérial le dimanche 16 juillet conduit par Yannick Lenoir, ça intéresse quelqu'un?
Apprendre ou découvrir les réglages, postures, lumières qui vous permettront de tirer le meilleur parti de votre appareil photo numérique dans un site préservé avec de l'eau, des plantes, des animaux, avouez que c'est plutôt pas mal, non? 

Les places sont limitées, mais vous êtes les bienvenus.

Horaires prévisionnels: 17h/21h (pour bénéficier de la meilleure lumière et ne pas mourir de chaud)
Tarif: 60€/ personne.

Localisation: Le Flérial et ses alentours (Volgré, département de l'Yonne, Nord Bourgogne) : https://www.facebook.com/leflerial/?pnref=lhc 
Ceci inclut la pépinière et ses nombreux nymphéas actuellement en fleurs.

Votre formateur: https://www.facebook.com/YannickLenoirPhotographie/
ou son autre site officiel: http://www.yannicklenoirphotographie.com/ 

Votre hôte, qui vous fera la visite guidée: moi

L'ambiance: assidue, détendue, écolo et passionnée
Alors? Vous vous laissez tenter? 

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Un peu long, le Souchet?

Publié le par le père Lenoir

Un peu long, le Souchet?

Il m'a bien tapé dans l'oeil ce matin, le souchet!
Avec ses longues feuilles et ses inflorescences brun noisette, il dévoilait à la perfection sa silhouette élégante dans la lumière du petit jour tiède que juillet finissait par nous offrir. 

L'une de ces plantes dont je trouve qu'on ne les voit jamais suffisamment dans les jardins, les bassins, les mares, d'autant qu'elle est indigène et qu'elle mériterait d'être plus souvent employée pour le réensauvagement des sites dégradés et la phytoépuration.

 
J'en entends certains déjà dire: "ah! mais c'est une herbe!" et d'autres "encore une graminée!" mais, diable, que nenni! Il est bien plus que cela! Tout d'abord ce n'est pas une graminée (famille désormais appelée "Poacées") mais une cyperacée, comme le Papyrus ou les Carex, et puis entendre cet "encore" désolé (ne niez pas, je vous ai entendu) me pousse à vous contraindre à regarder plus avant la structure dense, graphique, noble, de cette beauté végétale apte à accueillir toute une faune rivulaire autant qu'à fixer les berges fragiles de son système racinaire puissant, non perforant. Et quelle aptitude inouïe à révéler la beauté de ses voisines par sa régularité sans faille, son animation légère face au vent, et la constance de son maintien. 
Si l'on ajoute à cela la façon dont ses tons d'automne vont le gagner, de la tête vers le pied, on est décidément bien loin de la lassitude désabusée des esthètes déjà comblés. 

Petite description: 

 

Cyperus longus

Souchet long, souchet odorant, souchet allongé, trianglé (ang . : Galingale)

Le cousin endémique du papyrus. Plante élevée, robuste, inflorescences en épis multiples allongés en été et fin d'été, feuilles longues, coriaces et végétation assez traçante. Hauteur : 50 cm à 1 m. Soleil, mi-ombre, terrain humide et jusqu'à -10 cm de profondeur, tous sols. Berges, bassins, mares, étangs, bacs, jardins de lune, mini-bassins, aménagements écologiques.

 

 

Cette plante robuste, au feuillage élégant, dégage un parfum prononcé, assez proche de celui de l'acore et de la violette, lorsqu'on coupe sa racine. Il est d’ailleurs exploité en parfumerie, où on préférera utiliser son rhizome séché, dont le parfum se développe plus intensément. Placé en isolé, dans une potée affleurant du bassin par exemple, sa structure marquée s'imposera d'office au regard, évoquant le papyrus tout en n’ayant pas sa frilosité.

 

 

Le souchet forme des herbiers denses et peut être employé dans les lagunages comme pour la fixation des berges à laquelle il excelle, surtout s’il est directement implanté sous la surface de l’eau.

On utilisait ses longues feuilles étroites en vannerie, pour confectionner des chapeaux ou des paniers.

(Extrait du livre Plantes aquatiques et de terrains humides, éd. Ulmer, 2016)

 

Si vous en voulez, c'est ici!

 

Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne
Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne

Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne

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Même pas mal

Publié le par le père Lenoir

 

Attention, c'est long.

 

Ça fait un moment que je veux publier un texte sur la difficulté d'être pépiniériste aujourd'hui. 
Un texte qui parlerait, sans misérabilisme, de l'énorme adversité que doit affronter cette profession, qu'il s'agisse du climat , du marché en crise, des contraintes administratives, de la pénibilité, ou du sentiment -justifié- d'être le parent pauvre de l'agriculture en termes d'aides, de soutien, d'écoute et de regard.

 

Mais voilà: je ne trouve pas le ton.

 

La profession va mal, voire très mal. Après tout, ce n'est pas un hasard si la plupart des pépiniéristes ont développé une activité connexe (comme je l'ai fait avec le paysagisme, ma formation initiale) pour pouvoir juste s'en sortir, avec un revenu décent obtenu sur le court terme plutôt qu'avec les miettes d'un truc qui ne rapporte que très peu, dès lors que l'on n'a pas choisi l'option d'une forme d'industrialisation du métier, une vision comptable des choses. 


Combien de collègues sont, sans que ça se sache, au RSA, au chômage, ou salariés ailleurs? Pas mal, en réalité. 
Dans cette profession de passionnés un peu dingues comme dans d'autres, le choix de la démarche passionnée, intègre et artisanale est souvent synonyme de difficultés intangibles, de vaches maigres et de mal de dos. Il en va de même pour le tailleur de pierre, le sculpteur, l'artiste peintre ou le tisserand, dès lors qu'il a choisi une voie d'exception. 
Combien de collègues arrivant à l'âge de la retraite sans les moyens de s'arrêter vraiment, à ne jamais avoir trouvé le moyen d'alléger leur charge de travail, leur tranquillité financière? Des tas. 


Quant à l'incapacité à se fédérer entre collègues, elle est assez typiquement française; il est bien plus facile de faire une action de groupe lorsque l'on est audible. Que les taxis arrêtent de fonctionner au cul d'un aéroport, que les trains s'arrêtent, que Rungis cesse d'être livré en viande, ou que le préfet patauge dans 15000 L de lisier, et tout le monde le sait, le ressent, prend le sujet à cœur ou à tripes, mais qu'on arrête de vendre ses plantes pendant un mois, et personne ou presque ne le remarquera. Nous sommes superflus, puisque nous ne sommes que du plaisir.

Ça y est, c'est dit, avec toute la froideur glaçante d'un constat implacable: c'est dur, ça va mal, et ça risque de durer.

Et à quoi ça sert? Est-ce que pour autant vous, lecteurs et potentiellement consommateurs, vous allez vous ruer sur nos étals, nos stands sur les fêtes des plantes ou les marchés pour nous dévaliser en végétaux? Non, évidemment! Vous n'allez pas acheter ce dont vous n'avez pas besoin juste pour nous faire plaisir, et permettre à ces précieuses collections privées que sont les pépinières de résister contre vents et marées. Au mieux, vous éviterez d'acheter dans une jardinerie à la noix une plante que vous pourrez trouver chez un petit producteur incroyable dont vous appréciez la démarche, la gamme, la qualité de production, même si c'est un peu plus cher (ce qui est loin d'être toujours vrai).

Est-ce que vous raconter une fois encore, un peu plus fort, nos difficultés va donner autre chose que vous culpabiliser en tant que nos clients?

On en bave, oui, mais peut-être aussi parce qu'on a choisi cette "carrière", tout simplement. Parce que, parfois, on veut cultiver dans le Larzac ou sur le Causse des plantes qu'on cultiverait plus facilement en Bretagne, ou que l'on choisit de s'installer dans un coin où le bassin de population n'est pas suffisant pour que l'on puisse s'en suffire. 


On en bave aussi, parfois, parce qu'on est peu sociable -c'est pas pour rien qu'on est dans les plantes- et que ça ne simplifie pas le marketing. Parfois aussi parce qu'on a fait de mauvais choix stratégiques, qu'on n'a pas eu de bol trois années de suite avec une météo pourrie, ou qu'on n'a pas su proposer le bon produit, de la bonne façon, aux bonnes personnes. Parce qu'on est nul en compta (et qu'on déteste ça viscéralement) et qu'une prospective financière nous donne de l'urticaire. 
Sûrement aussi parce que, en tant que passionnés irréductibles, on s'entête à faire les choses d'une façon qui nous semble être la seule, la meilleure, la plus honnête, et qu'il nous semble normal de hurler que c'est pas juste qu'on ne vende pas autant que d'autres, dont on pense qu'ils écoulent de la M... ou que cette M... est promue outrageusement, tandis que nos merveilles ne le sont pas.

J'en suis là de ma réflexion, en tant qu'acteur et spectateur de mon métier.

Nonobstant, certains collègues pépiniéristes me disent que je ne devrais pas me considérer autant en difficulté qu'eux parce que j'ai d'autres revenus que ceux, stricts, de la production. Que je ne peux pas les comprendre, et parfois même que je n'ai pas vraiment ma place sur certaines expos prestigieuses. 
Certes. Certains peinent plus que moi. Et d'autres moins.

Arrivé à ce point, je me dis que ça n'a pas beaucoup d'intérêt que de crier publiquement le désarroi d'une profession dont le but principal est de donner du plaisir, du rêve, de la joie. 
Se faire entendre, oui, c'est important. Se fédérer aussi. Mais quand on a le nez dans le guidon pour survivre ce n'est pas évident, et, comme le paragraphe précédent l'évoque un peu, la fédération n'est pas le fort de notre profession garnie d'égos et d'individualismes, plus encline à créer des ermites herbivores contemplateurs de fleurs de coucou bicolore que des grands leaders syndicalistes. On est un peu coincés, là.

Alors où vais-je en venir, vous demandez-vous très justement?

J'en pense que ce qu'on doit faire en priorité, c'est de chanter, comme le coq sur son tas de fumier. Et si ça ne va pas, de chanter plus fort, et mieux. 
Que ce n'est pas en se plaignant de nos difficultés qu'on amènera une vaste clientèle à nous. Si les tripiers disparaissent, c'est peut-être aussi parce que les gens ne mangent plus d'abats, pas juste parce que les conditions et les aléas sont trop durs, même si c'est une réalité.

Le meilleur moyen de s'en sortir reste, à mon humble avis, la promotion de notre savoir-faire, de tout ce que de "petits" pépiniéristes, de "petits" artisans peuvent offrir à leurs potentiels clients qu'aucune grosse structure ne peut offrir, faute d'échelle humaine ou de travail passionné, investi jusqu'à la moelle. 
Rappeler sans cesse les raisons d'un juste prix, la démarche qui accompagne la production, savoir raconter la qualité ou la beauté de ce qu'on propose. Faire de la pédagogie, encore et toujours, pousser quelques coups de gueule, parfois, et surtout rire de l'adversité sur laquelle on n'a pas prise.

Nous avons choisi un beau métier. Chacun d'entre nous, à sa manière, essaye d'en vivre dignement malgré nombre de raisons de découragement. C'est un métier de passion, c'est un métier de rêves, parfois de collection, d'échange (au sens fondamental) et de transmission.

Faisons rêver et rire ceux qui nous font vivre afin de créer de nouvelles vocations jardinières, faisons-les piailler d'envie de détenir l'une des plantes que nous avons cultivées pour eux presque autant que pour nous-même. Que ceux qui savent faire rêver avec des pétunias fassent rêver avec des pétunias, que ceux qui savent collectionner continuent de rendre jaloux les collectionneurs et que ceux, bon sang de bonsoir, qui ne savent pas faire ce genre de choses ne dégoûtent pas les clients et les collègues de le faire, car c'est l'écueil de la plainte permanente.

Amenons de la légèreté dans ce monde du jardin plan-plan et tristement sérieux sclérosé par les jalousies, les habitudes et l'apathie. Disons haut et fort ce que l'on aime et ce que l'on n'aime pas, de toute façon on s'en fout pas mal des tendance et des prescripteurs de goût. Tout le monde a détesté l'orange, aujourd'hui l'orange est roi! Et demain?

La profession va mal. 
Eh bien c'est dit.

Maintenant, musique! Le rideau s'ouvre et le spectacle recommence! 
Si on s'arrête pour pleurer, plus personne ne viendra rire avec nous.

 

 

 

 

Retrouvez ce texte sur le webzine Hortus Focus

https://magazine.hortus-focus.fr/blog/2017/07/03/guide-de-survie-pour-pepinieristes-desabuses/

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