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Nuphar japonica

Publié le par le père Lenoir






A cette période, et grâce notamment à un bon ensoleillement, les Nympheas sont superbes, mais les nénuphars du Japon donnent un coup d'éclat de leur orange si intense, même si la fleur est, l'espace d'un à deux jours, plutôt jaune.




Cette plante, aux feuilles élégament sagitées (en forme de pointe de flèche), apprécie les expositions ensoleillées à mi-ombragées, et je remarque aussi une floraison loin d'être ridicule là où le soleil pourrait faire défaut une bonne partie de la journée.




L'intérêt de Nuphar japonica est multiple: il s'accommode d'un substrat plus acide que les Nympheae, d'assez peu de soleil direct, d'une eau moyennement chaude et d'une profondeur très variable, de quelques centimètres à plus d'un mètre. De plus, sa fleur dure longtemps, changeant de couleur plusieurs fois dans son cycle, pour finir en une capsule rougeâtre portant les graines. Notons aussi la forme singulière du feuillage, dressé hors de l'eau et d'un vert sombre très particulier, plus foncé que celui de la plupart des nénuphars et nymphéas.



   

 

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Aménagements d'étangs

Publié le par le père Lenoir


La Pépinière Aquatique, c'est aussi "Pépinière et Paysage" qui propose l'étude, la maîtrise d'oeuvre, la fourniture et les plantations sur étangs et berges de cours d'eau, que ce soit dans un but technique, écologique, cynégétique, ou ludique.

Qu'il s'agisse de maintenir les berges contre l'érosion, réinstaller des essences endémiques disparues, transformer un étang piscicole en étang de chasse, créer des couverts à canards, créer des réserves ornithologiques, des étangs de baignade, tous les aménagements sont envisageables, et notre connaissance du milieu aquatique -faune et flore- est un atout majeur dans la réussite des projets les plus variés.

Chaque cas étant différent des autres, il est nécessaire d'établir avec précision la nature des besoins en fonction des possibilités techniques, climatologiques, géologiques et parfois réglementaires de la zone à aménager.


Exemple d'une pisciculture transformée en étang voué à la chasse à la sauvagine


L'étang, après avoir été asséché, a été remodelé entièrement afin d'aboutir à de nombreux recoins, îlots, presqu'îles susceptibles d'offrir aux anatidés des abris de choix et des espaces de nidification sûrs. Plusieurs procédés ont été mis en oeuvre pour la végétalisation: plantation de plantes en micromottes, racines nues, jeunes plants d'arbres et d'arbustes, semis d'une quinzaine d'essences à la fois adaptées pour la réfection de couverts et de gagnages alimentaires.



Le niveau d'eau a été abaissé le temps nécessaire à l'implantation des prairies humides semées, et des lâchers de canards ont eu lieu dès l'été suivant, assez tard pour qu'ils ne nuisent pas trop aux jeunes plantes.



Les fonds ayant été remontés, la végétation est devenue très dense sur une bonne partie de l'étang, ce qui a été un excellent atout pour des envols réguliers lors de l'action de chasse et la pâture naturelle des oiseaux, dont certaines espèces sont revenues après avoir déserté les lieux depuis plusieurs années (râle d'eau, bécassine, sarcelle...)




Des étendues "vides" suffisantes ont toutefois été conservées pour offrir aux oiseaux le dégagement suffisant qui leur est parfois indispensable pour scruter les alentours, et dans lesquelles on trouve les plantes hydrophytes telles que le Potamot ou le Ceratophyllum qui ont un  grand rôle alimentaire et offrent des frayères fort appréciables à de nombreux poissons qui y trouvent refuge, ainsi que des invertébrés qui entrent l'hiver dans la composition des repas des oiseaux hivernants.




Tous ces aménagements ont donc permis la reconstitution d'un milieu complexe et équilibré, contribuant très largement au retour espéré d'un gibier sauvage qui trouve en ces lieux un havre parfait.

   
FAUCARDAGE


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Mare mixte

Publié le par le père Lenoir



Il y avait là-bas une pauvre mare qui avait arrêté de garder l'eau. Les nouveaux propriétaires du site étaient désespérés, navrés même, de ce trou nauséabond qui n'avait pour seul intérêt que de servir de réceptacle aux eaux de pluie issues du toit d'à côté.



L'idée de base était que l'on ne chercherait pas à ré-étanchéifier cette mare ancienne pour limiter les travaux et en faire quelque chose de très original, qui évoluerait au fil des saisons.



 Ainsi, la majeure partie de l'année, elle jouerait son rôle de bassin ornemental et écologique (pas de traitement ici), accueillant tritons, grenouilles, notonectes, libellules et j'en passe, et au coeur de l'été une petite zone étanche permettrait de conserver dans un petit volume l'unique nymphéa qui y pousse. Le résultat doit donner l'impression d'avoir été là depuis longtemps, un peu sauvage, mais décoratif quand même. C'est dans le jardin d'une vieille demeure typiquement bourguignonne, et trop de sophistication poserait un problème d'unité.




Il a fallu aménager un accès, barder une partie, creuser très légèrement, pour ne pas trop modifier le milieu, embellir l'ensemble avec des roches triées sur le volet et des plantations adaptées à cette situation particulière, de surcroît à l'ombre d'un vieux noyer et d'autres arbres.



Après 6 mois, l'ensemble a pris une allure plutôt satisfaisante, et la végétation s'est globalement bien adaptée au site. Les amphibiens, libellules et autres n'ont pas perdu de temps pour s'installer, et l'enfant de la maison peut pleinement profiter de leçons de SVT tous les week-ends.


Au moment de la plantation
   après 6 mois




Après un été caniculaire





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Remarquables en fin juin, début juillet

Publié le par le père Lenoir


Voici
venir les floraisons estivales de vivaces éclatantes, gourmandes de chaleur, et souvent de lumière.

Les Monbretias (Crocosmia masonorum et C. m. 'Lucifer'), appréciant les sols pas trop lourds et frais, même si la fraîcheur est profonde...



Les Iris du Japon, dont l'éphémérité de la floraison n'a d'égale que sa splendeur, qui mérite bien que l'on patiente une année complète pour quelques jours de ravissement. Ils nécessitent une terre légère, neutre à acide, et supportent très bien d'être placés à 10 cm de l'eau, mais détestent être trempés jusqu'au collet.


Iris kaempferi 'Geisha Gown'



Iris k. 'Royal Crown'



Iris k. 'Snowy hills'



Les hémerrocalles, quant à eux, préfèrent une terre riche, même lourde et calcaire, pour s'épanouir pleinement. S'ils préfèrent le soleil, ils s'accomodent très bien d'un peu d'ombre. Très faciles à vivre, ils ne sont pas très sensibles au manque ni à l'excès d'eau, et certains l'emploient même dans les filtrations par lagunage dans un but principalement esthétique.




catalogue hemerrocallis



Un petit nouveau à la pépinière, même s'il a déjà fini de fleurir: Iris orientalis. Immaculé, très droit, raide mais de bonne végétation grâce à ses rhizomes traçants, il aime les terrains secs l'été, même les zones arides comme celles du Nord de la Turquie et de la Grèce d'où il est originaire. Malgré cela, il n'est pas frileux, et a supporté ici des températures de -15°C dans son pot cet hiver.



A ne pas oublier: les Hostas (ici Francee), ces chameaux de l'ombre qui n'ont pour seuls ennemis que le soleil direct en plein midi et les gastéropodes gourmands. S'ils font des merveilles à l'ombre, on peut leur imposer quelques heures de soleil quand on les installe en sol humide.

catalogue hostas

Lysimachia cletroides, l'un de ceux que l'on ne voit pas assez. En plus de sa floraison spectaculaire, son feuillage prend des couleurs extraordinaires aussi bien lors de la pousse de printemps qu'à l'automne. Appréciant aussi bien le plein soleil que la mi-ombre, voire une ombre plus intense (au détriment de la coloration du feuillage), il nécessite un terrain frais, voire humide, et peut être employé dans les lagunages, sur les berges ou bien dans les massifs, où il croît vaillamment.



La potentille des marais (Potentilla palustris) et la massette naine (Typha minima) produisent leurs inflorescences, l'une au ras de l'eau, l'autre un peu moins d'un mètre au-dessus. Elles demandent une submersion légère (de +20 cm à -10 cm) pour donner le meilleur d'elles-mêmes pendant de longues semaines. Potentilla palustris prend une teinte cramoisie marquée à l'automne et une partie de l'hiver, tandis que Typha minima crée de bonnes zones-tampon avec ses tiges sèches, sièges d'échanges gazeux au travers de la glace et offrant un couvert intéressant pour le petit gibier d'eau.




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Des feuilles, de l'ombre

Publié le par le père Lenoir



Par les chaleurs qui semblent vouloir nous attaquer sporadiquement, sous forme de canicules momentannées et de coups de soleil, je tenais à vous faire partager un peu de fraicheur, de petits éclats d'ombre et de feuilles, qui ont au jardin le même effet qu'une menthe à l'eau bien fraiche un 15 août torride dans la cour ombragée d'un petit café où une légère brise se lèverait juste le temps de se désaltérer.


Les Petasites fragrans, alliés aux Heuchères colorés (Heuchera Newest Hybrids, Palace purple, etc...)



Le Lamium galéobdolon, argenté, réhaussant la délicate découpe des Anemone japonica dont les fleurs gracieuses s'épanouiront au terme de l'été



La fougère métallique (Athyrium nipponicum 'metallicum') aux feuilles quasiment givrées



Une contre-allée bordée de monnaie-du-pape (Lunaria), de Lys de la madone et dont un seringat au parfum envoûtant scelle l'entrée en une alcove capiteuse et, au fond, la promesse dans un rai de lumière d'un autre recoin ombragé qui désire rester secret pour l'instant.



De la fraicheur, encore de la fraicheur...





Alliance entre des bugles rampants pourpres (ajuga reptans 'atropurpurea'), de l'herbe aux écus (Lysimachia nummularia 'aurea'), une jeune osmonde royale et des rochers de grès.


Le même assemblage, vu de dos, avec un jeu de renouées aquatiques, aux longues feuilles très graphiques


Et un petit point d'eau, vestige estival d'une mare dont le niveau fluctue énormément au fil des saisons




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Protection des zones humides et intérêt économique

Publié le par le père Lenoir


Les zones humides peuvent être rentables!

En effet, là où jusqu'à maintenant les collectivités locales ont plutôt tendance à assécher leurs marécages, à buser les fossés et accélérer les cours d'eau, une prise de conscience pourrait bien avoir lieu concernant leur intérêt financier. L'UICN, au terme d'une enquête très pointue, a ainsi conclu que ces zones pouvaient représenter, si on les préservait correctement, d'importants points de captation pour l'eau potable, avec un retraitement souvent moins chère que pour les eaux souterraines.
Ainsi, la protection des milieux assurerait un gain certain pour les finances locales, et certaines mégapoles telles Jakarta en tirent déjà les bénéfices.

Après les égouts à ciel ouvert de Calcutta transformés en bassins de phytoépuration et en piscicultures économiquement viables, la leçon écologique semble avoir des répercutions à travers le monde entier, y compris pour des grandes villes qu'ont pensait condamnées à la dévastation et à la pollution exponentielle.

Lire l'article original en anglais ici: http://www.iucn.org/waterforum/news/?2820/Protecting-watersheds-saves-billions

                                                      


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Belles de mai

Publié le par le père Lenoir



Après avoir subi un hiver "normal", auquel nous ne sommes plus habitués, essuyé les tempêtes de février -non sans dégât, d'ailleurs- et passé enfin les diaboliques Saints de glace, nous pouvons enfin aborder la belle saison avec une relative sérénité.
 Il nous faut souhaiter un peu d'eau, pour que les plantes ne souffrent pas trop, et profiter des feuillages exceptionnels de ces plantes typiques que l'on trouve dans les lieux ombragés et humides, tels Rodgersias, Peltoboikinia, Darmera (judicieusement rebaptisé Peltiphyllum), Petasites et autres Podophyllum. Et que dire des fougères!



On profitera aussi dès maintenant de la floraison dorée des Iris pseudacorus, si typiques de nos zones humides, résistants presque à tout,
 


mais aussi de celle des Ancolies, qui me ravissent au plus haut  point 



ou bien encore des Polemonium 'purple rain strain', si faciles à vivre et dont les feuilles deviennent d'un pourpre noir si on a la bonne idée de les mettre au soleil.



Les toutes premières Astrances exultent de me compliquer la sélection des coloris après le semis, mais non sans plaisir.



Au bassin, les Calla terminent leur floraison,



et les nympheas débutent la leur,



tandis que les délicieux Aponogeton, au parfum puissant de vanille, se préparent à achever leur saison printanière pour se reposer jusqu'au mois d'octobre où les fleurs recommenceront à nous enchanter tant que le gel ne les fauchera pas, même s'il ne les fâche que momentanément.



Il n'y a pas à dire: c'est le printemps!!!


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Fetes des plantes 2009

Publié le par le père Lenoir



Voici donc le moment d'annoncer les différentes foires, fêtes, journées des plantes durant lesquelles vous pourrez nous rencontrer.
C'est à contrecoeur que certaines n'apparaissent pas cette année, car la tempête de février dernier a quelque peu chamboulé les plans habituels.

 28 et 29 mars 2009 16ème édition des "Jardins en Gatinais" Lorrez le Bocage (77, à la limite de l'Yonne et du Loiret), dans le parc du château

18 19 avril 2009 "les folies flores" à Provins (77), parc du couvent des cordelières (route de Nanteuil)

16 et 17 mai 2009 8ème fête des plantes à Apremont sur Allier (58) tout près de Nevers

21 mai 2009 18ème "Journée des plantes" de Bergères (10), près de Bar sur aube

6 et 7 juin 2009 "Plantes en fête" au jardin du Grand Courtoiseau (45)

26 et  27 septembre 2009
Le Jardin des Dentelles en fête
515 Rue des Pohuts, 45200 Amilly



10 et 11 octobre 2009  "Fete de l'Arbre" à l'arboretum national des Barres à Nogent sur Vernisson (45)



Rappelons aussi la journée des plantes à l'Arboretum de Balaine près de Villeneuve sur allier (03) qui, malgré que nous n'y soyons pas cette année, se tiendra les 18 et 19 avril, et que la fête des plantes du château de la ferté St Aubin aura lieu les 1,2et 3 mai .

Les jardiniers d'Apremont organisent en outre une foire d'automne les 17 et 18 octobre à Apremont sur Allier, de 10 à 18H.



 

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Hivernage aquatique

Publié le par le père Lenoir

 

 

(Voir aussi l'article "hivernage des plantes")

En ce froid début d'année, la pépinière, comme les bassins, est en pause.

C'est la période du repos végétatif, indispensable à la plupart des végétaux qui poussent sous nos climats. C'est aussi l'occasion de voir disparaître un certain nombre de parasites, et de nuire un temps aux maladies cryptogamiques.
Le froid nettoie, le froid repose, mais, malheureusement, le froid gèle!

Et certaines plantes n'aiment pas trop ça.

 Les Gunnera, qui vont accepter des températures de l'ordre de -2 ou -3°C sans protection (s'ils sont suffisamment gros) devront absolument avoir bénéficié d'une couverture (paille dans l'idéal, feuilles ou fougères autrement) pour passer sans encombre un hiver plus rigoureux.



Pour les plantes strictement aquatiques, la protection hivernale est simplifiée: c'est la profondeur de plantation. Ainsi, les Pontederia (photo), papyrus, Thalia, arum, vont hiverner sans souci si leur souche se trouve à 40 ou 50 cm de profondeur (pas plus, les plantes auraient du mal à regagner la surface au printemps sans s'épuiser).
C'est ainsi que la majorité des nympheas et les lotus passent l'hiver sans encombre, alors que leur rhizome (leur racine) est plutôt sensible au froid.



La plupart des autres plantes cultivées à la pépinière sont parfaitement rustiques, c'est à dire qu'elles peuvent supporter des froids normaux en France, et la région où elles sont cultivées ne les épargne pas!
Ici, pas d'hiver sans avoir passé sous la barre des -10°C, et  à l'heure où je rédige ce billet, les bassins de culture sont recouverts de 10 à 15 cm de glace, et nombre de plantes s'y trouvent complètement prises, comme tous les ans!



Les bassins, quant à eux, peuvent aussi souffrir du gel, la glace exerçant une pression importante, que les poissons n'apprécient pas toujours, malgré qu'ils soient en vie ralentie près du fond. Pour compenser cela, il existe quelques astuces:
-placer un fagot de bouleau, charme ou autre verticalement dans l'eau, pour faire office de "tampon" et permettre des échanges gazeux minimaux entre l'eau et l'extérieur
-laisser les tiges mortes  et gelés des plantes aquatiques, dans le même but. Les phragmites, phalaris, prêles, thalias et autres scirpes et pontédéries sont très intéressants de ce point de vue. Les Hippuris, élodées et myriophylles restées sous la glace contribueront efficacement à l'oxygénation nécessaire à la survie des poissons.
-déposer un ballon à la surface. ce n'est valable que pour de toutes petites gelées sur de petits bassins

Le matériel (pompes, filtres, etc...) aura bien entendu été purgé avant les températures négatives, c'est d'ailleurs l'occasion d'un nettoyage annuel avant la remise en route du printemps.


 




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Phytoremédiation et Phytorestauration-dépollution par les plantes

Publié le par le père Lenoir

Lits filtrants plantés de roseaux pour assainissement collectif. Escamp, Yonne.

Lits filtrants plantés de roseaux pour assainissement collectif. Escamp, Yonne.

Traitement de l’eau et des sols

par les plantes

Phytoremédiation et phytorestauration

 



 Depuis l’antiquité grecque et romaine, on a utilisé les plantes pour limiter les déchets humains. Du tas de compost en passant par la lagune plantée, un immense chemin a été parcouru jusqu’aux plantes dépolluantes OGM d’aujourd’hui.  A la fin du XVIème siècle, Césalpin (Andrea Cesalpino), un savant italien remarquable tant par ses travaux en médecine, en philosophie, qu’en botanique découvre une plante dont il remarque qu’elle pousse dans des roches particulièrement riche en métaux, Alyssum bertolonii dont il n’imagine pas qu’elle sera étudiée durant 130 ans, jusqu’en 1948 pour sa capacité d’accumulation des métaux lourds dans ses tissus, et ce en plus grande concentration que dans le sol où elle croît. C’est la première hyperaccumulatrice  identifiée, et ce n’est qu’à partir des années 1970 que ce type de plantes sera employé à la décontamination des milieux.


( voir aussi l'article "lagunage")


Phytoremédiation

 

La phytoremédiation est la décontamination par les plantes des sols, de l’eau et parfois de l’air pollué par des métaux lourds, hydrocarbures, toxines ou encore composés radioactifs.

 

On distingue différents modes d’épuration en fonction du type d’action des végétaux impliqués :

 

Phytoextraction :

C’est l’extraction des matières indésirables par l’intermédiaire d’une plante dont on prélèvera ensuite les parties où elles sont stockées *.

Principalement employée contre les métaux lourds et les particules radioactives (Sélenium, Cobalt et Uranium notamment). Les plantes sélectionnées pour leur résistance et leur capacité d’accumulation -on parle d’hyperaccumulateurs(-trices)- vont piéger dans leurs parties récoltables les polluants extraits de leur milieu qui, après fauchage à maturité, incinération et stockage des cendres en zone sécurisée, pourront éventuellement être retraités, présentant ainsi un intérêt économique non négligeable par la combustion opérée et le produit recyclé récupéré.

Généralement, les métaux lourds extraits par la plante seront stockés dans leurs vacuoles,

mais aussi parfois dans l’apoplasme selon certaines études encore en cours. Néanmoins, les organes de stockage principal ne sont pas toujours les même chez les différentes plantes, il peut s’agir des racines, des tiges, des feuilles principalement, mais aussi de la sève, des graines ou des bourgeons .

 

On remarque que les espèces présentent souvent une prédilection pour tel ou tel métal, et qu’il est généralement nécessaire de planter différentes essences pour dépolluer totalement un site. La culture est renouvelée jusqu’à obtention de taux acceptables dans le milieu.

 

Il est important de noter que seuls les métaux solubles seront biodisponibles, c'est-à-dire assimilable par les végétaux, et il arrive parfois que l’on soit obligé d’ajouter un chélateur (« agent transformateur ») pour que les ions métalliques soient libérés et libres d’absorption.

Une plante particulièrement étudiée, le Tabouret bleuâtre (Thlaspi caerulescens) a résolu ce problème en acidifiant elle-même le sol où elle pousse, se gavant littéralement de zinc qui, une fois dans ses tissus, protègera ses organes de la consommation par ses prédateurs herbivores de prédilection.

 

Parmi les exemples de phytoextraction, on peut citer celui de l’île aux corbeaux, au Québec, où un ancien site d’enfouissement de batteries est dépollué de son Zinc et de son Manganèse par des algues, ou encore les plantations de Tournesol dans la région de Tchernobyl en Ukraine contre le Cesium-137 et le Selenium.

 

Phytovolatilisation :

 

C’est la décontamination d’un milieu par des plantes dont l’action principale sera de capter les polluants et de les transformer ou de les transporter pour finalement les  évacuer par transpiration.

 

 

Dans certains cas, c’est la grande capacité d’évapo-transpiration du végétal qui est mise à contribution. Ainsi, des travaux US sur le genre Populus (peuplier) démontrent son efficacité dans la volatilisation du TCE (trichloréthylène) à hauteur de 90 à 96 %, neutralisé par sa transformation dans l’arbre. Il faut dire qu’avec la transpiration de 189 à 1134 l d’eau par jour, l’arbre a un métabolisme très élevé.

 

 

Phytodégradation :

 

 Il s’agit de la décontamination d’un milieu grâce à l’action dégradante des plantes cultivées sur les polluants. On appelle aussi ce procédé phytotransformation. Les plantes phytodégradantes absorbent donc les polluants, les dégradent, puis les volatilisent après les avoir transformés en composés moins toxiques.

C’est un processus utilisé notamment dans la gestion d’effluents organiques, des hydrocarbures*, des molécules complexes de produits phytosanitaires mais aussi des contaminations par des souches virales ou bactériennes. C’est le plus souvent l’action conjuguée des plantes et des bactéries (Pseudomonas, Xannthomonas…) et champignons à mycorhize (Aspergillus, Pennicilium, Pleurotus…) présents dans la rhizosphère qui  permet une efficacité optimale de cette méthode. En effet, les principaux acteurs sont aussi les plus petits : les bactéries et l’Hyphae des champignons (les  éléments du mycelium) qui pour les premiers dégradent les molécules grâce à des enzymes, et pour les seconds les adsorbent pour les rendre assimilables par les plantes. Cependant, leur action est considérablement améliorée lorsqu’elle se déroule au sein de la rhizosphère, les plantes produisant au niveau de leurs racines des nutriments carbonés à forte valeur énergétique tels les sucres, des acides aminés, des alcools mais aussi, comme dans le cas de la phragmite de l’Oxygène indispensable aux bactéries aérobies. Précisons en outre que les racines contribuent physiquement en tant que support massif à créer un milieu favorable à cette association.

 

Parmi les exemples de plantes phytodégradantes, en voici une sélection éloquente :

 

-Le maïs (Zea mais, poacées) est capable de dégrader les hydrocarbures dans sa rhizosphère

-Le Vetiver ( Chrysopogon zizanioides, poacées) est planté dans de nombreuses régions méditerranéennes, tropicales et subtropicales pour son action contre l’érosion ; mais on met aussi à profit son incroyable résistance à l’Atrazine (un herbicide très polluant) et sa capacité à briser la molécule avant rejet de composés inoffensifs par transpiration  avec une efficacité redoutable.

-Le piment (Capsicum annuum) et la coriandre (Coriander sativum) contribuent à éliminer le Lindane (pesticide mortel) en stimulant l’action des bactéries et en assimilant le produit transformer pour en éliminer rapidement 70% pour le piment et 86% pour la coriandre.

-La Jacynthe d’eau (Eichornia crassipes) élimine presque à 100% la Lambdacyhalotrine (Pyréthrinoïde de synthèse) d’insecticides comme le Karate ou l’Interteon.

 

Des travaux sont en cours sur des végétaux OGM

 

*On constate que les plantes peuvent pour la plupart supporter une concentration de 7T/ha d’hydrocarbures dans leur sol

 

 

Phytofiltration

 

Synonyme de rhizofiltration. C’est dans ce cas le piégeage des polluants dans les racines des végétaux. Peut s’ensuivre une dégradation lente, sans qu’elle soit pour autant effectuée par les végétaux eux-mêmes. Le produit piégé se dégradera « naturellement » mais n’aura pas migré entre-temps vers les eaux de consommation, les zones de pâturage ou les zones sensibles.

Il s’agit le plus souvent de bandes enherbées (riparian corridors) ou végétalisées (roseaux, laîches, saules…) pour bloquer les écoulements de produits phytosanitaires, notamment sur des aires de rinçage. Selon les types d’effluents, elles pourront être créées directement sur le sol ou bien dans un milieu clos, mais toujours avec de la terre et-ou du sable.

 

 

 

 

Phytorestauration

 

C’est le retraitement des eaux usées par l’intermédiaires de filtres plantés. L’eau en sortie de ce ou ces filtres est dépolluée et peut être rejetée dans le milieu naturel.

Les premières traces de phytorestauration datent de l’antiquité, mais ce sont les scientifiques allemands qui, dans les années 1950, analysèrent que ce sont essentiellement les bactéries présentes dans la rhizosphère qui dépolluent l’eau. En France, c’est le CEMAGREF (institue de recherche et d’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement) qui a étudié dans les années 1980 les premiers systèmes de filtres fins plantés de roseaux.

 

L’eau, après un dégrillage ou le passage dans une fosse septique, et rejetée dans une série de lagunes comportant un substrat minéral (pouzzolane, gravier ou ballast)  et des végétaux (macrophytes). Dans certains systèmes, on trouve une lagune non plantée où viennent se développer naturellement des algues unicellulaires (microphytes). En fin de cycle, l’eau est réutilisée ou rejetée dans la nature ou une zone valorisable (par exemple une bambouseraie).

 

La vedette incontestée du lagunage est le roseau commun (Phragmites australis). Cette plante, très robuste, a de nombreux avantages :

elle présente un système racinaire profond, rare chez les espèces aquatiques

par son développement, elle limite la formation d’une couche colmatante en surface causée par l’accumulation éventuelle de MO (Matière Organique)

Par la minéralisation poussée de la MO, elle favorise le développement de micro-organismes cellulolytiques

En maintenant de l’ombre en été, elle permet le maintien d’une hygrométrie constante dans le substrat non submergé et ainsi la  stabilisation d’une bonne population bactérienne

 

Par leur volume racinaire, elles accroissent la surface de fixation des micro-organismes, les tissus racinaires et leur exsudat offrant une niche plus accueillante que le substrat seul

 

Leur intégration paysagère est impeccable

 

Elles possèdent un tissu particulier, l’aérenchyme, qui permet de transférer l’oxygène des parties hautes vers les rhizomes afin de se développer même en milieu asphyxiant.

 

Elles ont en outre une bonne tolérance aux alternances de périodes sèches et humides.

*Parmi les amusantes applications des plantes hyperaccumulatrices, le géochimiste australien Mel Lintern et son équipe du CSIRO ont découvert que certains eucalyptus étaient capables de stocker les métaux lourds dans leurs feuilles, afin de s'en débarrasser. Parmi ces métaux, son attention a été attirée par l'or, bien présent dans les tissus foliaires. Ainsi, les eucalyptus pourraient devenir de nouveaux détecteurs de gisements aurifères..    

 

(Article en cours de rédaction, voir aussi l'article "lagunage")

 

 

 

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