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Filles de l'ombre

Publié le par le père Lenoir

 

Les fougères, toutes espèces et variétés confondues, sont particulièrement adaptées à l'ombre.

 

Fougeres-en-culture-2.jpg

Pour être totalement sincère, elles sont aussi, pour la plupart, très inadaptées au soleil!

Nous cultivons depuis plusieurs années maintenant un certain nombre de variétés rustiques sous ombrière non chauffée, afin de les habituer aux conditions réelles dans lesquelles elles devront pousser.

A force de pratique, on peut tracer quelque lignes générales quant à leur culture au jardin:

-elles apprécient la fraicheur du sol

-elles n'aiment pas les sols trop lourds, ni trop calcaires, ni l'eau stagnante

-elles aiment l'ombre et détestent le soleil de midi

-elles n'apprécient pas les courants d'air

-elles n'aiment pas la sécheresse.

 

Bien entendu, pour chacun de ces lieux communs, voire plusieurs à la fois, il existe une ou deux espèces pour démentir la thèse.

 

Ainsi, le polypode (Polypodium vulgare) poussera sans souci sur un énorme caillou ou sur le sol desséché sous la ramure d'un conifère, aussi bien que sur le tronc d'un arbre au bord d'un torrent


 

polypodium vulgare1

Polypode vulgaire sur granit

 


La fougère mâle (Dryopteris filix-mas) pousse même dans des terres très argileuses, y compris en région calcaire et en présence de courants d'air (pas trop quand même)

 


Dryopteris filix mas massif

Fougère mâle dans une ancienne carrière à argile à kaolin

 

 


Phyllitis scolopendrium sol secP1090128.JPG

Phyllitis scolopendrium (la langue de cerf) au soleil, dans une rocaille, au jardin botanique de Montpellier, et pied dans l'eau, à l'ombre, dans le Loiret

 


 

L'osmonde royale (Osmunda regalis) fait des merveilles en plein soleil tant qu'elle a les pieds à l'humidité, voire dans l'eau

 


Osmunda regalis eau

Osmonde royale dans un bassin du parc floral de Vincennes

 

 


Thelypteris palustris pousse en berge et complètement sous l'eau, et il en va de même pour la Marsilie à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia) qui se prend pour un trèfle

 

Thelypteris palustris

Thelypteris palustris

 

 

marsilia-quadrifolia.jpg

Marsilea quadrifolia

 

 

Entre autres...

 

Reste que dans la majorité des cas, ces règles restent d'or, et qu'il vaut mieux s'y cantonner lorsqu'on débute avec leur emploi.

Leur usage est, comme elles, multiple. De la plus rase aux arborescentes (réservées aux régions les plus chaudes, bien que Dicksonia antartica puisse résister à -5°C), elles occupent avec élégance les espaces ombragés, aussi bien en bacs qu'en pleine terre ou dans l'eau. 

 

 


Blechnum spicant et souche

Blechnum spicant


A l'aise dans la plupart des sous-bois, elles habillent avec raffinement les terrasses au Nord ou les berges de plan d'eau mal exposées. 

 

Blechnum penna-marina

Blechnum penna-marina, excellente tapissante persistante de berges, pouvant pousser les pieds dans l'eau

 

 


On aurait tort de penser que leur seul intérêt réside dans leur feuillage, au demeurant très intéressant, et dans une unique gamme de verts. 

 

Osmunda regalis sporangesOsmunda regalis massif 2Osmunda regalis crosses comp

"épis" fertiles, massif et crosses d'Osmonde royale, qui peuvent culminer à 2m de haut

 

Onoclea sensibilis fructificationOnoclea sensibilis 2

Onoclée sensible et ses frondes fertiles en hiver

 

 

 

Certaines, comme l'Osmonde royale ou l'Onoclée sensible (Onoclea sensibilis) arborent des sporanges groupées très visibles, et dans le second cas persistantes durant tout l'hiver malgré un euillage qui, lui, est caduque.

Dryopteris-erythrosora-feuilles-colorees.JPGDryopteris erythrosora pousses 2Dryopteris erythrosora crosse

Dryopteris Erythrosora et crosses

 

 


Athyrium--nipponicum-metalicum-pousses-2.JPGAthyrium-metallicum-plate-forme.JPG

Fougère métallique, jeunes frondes et feuillage

 

 

 

Que dire en outre des sompteuses couleurs des jeunes frondes orangées des Dryopteris erythrosora, ou des extraordinaires colorations successives de la fougère métallique (Athyrium nipponicum 'metallicum', qui passe du pourpre à l'aluminium.

 

Les nombreux types de feuillages offrent aussi énormément de possibilités d'association, d'autant que leurs formes parfois très graphiques, et leurs textures valorisent des espaces qui pourraient être, loin de la lumière, insignifiants. Les plus grandes variétés, quant à elles, ont tendance à se suffire à elles-même, en groupe ou en isolé.


Phyllitis scolopendrium pousses revu 

Frondes de Phyllitis scolopendrium

 


 

Polystichum braunii 2

Majestueux Polystichum braunii

 


Polystichum-seti-plumosum-densum.JPG

Jeunes frondes de Polystichum setiferum 'plumosum densum'

 


Cyrtomium falcatumCyrtomium-falcatum-sporanges-.jpg

Cyrtomium falcatum, avec le détail de ses frondes portant les spores, et le contraste entre le pétiole sombre et les "feuilles"

 

 


Polystichum polyblepharum 2polystichum-polyblepharum-pousses-revu.jpg

 

Polystichum polyblepharum, au feuillage très persistant, et ses étonnantes crosses à la sortie de l'hiver

 

 

 

Heucheras et fougères mélange

Alliance entre Heuchéras et fougères variées pour un résultat spectaculaire

 

 

 

Détails sur les fougères par variété

 

.

 

 

 

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Affronter la sécheresse

Publié le par le père Lenoir

Voilà maintenant des jours et des jours qu'il n'a pas plu, sinon juste assez pour coller la poussière au sol. Vous vous demandez peut-être ce qu'il faut faire pour préserver les plantes aquatiques pendant une sécheresse...

 

 P1050887.JPG

 

Il devient de plus en plus difficile d'arroser dans la plupart des régions, et même ici, en production, abreuver les plantes pose un certain nombre de cas de conscience.

Les plantes d'eau résistent pourtant bien mieux qu'on ne pourrait le croire à ces épisodes secs, rendus plus difficiles qu'à l'accoutumée cette année par leur caractère prématuré dans la saison.

 

Iris versicolor kermesina 2

 

C'est ainsi que des végétaux installés depuis suffisamment longtemps, ou habitués à des conditions un peu dures, voire les deux, vont affronter courageusement ce début d'été intervenu depuis le mois d'avril. Certains se demandent certainement s'il est nécessaire de prendre des précautions particulières ou non. La réponse est...peut-être! 

 

Equisetum americanum 5

 

Les végétaux les plus gênés par ce type de conditions climatiques seront ceux qui peuplent les bassins artificiels non alimentés, et qui vivent dans des bacs, le plus souvent ajourés. Pour eux, pas de triche possible: pas d'eau = pas d'eau!

Si cela ne causera rien de préjudiciable à long terme pour des plantes robustes tels Carex, Iris pseudacorus ou encore Caltha, et Acorus, d'autres supporteront moins bien cette adversité, comme les Pontederia, Equisetum et autres Calla palustris. Pour celles-ci, si les bacs ne sont plus suffisamment mouillés, pas d'alternative: arrosage aussi souvent que possible, au moins pour que le substrat reste frais, un peu humide.

 

Cependant, qu'on ne s'y trompe pas: l'été existe dans toutes les régions tempérées d'où proviennent la plupart des plantes aquatiques cultivées, et dans leur milieu naturel elles doivent souvent subir des conditions analogues. Certaines plantes, telles Anemopsis californica, peuvent même rester des mois en plein désert du Mexique à attendre une hypothétique pluie!

    Anemopsis close

 

Anemopsis californica

 

plantes-en-culture-0446.JPG

 

Sagittaria, joncs et Carex se débrouillant dans un sol sec

 

Ainsi, les Alisma, Sagittaria, et autres plantes à racines bulbeuses vont entrer en dormance, se "réfugiant" dans leurs racines charnues jusqu'à recevoir à nouveau l'irrigation nécessaire, d'autres comme les Iris vont se nanifier, offrir une prestation du genre "minimum syndical" afin de ne pas épuiser leurs rares ressources. D'autres encore vont vivre presque normalement, se contentant d'accélérer leur cycle pour être en quelque sorte débarrassées de leurs fonctions reproductrices, énergivores, au plus vite, quitte à ce qu'elles durent le temps d'un déjeuner de soleil.

 

Eriophorum angustifolium 3

 

Je pourrais citer l'exemple des Hydrocotyles ou des Eriophorum (linaigrettes) qui doivent actuellement se débrouiller dans l'argile pure, raide comme une poterie, ou les graviers avec pour seul apport la rosée matinale, si faible soit-elle.

Dans les mares et les étangs, les choses se passent différemment, le sol restant frais en profondeur, et la plupart des plantes pouvant en bénéficier, y compris les nympheas qui peuvent rentrer en dormance dans la vase pendant des mois si c'est nécéssaire!

  P1070347.jpg

 

Bref, pas de panique! Il convient toutefois d'arroser les jeunes plantations de berge, qui seront celles qui profiteront le moins des rares précipitations, qui ruisselleront le plus souvent sur les surfaces lisses et pentues. Pour autant, pas d'arrosages intempestifs, mais plutôt un dosage spartiate, qui les forcera à s'implanter en profondeur plutôt que de produire un système racinaire de surface, plus sensible aux variations brutales de température et d'hydrométrie. Un arrosage de survie une à deux fois par semaine est généralement suffisant -en tout cas avec les plantes produites chez nous, rompues aux conditions de culture extrêmes!

 

Une dernière observation: la sécheresse est à bien des niveaux comparable pour les plantes aquatiques à un hivernage, lorsque le sol est gelé, et qu'elles ne peuvent plus rien y puiser. Par conséquent, la plupart des plantes rustiques peuvent y faire face sans trop de problème, se réservant     le plus naturellement du monde pour un automne éclatant.

 

Grenouille face

 

 

 

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FETES DES PLANTES 2011

Publié le par le père Lenoir

 

Cette année, vous pourrez nous retrouver notamment sur les manifestations suivantes:

 

 

 

 

  

26 et 27 mars 2011: 17ème "Jardins en gâtinais" au château de Lorrez-le-Bocage (77), près de Nemours et Montereau-fault-Yonne

 

 

    P1000421.JPG

 

 

16 et 17 avril 2011 : 3èmes "jolies flores" à Provins (77), au couvent des cordelières.

 

 

 

30 avril et 1er mai 2011 :  31ème fête des plantes de printemps à Schoppenwhir (68), près de Colmar 

 

Jardins-d-exception-0394.JPG

 

 

 

30 avril et 1er mai 2011: 22ème Fête des Plantes au Château de la Ferté St aubin (45) 
 
P1000594
 
8 mai 2011: Fête des saints de glace à Vareilles (89), accès gratuit
 
14 et 16 mai 2011 :  Fête des plantes à Apremont-sur-Allier, près de Nevers (18), entrée gratuite

P1030324.JPG

 

22 mai 2011: Fête des plantes du Moulin du Berceau à St Aubin-Châteauneuf (89) de 10H à 18H, entrée gratuite

 

 

2 juin 2011: 20ème Journée des plantes de Bergères (10)

 

 

 

4 et 5 juin 2011: 3ème Fête des plantes aux Jardins du Grand Courtoiseau  à Triguères (45)
 

  manoir-du-grand-Courtoiseau.jpg

 

       

18 septembre 2011: Fete des plantes de Seine Port (77)

 

24 et 25 septembre 2011: fête des plantes au Jardin des Dentelles à Amilly (45)

 

 

8 et 9 octobre 2011: Fête de l'arbre à l'Arboretum des Barres, renommé Arbofolia, à Nogent sur Vernisson (45)

 

p1020151.jpg 

 

 

 

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Production ar-ti-sa-na-le

Publié le par le père Lenoir

 

Lorsque l'on parle de "production artisanale", il ne s'agit pas là d'un vain mot.

 

A la Pépinière Aquatique, nous prenons soin de conserver à l'esprit la signification réelle de cette expression.

Petite équipe, travail manuel, observation, patience et respect de l'environnement sont quelques-unes des clés nous permettant de poursuivre dans cette voie.

Pas une seule machine -les horticulteurs ont très souvent recours à des "rempoteuses" pour remplir les godets  et y placer les jeunes plants à la chaine- des terreaux selectionnés pour leurs qualités intrasèques, des conditions de culture à la fois spartiates et adaptées lorsque c'est nécessaire sont autant de gages de qualité pour les végétaux que nous produisons, avec une dose d'amour parfois déraisonnable.

 

 

plate forme de culture 30 05 07

 

 

Depuis plusieurs années maintenant nous nous démarquons sur le marché par le rapport qualité-prix de nos plantes, ainsi que par une gamme variée, pas seulement retranchée parmi les plantes aquatiques - même si elles sont notre production privilégiée.

 

 Multi godets

 

Pour limiter la prolifération des parasites et maladies éventuels, les plantes sont "mélangées", regroupées par petites quantités au sein d'autres variétés, avec en général pour seuls points communs leurs besoins en eau et en soleil. Si cette technique est souvent un casse-tête pour celui qui cultive, la recherche d'une espèce couvre-sol dissimulée au sein de grandes vivaces pouvant prendre un certain temps, elle est en revanche très intéressante pour la prophylaxie, ainsi que pour observer les interaction que l'on peut remarquer parfois entre les espèces, tant au niveau visuel que pour leurs relations végétatives. C'est également, souvent, une source d'étonnement pour les visiteurs, toujours surpris de la sensation d'abondance et de diversité que cela crée, d'autant plus que cela donne un côté très "naturel" à la production. Il est vrai que, dès qu'on privilégie un ombrage naturel par rapport à une tôle, cela implique un développement différent de la végétation.

 

Plantes d'ombre 2

 

C'est aussi de cette manière que l'on peut voir la dose de lumière, de vent, d'ombre, d'eau acceptables pour les unes et les autres, et que l'on peut se faire une idée des qualités décoratives des associations possibles.

 

Mélange plantes aquatiques

 

 

La pépinière est principalement découverte, deux tunnels (l'un juste "hors gel", avec notamment les Papyrus et les Lotus, l'autre sans chauffage aucun) nous  permettant de démarrer la production de certaines variétés au moment adéquat, protéger les rares frileuses que nous proposons et certains pieds-mères,  et faire certains travaux à l'abri des intempéries!

 

 

 Serre d'ombre 05 2009

 

Les pots et godets sont désherbés A LA MAIN, ce qui représente l'essentiel du travail durant la belle saison; nous expérimentons toutefois régulièrement des techniques de paillage pour les végétaux avec lesquels c'est possible (techniquement et financièrement). 

   

 

Aquilegia leprechaun gold en culture 04 08

 

Une gamme complète de plantes pour les implantations de masse, telles berges de rivières ou d'étangs, lagunages, etc., s'additionne à la culture en godets et conteneurs destinée principalement aux particuliers et aux paysagistes.

 

 Plantations-sur-berge.JPG

 

 

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Une petite cascade

Publié le par le père Lenoir

 

 

Imaginez un charmant petit plan d'eau, bénéficiant d'une alimentation naturelle suffisante pour que son niveau ne varie qu'imperceptiblement selon les saisons, et qui viendrait de subir quelques indispensables modifications sur son pourtour.

 

Imaginez maintenant que ce même plan d'eau, contre toute attente, ne soit pas suffisant à lui seul pour animer une partie très vaste du jardin.

 

Imaginez enfin que de l'eau soit disponible à foison, par un système d'adduction antédiluvien qu'il convient juste de remettre en fonction.

 

Vous avez le point de départ pour cette mission à laquelle nous avons accepté de prendre part.

 

P1080415

 

 

Tout d'abord, il nous a fallu retrouver l'ancien réseau, le déterrer pour en connaitre l'état réel, et l'essayer...

 

 P1080789

 

Puis nous avons, subséquemment au travail d'étude préliminaire , modelé le terrain pour préparer la mise en place de la cascade...

 

 Etudes cascade 0810 compschéma préliminaire bassin cascade 0810

 Terrassements cascade 0810 comp

 

...placé la membrane, sur un feutre protecteur, puis les premières pierres; fait les premiers essais en eau.

 

 Bache cascade 0810 comp

 

S'en est suivie l'installation des galets et graviers de différentes granulométrie, disposés de façon à ce que l'ensemble ait un aspect le plus naturel possible.

 

 cascade nue 0810

 

Enfin, après une période d'essai de quelques jours, afin d'être certains de la cohérence technique de l'ensemble, et quelques ajustements nécessaires, comme la consolidation des réseaux existants, nous avons procédé aux plantations.

 

plantations cascade 0810 comp

 Cascade plantée 0810

 

bas cascade 0810 comp

 

Pour être en harmonie avec le reste du jardin, quelques grosses pierres ont été apportées, éparpillées aussi intelligemment que possible autour du plan d'eau pour créer une transition entre les espaces minéraux et les autres; d'autres végétaux inspirant les terrains humides (pétasites, astilbes, Carex, etc.)

ont aussi été implantés en retrait, pour les mêmes raisons.

 

Cascade et en face comp

 

 

  Un autre aménagement avec cascade, mais en miniature

    La même chose, mais en taille XXL

 

 

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CONSEILS

Publié le par le père Lenoir

 

 

 

Hivernage

 

 

 

Algues filamenteuses   

 

Canards

 

 

 

 

  

  Plantation  

 

 

 

Fin de saison

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Conférence plantes aquatiques

Publié le par le père Lenoir

 

 

Samedi 11/12/2010

Conférence pour la Société d'Horticulture de l'Yonne

"Aménagement d'un bassin et de son environnement, plantes aquatiques à privilégier"

10H00, centre culturel de St Georges sur Baulche (près d'Auxerre), Avenue Georges Pompidou.



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Rivière artificielle

Publié le par le père Lenoir

 
Amenagements-0230.JPG
 
Il nous a été demandé, dans ce présent cas, de produire un petit cours d'eau artificiel s'inspirant des torrents de montagne afin qu'une petite population de truites puisse y migrer depuis un bassin profond en aval, filtré par un dispositif naturel dont nous devions aussi nous charger.
 
 
L'ensemble se devait de s'intégrer au mieux dans un espace transitionnel entre une zone paysagée et la forêt environnante avec, en guise de difficulté supplémentaire, un terrain presque plat et difficile, par sa nature, à travailler.
 
Après une étude préliminaire, un choix de configuration adapté et quelques nuits de mauvais sommeil eu égard aux nombreuses contraintes et au caractère singulier de cette passionnante demande, le chantier put débuter sereinement, au bon moment- le choix de la période d'intervention s'avérant prépondérant dans certaines régions où les terrassements sont susceptibles de transformer en immondes champs de bataille d'apparents paradis terrestres.
 
Rivière artificielle (terrassements)
 
Le doigté d'un terrassier trié sur le volet, indispensable dans de tels cas, permit de former les bases de notre tumultueux cours d'eau savamment tracé au préalable en fonction des pentes, effets voulus, type et épaisseurs des matériaux à intégrer (gravier, galets, roches) en une proportion idéale pour le projet.
 
 
 Rivière artificielle (en cours)
 
 Chaque pierre s'est ainsi vue placée à la main à l'endroit qui lui correspondait le mieux, en gardant à l'esprit le but de l'aménagement aussi bien à un niveau global que microscopique, la microfaune devant elle aussi trouver refuge dans ce que nous préparions.
 
 
 Rivière artificielle (en cours)
  
  
Comme dans bien des domaines, ce qui parait le plus simple nécessite des trésors d'attention, de patience et de travail pour donner l'illusion d'une évidence, et la qualité de la manutention est dans ce genre de circonstances un maillon essentiel de la chaine créative. Une chaleur écrasante, des pierres brûlantes et un travail physiquement très pénible n'auront pas démotivé l'équipe qui a su faire preuve d'un savoir-faire exemplaire dans l'accomplissement de cette tâche délicate.
 
 
Rivière artificielle (en cours)
 
 
 L'eau qui alimente notre petit torrent arrive de deux sources distinctes, l'une filtrée, l'autre pas, ce qui permet d'avoir un débit suffisant pour son oxygénation et la circulation des poissons d'aval en amont.
   
 
 
Satisfaction finale, l'enthousiasme de notre client quand, comme nous, il s'est réjoui de voir l'eau rouler sur la pierre, imaginant déjà les fiers salmonidés qui seront introduits à la saison propice, quelques mois plus tard, après que le milieu se soit écologiquement stabilisé. 
 
 
Rivière artificielle
 
     
 
Cette dernière image date de novembre, elle ne laisse pas encore présager de la colonisation végétale qui s'organisera dès le printemps.
 
  Riviere artificielle
   
C'est ainsi que, quelques mois plus tard...  
 
Truitelles.jpg
 
l'oeil avisé d'un pêcheur expert saura remarquer la présence d'une poignée de truitelles (10 à 15 cm à peine) au-dessus des graviers. Nous sommes en mai, et l'eau est d'une transparence remarquable (il y a à cet endroit une soixantaine de centimètres de profondeur), parfaitement oxygénée.
 
Source-dans-la-lagune.jpg
 
 
La végétation a bien évolué, les fougères-aigles reviennent et les plantes poussent allègrement dans et au dehors de la rivière et du petit étang. De très nombreux batraciens sont présents et d'innombrables alevins témoignent de la reproduction efficace des goujons et autres bouvières implantés avant l'hiver.
 
riviere-05-2011-revu.jpg
 
La lagune a elle aussi commencé à se végétaliser, même si les roseaux ne sont pas encore spectaculaires.
 
lagunage-05-2011.jpg
 
 
lagunage-3.jpg
 
 
confluence.jpg
 
Ici l'on peut voir la confluence entre les deux arrivées d'eau, celle de la lagune et celle pompée directement dans l'étang, qui alimentent ensemble la rivière. On peut remarquer le début d'intégration de l'aménagement au milieu, l'idée étant qu'au final la transition entre l'espace créé et l'espace existant soit aussi discrète que possible.
 
Entre-deux-eaux.jpg
 
La rivière passe juste derrière le Rhododendron en fleurs, pour se déverser dans l'étang sur la droite, entre les rochers.
 
 
Un an après les premières plantations, l'ensemble a pris belle tournure. Malgré un printemps extraordinairement sec et un été particulièrement froid, surtout la nuit (des gelées blanches mi-août!), la végétation s'est correctement implantée, faisant disparaître petit à petit le côté artificiel de la rivière.
 
Rivière truites 1 an
 
La lagune s'est vue elle aussi largement colonisée, et un entretien modéré est nécessaire pour permettre le libre écoulement de l'eau dans la petite noue en son sein.
 
Lagunage truites
 
De fait, des truites un peu plus grosses ont été lâchées, heureuses de se régaler de l'abondant poisson-fourrage qui s'est largement reproduit dans la saison.
 
Au printemps suivant, les truites avaient très bien survécu à l'été et à l'hiver, explorant de plus en plus assidûment le cours d'eau.  
.Lacher truites 09 2011
Un ange passe...

Amenagements 0947
Après plusieurs années, l'aménagment commence à donner toute sa mesure. Des dispositifs supplémentaires agrémentent le site, sans pour autant choquer par une sophistication trop ostentatoire. C'est le cas, par exemple, de cette petite terrasse qui permet de profiter du plan d'eau en plein été, depuis une chaise longue.


Amenagements 0952

Amenagements-0439.JPG
L'ensemble reste d'esprit sauvage, et s'inscrit dans le cadre naturel de la propriété.

Amenagements-0413.JPG
La rivière, ainsi que le lagunage et les bords du petit étang, évoluent au gré des saisons, année après année.
Amenagements 0505
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Amenagements 0964

Les truites vont bien, ainsi que le poisson-fourrage (ici un banc de gardons), qui abonde pour leur plus grand plaisir.

Amenagements 0514
 

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Faucardage

Publié le par le père Lenoir

 
 
Faucardage-potamots.jpg
 
 
La plupart des étangs et cours d'eau, qu'ils soient ornementaux, destinés au loisir nautique, à la pêche ou à la chasse et même écologiques nécessitent parfois, pour conserver leurs qualités propres, un minimum d'entretien. L'un des plus fastidieux est le faucardage, c'est à dire le fauchage aquatique. La plus grande difficulté réside dans le fait qu'il faut faucher sous le niveau de l'eau, chose quasiment impossible sans équipement spécifique dès que l'on a passé le premier mètre au-delà du bord.    
 
Initialement, on y procédait à la faux, depuis le bord ou une barque. Aujourd'hui, on y préfère l'emploi d'un bateau faucardeur, barge à fond plat muni d'une barre de coupe horizontale et d'une autre, verticale de largeurs variables selon les modèles, pouvant évoluer dans des eaux de faible profondeur grâce à un très faible tirant d'eau et un mode de propulsion spécifique.
 
On peut faucarder toutes les essences, ce qui permet de limiter leur prolifération sans toutefois les détruire (chose interdite dans de nombreuses région, hormis pour les plantes invasives type jussie). Les interventions se font généralement sur les herbiers de scirpe, les roseaux, callitriches, potamots, nénuphars et ne sont pas  limitées à ces seules espèces. La coupe sous le niveau de l'eau présente le principal avantage de réellement endiguer le développement de certains végétaux réputés envahissants. Etant donné que les désherbants chimiques ne sont plus autorisés, car trop néfastes au milieu, le faucardage est la seule méthode applicable pour le " désherbage " aquatique courant, hors arrachage.
 
La photo et la video ci-dessous montrent (un peu difficilement) le passage dans des herbiers de potamots qui sont encore à peine émergés (taches plus sombres), et qui sont coupés à plus d'un mètre de la surface (zones claires) pour permettre les loisirs nautiques. Les herbiers étant difficilement visibles, une "vigie" est indispensable à la proue pour indiquer au pilote les plaques résiduelles ou en cours de croissance.
Fauchées par la lame horizontale, la plantes coupées remonteront à la surface et seront en quelques jours portées sur les berges par le vent ou le courant; il sera alors facile de les ramasser et éventuellement de les évacuer.  
 
Faucardage-potamots-2.jpg
De plus, des herbiers fauchés en profondeur restent profitables à la faune et à l'équilibre biologique global de l'étang, limitant ainsi notamment la survenue des algues filamenteuses.
 
Parmi les nombreuses applications du faucardage, on peut noter, entre autres:
 
 
- entretien des zones navigables
 
- dégagement des zones de pêche
 
- limitation des roselières et lutte contre l'assèchement
 
- créations de coulées et passages dans les herbiers aquatiques, notamment pour la chasse
 
- maintien de la diversité écologique
 
Nous proposons ce service, dans un large rayon d'action, pour des plans d'eau de tout type.
 
Pour tout devis de faucardage, merci de nous contacter par courriel.
 
 
Réhabilitation d'un étang de chasse

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Reconnaître les auxilliaires

Publié le par le père Lenoir

Cultiver en BIO implique la prise en compte de données écologiques de base. On ne produit pas impunément des plantes au milieu d'un biotope déjà existant!Ainsi, pour être certain de pouvoir accueillir les prédateurs de nos nuisibles, il est nécessaire de tolérer... les nuisibles! En plus de cultiver les plantes, il faut élever les auxilliaires, et donc leur laisser de quoi se nourrir. Il faut donc, en comparaison d'un type de culture "classique", réévaluer son seuil de tolérance.


De nombreux animaux servent d'utiles auxilliaires à la culture, éliminant ou plutôt régulant les afflux de parasites divers et variés. Les plus connus d'entre les "vilaines bestioles" dont on cherche à se débarrasser au jardin sont vraissemblablement les pucerons, les chenilles et les limaces. A moins d'être amateurs de traitements chimiques, il ne faut pas espérer s'en débarrasser totalement. Ce n'est pas plus mal, la nature ayant comme le dit la maxime "horreur du vide", on a tôt fait de remplacer un problème par un autre, la peste par le choléra, par exemple. Les insecticides à large spectre éliminent à la fois les insectes néfastes, mais aussi ceux qui pourraient être utiles. de plus, en l'absence d'insectes, les oiseaux insectivores, tels hirondelles, fauvettes et mésanges, ne trouvent plus moyen de subsister, ce qui pose d'énormes problèmes en début de saison, leur rôle post-hivernal étant prépondérant dans la lumitation des pullulations d'insectes. A titre d'information, une hirondelle mange 70 kg d'insectes par an, en bonne partie des moustiques et des papillons (donc de futures chenilles). Héradiquer les insectes est donc irresponsable, et source de graves déséquilibres biologiques.

 

 

Mante-et-punaise.jpg

 

Mante religieuse dévorant une punaise

 

Les musaraignes, petits insectivores -les plus petits mammifères français- chassant principalement la nuit nous débarrassent, en contrepartie des petites galeries qu'elles creusent, des larves souterraines de hannetons (vers blancs), de vers gris (tipules) ou autres taupins, vers surniméraires et autres bestioles dévoreuses de racines, dont le terrible othiorrynque, dévastateur pour les horticulteurs (la méthode biologique pour d'en débarrasser consiste à l'utilisation d'une espèce de nématode -ver microscopique- épandu par arrosage lorsque la température dépasse 10°C).

 

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La libellule, prédateur efficace des insectes volants

 

Nous ne reviendrons pas longtemps sur les coccinelles, bien connues, dont les lâchers massifs d'hybrides issues d'asiatiques (harmonia, pour ne pas la citer) causent de réels problèmes de biodiversité.  Il faut se contenter de préserver ces bêtes à bon dieu bien connues sur site, sans en réintroduire, et d'apprendre à en reconnaître la monstrueuse larve, dont l'aspect n'évoque en rien l'adulte et consomme bien plus de pucerons que ses parents.

 

 

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Le crapaud commun (Bufo bufo), à l'étonnant mimétisme

 

 

A la pépinière, nous luttons très efficacement contre les pucerons en maintenant la présence d'une guêpe noire millimétrique, Aphidius, qui pond directement ses oeufs dans l'abdomen des parasites, les transformant rapidement en momies dorées d'où s'échappera un nouvel adulte.

 

momie-puceron-aphidius.jpgMomie de puceron vide

 

Les syrphes, ressemblant à des abeilles plates volant sur place ou en zig-zag, bons pollinisateurs au stade adulte, ont un appétit débordant durant leur stade larvaire, et les pucerons sont leur plat de prédilection. C'est aussi le cas de cécydomies (Aphidoletes aphidymiza) - les agriculteurs en connaissent d'autres espèces pour les dégâts qu'elles occasionnent sur les céréales!- dont l'asticot orange est particulièrement vorace.

Le chrysope, aux longues ailes vertes et aux yeux dorés prohéminents, présente l'avantage de s'attaquer aux espèces les plus robustes de pucerons.

 

Syrphe larve et cécydomies cerclées

Larve de syrphe (cercle rouge), cécydomies (cercle vert), pucerons (cercle noir)

Cliquer sur la photo pour agrandir

 

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Nymphe de syrphe

 

Les prédateurs insectivores de plus grande taille ont aussi leur intérêt: Mantes, araignées, ciccadelles, lézards, grenouilles et crapauds régulent agréablement les invasions, notamment au bord de l'eau, où les poissons circonscrivent quant à eux les populations de limnées (escargots d'eau) tandis que les massives larves de libellules et les dytiques -gros coléoptères noirs aquatiques- limitent les leurs!

 

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Lézard vert sur paillage copeaux de bois

 

 

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Araignée

 

Contre les limaces, escargots et autres loches, il faut préserver hérissons, musaraignes, grives et... vers luisants! Très joli la nuit grâce à son organe phosphorescent, cet animal pourrait pâtir d'un "délit de sale gueule" dans la journée, et finir sous la semelle d'un jardinier non averti.

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Ver luisant

 

Un tas de bois, de pierres, de paille offrent un gîte des plus intéressants pour les auxilliaires macroscopiques, et le fait d'agrainer les oiseaux l'hiver, en ajoutant des matières grasses si possible, permet à ceux-ci d'hiverner dans de bonnes conditions, et d'être donc opérationnels dès les beaux jours.

 

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Jeunes mésanges.

La disparition des haies, les insecticides et les surpopulations de chats

sont les principales causes des baisses d'effectifs concernant les passereaux.

 


 

 


 

 


 



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