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De l'hiver et de ses morsures quand on a un bassin

Publié le par le père Lenoir

Nymphaea 'Peach Sunrise' sous la glace

Nymphaea 'Peach Sunrise' sous la glace

La pépinière ne déroge pas à la règle: le froid est là, comme dans pratiquement toute l'Europe cette semaine. 

Je n'irai pas m'en plaindre: on en avait besoin. Eh puis, remplacer des semaines de pluie et de ciel bas par un soleil radieux et un ciel d'azur, ma foi, ça ne pouvait pas faire de mal, quand bien même cela signifiait se cailler les extrémités et se croire en Sibérie orientale, quand souffle le terrible vent du-Nord Est. 

Toujours est-il que la végétation comme nous a été un peu surprise d'une si brutale -bien que fréquente- baisse de température alors que l'on croyait voir poindre le printemps. D'ailleurs, même les grues doivent se demander si elles ne seraient pas rentrées un peu tôt d'Afrique et d'Espagne, sur leur chemin vers le Nord, via le lac du Der-Chantecoq et, accessoirement, le plafond céruléen de la pépinière où luit actuellement une lune croissante. 

Si vous avez un bassin, vous vous inquiétez peut-être pour ce qui y pousse. A priori, pas d'inquiétude. Même si les plantes avaient redémarré de façon précoce -voire ne s'étaient jamais mises en repos végétatif- elles sont assez bien équipées pour affronter ce coup dur à ce stade. Les plantes les plus sensibles ont été j'en suis sûr placées à la bonne profondeur par vos soins: cette profondeur qui les tient à l'abri de la glace lorsqu'elle apparaît. La souche dans l'eau liquide, elles résisteront au gel puisque leurs organes vitaux n'y seront pas exposés. A la pépinière,les basses températures de ces jours-ci ont produit tout au plus 5 cm de glace à la surface des bassins les plus exposés au froid; si l'épisode persiste une semaine nous atteindrons au pire 20 cm d'épaisseur. Autant dire que ce qui est planté à une profondeur supérieure à cette épaisseur est par définition hors gel. Les tiges et feuilles prises dans la glace seront remplacées par d'autres, et certaines n'en seront même pas affectées. 

Les plantes qui souffrent le plus en ce moment sont celles qui poussent en berge ou à très faible profondeur. Pour la plupart d'entre elles, le souci n'est pas le froid en lui-même (beaucoup des plantes que nous proposons sont originaires de nos latitudes, mais une bonne partie vient de régions très froides telles le Canada ou la Sibérie -tiens, la revoilà-), mais de la sécheresse racinaire qu'il impose. Si ces plantes des régions tempérées ou froides sont habituées à résister à cette sécheresse lorsqu'elles sont en repos hivernal, elles y sont bien moins enclines lorsqu'elles sont en pleine végétation parce que l'hiver a été trop doux.

Alors que faire? me demanderez-vous. 
Eh bien pas grand-chose, malheureusement. Encore une fois, si l'épisode est court le gel sera "digéré" comme si de rien était. S'il dure, il vous faudra éventuellement lutter contre la sécheresse. Non pas en intervenant sur le bassin lui-même (mettre de l'eau chaude risque de causer un choc thermique encore plus dommageable), mais en empêchant les plantes de transpirer si elles sont en pleine végétation, par exemple en les taillant. Vus pouvez aussi disposer un voile ou un paillage de protection pour limiter l'emprise du gel, seulement généralement, lorsque le gel est déjà en place, ceci empêche surtout de réchauffer rapidement l'endroit concerné quand dardent les premiers rayons de soleil efficaces. 

En tout cas, ne vous mettez pas la rate au court-bouillon: cet événement est on ne peut plus fréquent dans notre région, et si nos plantes ont atterri (ou abassini -si ça se dit-) chez vous elles ne feront que retrouver des conditions qu'elles ont rencontré en culture dans notre pépinière, où elles sont élevées à la dure. Nos bassins de production extérieurs se retrouvent pris dans la glace tous les ans et nous ne protégeons presque plus rien avec du voile d'hivernage, dont nous avions remarqué qu'il faisait démarrer les plantes trop tôt et, donc, comme je vous l'ai déjà expliqué si vous avez tout lu, les rendait plus vulnérables aux gelées tardives. Ici, on se débrouille pour que les plantes dorment aussi longtemps que nécessaire et, comme on le souhaiterait pour nous, on ne les réveille pas tant qu'elles n'ont pas dormi leur saoul. 

Quoiqu'il en soit, nous remettons petit à petit la boutique en ligne à jour et commençons progressivement à proposer les variétés dont nous considérons qu'elles ne présentent pas de risque à être plantées. Les hémérocalles, bugles, Hostas (pour l'instant seulement les Hostas-surprises, mais nous allons proposer les autres sous peu, le temps de vérifier que nous avons bien des photos des variétés disponibles!) les délicates et vaillantes cataleptiques sont donc disponibles, ainsi que les tout premiers Hippuris et deux-trois autres hâtives gaillardes qui n'ont pas peur du givre, de l'hiver, et de Mars qui arrive en grondant.

Enfin ne rêvez pas: on ne va pas briser la glace pour vous les expédier, même si vous insistez! Pas d'expédition en dehors d'un dégel complet des pots; c'est la garantie que les plantes ont bien hiverné dehors et que nous respectons leurs cycles!


 

Vol de grues cherchant à décrocher la Lune au-dessus du Flérial et de la pépinière.

Vol de grues cherchant à décrocher la Lune au-dessus du Flérial et de la pépinière.

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Revue de lecture

Publié le par le père Lenoir

Hémérocalle, cultivez l'éphémère. Guénolé Savina et Gaëlle Nahn. 162 pages ISBN 979-10-699-0900-7

Hémérocalle, cultivez l'éphémère. Guénolé Savina et Gaëlle Nahn. 162 pages ISBN 979-10-699-0900-7

Nous avons le plaisir d'apparaître dans le livre Hémérocalle, cultivez l'éphémère de Guénolé Savina et Gaëlle Nahn sous la forme d'une présentation du Flérial et de la façon dont on y emploie la plante à laquelle est consacrée cette monographie passionnée. 

Grâce à cet ouvrage, Guénolé Savina (pépiniériste obtenteur et jardinier émérite) invite le lecteur à une redécouverte de ce "Lys d'un jour" souvent uniquement connu par l'intermédiaire de l'espèce Hemerocallis fulva,qui lance ses oriflammes orange vif au fronton des maisons d'une façon si répandue qu'elle en est devenue banale. Or, il existe des centaines (des milliers?) de cultivars de dimensions, couleurs, formes très surprenantes pour le néophyte. 
Les pages sont très abondamment illustrées de photos -on trouve notamment une très large déclinaison de variétés en fonction du cercle chromatique- et d'élégants dessins de Gaëlle Nahn, ce qui en rend la lecture à la fois plaisante et pratique de bout en bout pour l'amateur comme pour le professionnel. 

Et comme le cœur parle, mais les papilles gustatives aussi, on y trouve aussi quelques recettes fortement appétissantes, cette plante décidément pleine de qualités étant de surcroît une excellente comestible. 

Vous pouvez vous procurer ce livre (chaudement recommandable) et d'innombrables variétés d'hémérocalles sur le site de la pépinière de Guénolé Savina en Bretagne, "Les hémérocalles de la Pointe"  

et quelques autres variétés sur notre boutique en ligne

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Fêtes des plantes 2018

Publié le par le père Lenoir

Tout au fil de la belle saison, vous pourrez à nouveau nous retrouver lors de différentes manifestations en France. Certaines dates seront probablement ajoutées en cours d'année, je vous invite à revenir consulter les éventuelles mises à jour!

30, 31 mars et 1er avril 2018 5èmes Journées des Plantes rares du Manoir de la Garde à Jarnioux (69)

Comme pour les deux précédentes éditions, la fête des plantes débutera dès le vendredi après-midi. L'occasion de profiter de cette superbe région qu'est le Beaujolais...ou de venir plusieurs fois de suite pour profiter des très nombreux exposants dans ce cadre historique très agréable, avec une vue imprenable sur le château de Jarnioux depuis le bassin sur la terrasse du Manoir ou depuis l'entrée de la propriété. Pépiniéristes triés sur le volet (la preuve, j'y serai!), accueil sympathique, une manifestation maintenant bien implantée à découvrir absolument. Cette année, et ça tombe bien, le thème est celui des Jardins aquatiques.

 

6,7 et 8 avril 2018 à la Fête des Plantes de St Jean-de- Beauregard (91)

LA grande fête des plantes du Sud de Paris, bien connue des amateurs, passionnés et des professionnels. Gamme époustouflante, cadre champêtre et prestigieux, la crème des pépiniéristes et artisans du jardin (oh la la, j'ai les chevilles qui enflent, mais c'est bon pour l'ego de savoir qu'on est dans le lot!). Thème de cette année: les plantes insolites. Comptez sur moi pour ramener deux ou trois étrangetés ou raretés!

28 et 29 avril 2018 à la Fête internationale des Plantes de Schoppenwhir, près de Colmar (68)

Certainement la plus jolie fête des plantes de l'Est de la France, qui accueille des pépinières de toute l'Europe dans un cadre somptueux. Magnifique et incontournable! Et n'oubliez pas de visiter le parc, il en vaut vraiment la peine. Quant à la région, au pied des Vosges et à deux encablures de la Forêt Noire, elle vaut à elle seule que vous prévoyiez un jour ou deux de plus pour y faire du tourisme. 

 

 

 

 

 

12 et 13 et mai 2018 Journées des plantes à l'Arboretum de la Sedelle (23)

Troisième participation. Cadre idyllique, ambiance passionnée et détendue au milieu de pépiniéristes très sélectionnés dans un esprit très écolo, équitable, joyeux, porteur d'avenir. 
Cette année, je vous proposerai une conférence sur Les Jardins de Tchernobyl durant laquelle je vous présenterai mon reportage photo réalisé dans la zone d'exclusion afin de témoigner de la façon dont le site a évolué après la catastrophe. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

arboretum de la Sedelle Creuse
La Sedelle, qui coule au pied de l'Arboretum

18, 19 et 20 mai 2018 Les Journées des Plantes de Chantilly (60)

Le plus grand "flower show" français a désormais pris ses marques. Qualité d'accueil remarquable, toujours améliorée, dans le cadre exceptionnel qu'offre le domaine de Chantilly. Vous pourrez découvrir l'immense offre de pépinières et autres professionnels du monde du jardin parmi les plus prestigieux d'Europe. Thème de cette année: "Les favorites de Chantilly". Et toujours les légendaires fraises-Chantilly (la vraie de vraie de vraie crème Chantilly) pour attirer les gourmands, dans le cas où le pléthore de merveilles végétales et le cadre incroyable ne suffiraient pas! Si vous parvenez à quitter les plantes des yeux, profitez-en pour aller découvrir le charmant hameau de la reine, bien caché tout au fond du parc...

Liste des fêtes des plantes d'automne à venir. On n'est pas pressés à ce point-là, n'est-ce pas?

 

 

 

 

22 septembre 2018, Portes ouvertes à la pépinière aquatique à Volgré (89)

Pour cette première édition à domicile, vous pourrez venir pour une fois sans rendez-vous à la pépinière, de 10h à 18h. 

C'est le moment idéal (avec un petit coup d'arrosage cette année) pour planter les vivaces, les fougères, et encore les plantes aquatiques avant qu'elles n'entrent en dormance mi-octobre. La gamme est encore bien intéressante en cette saison, certaines vivaces et graminées se colorant agréablement. Certains nymphéas seront encore en fleur aussi. 

13 et 14 octobre 2018 Journées de l'Arbre à l'Arboretum National des Barres à Nogent sur Vernisson (45)

Pour cette édition très particulière, encore beaucoup d'animations diverses (notamment pour les enfants) et une gamme très large de végétaux, le tout dans ce cadre incroyable qu'est l'Arboretum et sa collection initiée depuis Vilmorin il y a plus d'un siècle. 
Particulière parce que le 1er novembre l'Arboretum fermera définitivement ses portes au public, l'Office National des Forêts s'en désengageant. Ce sera l'occasion pour tous les amoureux de la nature, des arbres, de montrer au conseil régional et au conseil général détenteurs du site combien il est important de continuer de l'offrir au public pour des raisons propres à l'étude de la biodiversité, des arbres, et tout simplement au plaisir de se trouver dans un lieu fantastique constellé d'arbres exceptionnels d'une variété connue dans le monde entier. 

 

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Résolutions 2018

Publié le par le père Lenoir

Nymphaea Barbara Dobbins, Menyanthes trifoliata, Zizania latifolia, Lychnis flos-cucculi, Iris versicolor, Iris sibirica, Iris pseudacorus, Alisma lanceolata, etc., au Flérial

Nymphaea Barbara Dobbins, Menyanthes trifoliata, Zizania latifolia, Lychnis flos-cucculi, Iris versicolor, Iris sibirica, Iris pseudacorus, Alisma lanceolata, etc., au Flérial

Avec toute nouvelle année arrive l'heure des bonnes résolutions. 
Evidemment, nous ne les tiendrons pas toutes, c'est un principe, mais tout du moins nous efforcerons-nous d'en mettre en oeuvre certaines avant d'oublier fortuitement les autres.
 
A la suite d'une assemblée générale d'une austérité sans nom (non, je blague, est-ce qu'on a une tête à faire des assemblées générales, nous?), nous avons décidé d'un commun accord avec moi même que cette année serait marquée par le sceau de l'amélioration de ce que nous avons déjà. 

Ainsi:

-Cyril a fait un boulot de rangement formidable dans la pépinière et nous avons organisé la production des Nymphéas de façon presque rationalisée; de fait cet aspect de la production sera moins pénible que les années précédentes et le suivi des stocks plus efficace. Nous allons continuer dans ce sens, et peut-être que nous saurons exactement ce dont on dispose à tout moment de la saison. (En réalité j'espère que non, ce serait tellement ennuyeux...)

-Il y a désormais des toilettes sèches à la pépinière. C'est très rustique mais, au moins, ça évitera à certains d'attendre d'atteindre le plus proche restaurant du secteur (4 km) ou de courir discrètement jusqu'aux jolis bois qui bordent le Flérial. C'est l'occasion de fertiliser le sol pauvre des arbres les plus gourmands, mais aussi d'accepter plus facilement les demandes de visite. 

-Nous allons limiter la production des plantes qui se vendent comme des urnes biplaces, conservées dans la gamme par pure collectionnite aiguë mais dont, au demeurant, personne ou presque ne veut. C'est dommage car il y en a de très chouettes, mais même en menaçant les clients ils n'en veulent pas... Elles resteront au catalogue mais ne maintiendrons un stock que de quelques sujets pour pouvoir éventuellement relancer leur production un jour. (A savoir: c'est en général à ce moment précis que l'on reçoit une demande pour fournir urgemment des quantités astronomiques d'une variété dont on s'est démuni juste avant. C'est le jeu...)
 

-On va se calmer sur les Hostas: 45 variétés c'est bien, mais lorsque l'on n'est pas les spécialistes de cette plante, les clients ne s'adressent à nous que pour nous acheter les variétés les plus spectaculaires, ou celles que l'on promeut avec insistance. Là encore, nous allons faire en sorte de conserver des pieds-mères de toutes les variétés en cas de besoin, et concentrer la production là où elle s'avère judicieuse. Non pas que je n'aime pas cette plante, bien au contraire (en plus elle se mange, alors...), mais c'est l'une de celles qui nous obligent à l'unique traitement de la pépinière: un anti-limaces bio, le ferramol. Le but étant d'éliminer aussi cet ultime produit de la production, même s'il est bio, limiter les surfaces le nécessitant est un premier pas pour y trouver des alternatives (j'ai des idées, mais il faut les mettre en test). A moins qu'un lecteur de ces pages ne nous annonce un impérieux besoin de plusieurs dizaines d'Hostas beaux et forts dans leurs pots d'un litre avec des racines formidables, bien entendu...

 



-L'abri construit avec du bois de récupération (Merci Guy-Michel) et a été couvert l'an passé devrait recevoir ses premiers murs, a priori en torchis pour une partie d'entre eux. Etant donné que ce matériau ne peut pas être mis en oeuvre en-dessous d'une certaine température, pas sûr du tout que les parois seront opérationnelles pour le printemps. J'hésite encore entre conserver les tôles de récup telles qu'elles et tenter un dispositif de végétalisation du toit à la punk. J'avoue aimer l'aspect "vieille cabane bricolée qui traîne là depuis Mathusalem" que procure la vieille tôle, d'autant que cela fonctionne très bien esthétiquement avec les végétaux qui l'encadrent. A suivre...

 

-Un pied de Myriophylle du Brésil a atterri dieu sait comment dans une des mares du Flérial (on ne produit plus cette plante depuis plusieurs années, avant même que sa culture ait été prohibée et avant que la pépinière ait migré au Flérial) et me nargue mois après mois en réapparaissant chaque fois que je crois en être arrivé à bout. Cette année, je lui fais sa fête, même s'il faut prolonger l'apnée plus longtemps pour farfouiller dans la vase afin d'en extirper les ultimes tronçons.

- Rappeler régulièrement l'existence de la page réservée aux clients de la pépinière pour montrer leurs aménagements :  https://www.facebook.com/Vos-jardins-avec-les-plantes-de-La-P%C3%A9pini%C3%A8re-Aquatique-507454676277758/?

- Faire savoir qu'on propose des bons-cadeaux sur la boutique en ligne, et mettre au point le nouveau dispositif de traitement des eaux usées par phytoépuration.

 

-Je communiquerai mieux pour proposer des formations sur place, et vais organiser un peu plus tôt le stage photo-nature proposé annuellement avec mon fabuleux photographe de frère, et m'organiser un peu mieux pour proposer une solution d'accueil et un éventuel hébergement. Le Flérial étant jeune, je n'ai pas jusqu'alors incité les visiteurs à l'arpenter, de peur qu'ils soient déçus; et les conditions d'accueil sur site étaient bien trop spartiates -elles le sont encore- pour que je réponde positivement à certaines demandes (oui, c'est vrai, les pépiniéristes et les paysagistes ont leurs petits principes et leur caractère). Désormais, il commence à représenter un outil tout à fait honnête pour raconter les plantes d'eau, la création des mares et des bassins, le jardin punk évidemment et la gestion écologique des sites. On parle parfois de permaculture, mais on met tellement de choses dans ce mot-corbeille...
Maintenant qu'il y a des toilettes et un endroit pour se mettre à l'abri, ça change beaucoup de choses! Si ça continue on va même ouvrir une boutique de souvenirs!
 


 

-Ce serait bien que nous organisions une sorte de "portes ouvertes". Seulement voilà, j'ai horreur de ça. 
L'idée de faire venir des visiteurs en masse pour leur proposer nos produits et un jardin qui se veut sauvage, par une démonstration publicitaire de nos formidables qualités va à l'encontre d'un certain nombre des principes fondamentaux de l'entreprise et de l'état d'esprit de la personne qui vous écrit là. Probablement que l'organisation d'un spectacle, d'une conférence en plein air, d'un événement groupant différents intervenants et/ou d'une visite pédagogique plus large que d'habitude pourrait faire l'affaire. Un festival de poètes et d'utopistes amateurs de miel et de belles plantes par exemple... L'idée-phare reste quand même la promotion d'une approche naturaliste de la production végétale et du paysage, bien plus que celle de faire des sous (ne dites rien, je sais: c'est un peu bizarre d'avoir une entreprise et de ne pas vouloir faire des sous. Je n'ai pas dit que je ne le voulais pas, mais que ça n'est pas la priorité. On aura l'air malin avec nos sous, dans un monde moche, triste, individualiste et pollué!) 

Nous allons nous lancer dans une grande offensive commerciale pour rafler tous les marchés publics et la grande distribution et lancer une OPA sur le Potamot nageant. Oups, excusez-moi, un stagiaire de HEC avait pris le clavier...

-Dernière bonne résolution: faire en sorte que l'entreprise perdure et qu'elle donne envie de planter des tas de plantes, d'aménager des jardins fabuleux, et, si possible qu'on y soit pour quelque chose!


  

 

 






 

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Repos hivernal

Publié le par le père Lenoir

Repos hivernal

Voilà. L'hiver est là (ne chipotez pas, l'hiver météorologique n'est pas celui du calendrier). 
En ce 1er décembre pas super chaud, nous vous annonçons la mise au repos de l'accueil du public à la pépinière. 
Sur les 400 ou 450 variétés disponibles, seules une petite poignée le resteront via la boutique en ligne, sous réserve que le gel n'empêche pas la préparation des commandes. 
Comme vous pouvez le remarquer, nous n'avons pas tout rentré sous serre. En réalité ne se trouvent au chaud -c'est à dire seulement hors gel, chez nous- que les plantes les plus sensibles au gel durable ou ne pouvant pas être placées à la profondeur qui leur sied pour passer les frimas qui s'annoncent. 
Si tout va bien, d'ici mars nous aurons eu des pics entre -12 et -20°C, ce qui aura eu pour effet d'endurcir notre production et de faire un peu de nettoyage dans les parasites. 
Passé mars, si vous êtes gentils, nous pourrons de nouveau vous accueillir dans la pépinière et au Flérial, toujours uniquement sur rendez-vous.

Bon hiver à vous!

Pour les commandes (et les jardiniers qui n'ont froid ni aux doigts ni aux yeux) : http://www.lapepiniereaquatique.net/

En attendant, vous pouvez aussi lire ou offrir des livres, que l'on trouve aussi sur notre boutique en ligne: 
http://www.editions-ulmer.fr/editions…/eric-lenoir-125-a.htm

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Du Partage!

Publié le par le père Lenoir

Du Partage!

Une pépinière, ça ne sert pas à) grand chose si personne n'y vient...

Mais ça ne sert encore plus à rien, à mon goût, si ceux qui repartent avec leurs plantes n'y éprouvent pas ensuite un plaisir certain! Par chance, j'ai d'excellents retours de la part de nos clients, qui m'envoient souvent de leurs nouvelles par le biais de photos des aménagements qu'ils ont créé pour accueillir nos plantes (oui, même s'ils les ont achetées ce sont encore nos plantes. Ce n'est pas parce qu'un de nos enfants s'est marié ou vit à 3000 km qu'il cesse d'être notre enfant, non?). 
Cela me plaît toujours de partager avec eux ce retour sur investissement des plus flagrants. 

Cela fait donc très longtemps que je me tâte les neurones pour trouver le moyen de permettre à ces clients fidèles ou ponctuels de pouvoir partager leur fierté et leur joie avec d'autres que moi, et d'avoir des échanges d'expérience avec d'autres jardiniers qu'ils soient professionnels ou amateurs, sans que cela devienne la foire à n'importe quoi. 

Je tente cette solution qu'offrent les "pages facebook" pour y parvenir. Certes, il faut un profil pour publier, mais pas pour consulter. Et ceux qui ont un compte instagram peuvent aussi participer. Les photos seront juste vérifiées par mes soins avant publication, histoire de ne pas trouver de publication franchement indésirable au milieu du lot. 

Alors à vos appareils photos, smartphones, etc, on n'attend plus que vous!

C'est ici:
https://www.facebook.com/Vos-jardins-avec-les-plantes-de-La-Pépinière-Aquatique-507454676277758/

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Le petit dernier

Publié le par le père Lenoir

Le petit dernier

Après quelques semaines,voici arrivé notre dernier-né: un petit (pas si petit que ça, en réalité) bassin d'inspiration naturelle dans le sol sableux des alentours de la forêt de Fontainebleau. 

Comme souvent, le but aura été ici d'adapter les dimensions du plan d'eau au jardin qui l'accueille de façon à ce qu'il ne soit ni insignifiant, ni démesuré. Le juste équilibre n'est pas toujours facile à trouver, en particulier dans un jardin récemment investi où les végétaux n'ont pas encore leur ampleur...ni les occupants leurs habitudes!

Voici donc le jeune bassin, dont les plantations toutes neuves ne commenceront à donner idée de ce qu'elles deviendront qu'à partir du printemps prochain. En attendant, le mouvement d'eau et l'enrochement s'occupent de donner le spectacle, et un écrin à une famille de poissons rouges bien contents d'avoir découvert un espace bien plus vaste que leur bassine précédente!

 

 

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Un stage photo chez nous en juillet?

Publié le par le père Lenoir

Un stage photo chez nous en juillet?


Un petit stage photo nature d'une demi-journée au Flérial le dimanche 16 juillet conduit par Yannick Lenoir, ça intéresse quelqu'un?
Apprendre ou découvrir les réglages, postures, lumières qui vous permettront de tirer le meilleur parti de votre appareil photo numérique dans un site préservé avec de l'eau, des plantes, des animaux, avouez que c'est plutôt pas mal, non? 

Les places sont limitées, mais vous êtes les bienvenus.

Horaires prévisionnels: 17h/21h (pour bénéficier de la meilleure lumière et ne pas mourir de chaud)
Tarif: 60€/ personne.

Localisation: Le Flérial et ses alentours (Volgré, département de l'Yonne, Nord Bourgogne) : https://www.facebook.com/leflerial/?pnref=lhc 
Ceci inclut la pépinière et ses nombreux nymphéas actuellement en fleurs.

Votre formateur: https://www.facebook.com/YannickLenoirPhotographie/
ou son autre site officiel: http://www.yannicklenoirphotographie.com/ 

Votre hôte, qui vous fera la visite guidée: moi

L'ambiance: assidue, détendue, écolo et passionnée
Alors? Vous vous laissez tenter? 

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Un peu long, le Souchet?

Publié le par le père Lenoir

Un peu long, le Souchet?

Il m'a bien tapé dans l'oeil ce matin, le souchet!
Avec ses longues feuilles et ses inflorescences brun noisette, il dévoilait à la perfection sa silhouette élégante dans la lumière du petit jour tiède que juillet finissait par nous offrir. 

L'une de ces plantes dont je trouve qu'on ne les voit jamais suffisamment dans les jardins, les bassins, les mares, d'autant qu'elle est indigène et qu'elle mériterait d'être plus souvent employée pour le réensauvagement des sites dégradés et la phytoépuration.

 
J'en entends certains déjà dire: "ah! mais c'est une herbe!" et d'autres "encore une graminée!" mais, diable, que nenni! Il est bien plus que cela! Tout d'abord ce n'est pas une graminée (famille désormais appelée "Poacées") mais une cyperacée, comme le Papyrus ou les Carex, et puis entendre cet "encore" désolé (ne niez pas, je vous ai entendu) me pousse à vous contraindre à regarder plus avant la structure dense, graphique, noble, de cette beauté végétale apte à accueillir toute une faune rivulaire autant qu'à fixer les berges fragiles de son système racinaire puissant, non perforant. Et quelle aptitude inouïe à révéler la beauté de ses voisines par sa régularité sans faille, son animation légère face au vent, et la constance de son maintien. 
Si l'on ajoute à cela la façon dont ses tons d'automne vont le gagner, de la tête vers le pied, on est décidément bien loin de la lassitude désabusée des esthètes déjà comblés. 

Petite description: 

 

Cyperus longus

Souchet long, souchet odorant, souchet allongé, trianglé (ang . : Galingale)

Le cousin endémique du papyrus. Plante élevée, robuste, inflorescences en épis multiples allongés en été et fin d'été, feuilles longues, coriaces et végétation assez traçante. Hauteur : 50 cm à 1 m. Soleil, mi-ombre, terrain humide et jusqu'à -10 cm de profondeur, tous sols. Berges, bassins, mares, étangs, bacs, jardins de lune, mini-bassins, aménagements écologiques.

 

 

Cette plante robuste, au feuillage élégant, dégage un parfum prononcé, assez proche de celui de l'acore et de la violette, lorsqu'on coupe sa racine. Il est d’ailleurs exploité en parfumerie, où on préférera utiliser son rhizome séché, dont le parfum se développe plus intensément. Placé en isolé, dans une potée affleurant du bassin par exemple, sa structure marquée s'imposera d'office au regard, évoquant le papyrus tout en n’ayant pas sa frilosité.

 

 

Le souchet forme des herbiers denses et peut être employé dans les lagunages comme pour la fixation des berges à laquelle il excelle, surtout s’il est directement implanté sous la surface de l’eau.

On utilisait ses longues feuilles étroites en vannerie, pour confectionner des chapeaux ou des paniers.

(Extrait du livre Plantes aquatiques et de terrains humides, éd. Ulmer, 2016)

 

Si vous en voulez, c'est ici!

 

Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne
Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne

Le souchet long, en berge de mare, en été et en automne

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Même pas mal

Publié le par le père Lenoir

 

Attention, c'est long.

 

Ça fait un moment que je veux publier un texte sur la difficulté d'être pépiniériste aujourd'hui. 
Un texte qui parlerait, sans misérabilisme, de l'énorme adversité que doit affronter cette profession, qu'il s'agisse du climat , du marché en crise, des contraintes administratives, de la pénibilité, ou du sentiment -justifié- d'être le parent pauvre de l'agriculture en termes d'aides, de soutien, d'écoute et de regard.

 

Mais voilà: je ne trouve pas le ton.

 

La profession va mal, voire très mal. Après tout, ce n'est pas un hasard si la plupart des pépiniéristes ont développé une activité connexe (comme je l'ai fait avec le paysagisme, ma formation initiale) pour pouvoir juste s'en sortir, avec un revenu décent obtenu sur le court terme plutôt qu'avec les miettes d'un truc qui ne rapporte que très peu, dès lors que l'on n'a pas choisi l'option d'une forme d'industrialisation du métier, une vision comptable des choses. 


Combien de collègues sont, sans que ça se sache, au RSA, au chômage, ou salariés ailleurs? Pas mal, en réalité. 
Dans cette profession de passionnés un peu dingues comme dans d'autres, le choix de la démarche passionnée, intègre et artisanale est souvent synonyme de difficultés intangibles, de vaches maigres et de mal de dos. Il en va de même pour le tailleur de pierre, le sculpteur, l'artiste peintre ou le tisserand, dès lors qu'il a choisi une voie d'exception. 
Combien de collègues arrivant à l'âge de la retraite sans les moyens de s'arrêter vraiment, à ne jamais avoir trouvé le moyen d'alléger leur charge de travail, leur tranquillité financière? Des tas. 


Quant à l'incapacité à se fédérer entre collègues, elle est assez typiquement française; il est bien plus facile de faire une action de groupe lorsque l'on est audible. Que les taxis arrêtent de fonctionner au cul d'un aéroport, que les trains s'arrêtent, que Rungis cesse d'être livré en viande, ou que le préfet patauge dans 15000 L de lisier, et tout le monde le sait, le ressent, prend le sujet à cœur ou à tripes, mais qu'on arrête de vendre ses plantes pendant un mois, et personne ou presque ne le remarquera. Nous sommes superflus, puisque nous ne sommes que du plaisir.

Ça y est, c'est dit, avec toute la froideur glaçante d'un constat implacable: c'est dur, ça va mal, et ça risque de durer.

Et à quoi ça sert? Est-ce que pour autant vous, lecteurs et potentiellement consommateurs, vous allez vous ruer sur nos étals, nos stands sur les fêtes des plantes ou les marchés pour nous dévaliser en végétaux? Non, évidemment! Vous n'allez pas acheter ce dont vous n'avez pas besoin juste pour nous faire plaisir, et permettre à ces précieuses collections privées que sont les pépinières de résister contre vents et marées. Au mieux, vous éviterez d'acheter dans une jardinerie à la noix une plante que vous pourrez trouver chez un petit producteur incroyable dont vous appréciez la démarche, la gamme, la qualité de production, même si c'est un peu plus cher (ce qui est loin d'être toujours vrai).

Est-ce que vous raconter une fois encore, un peu plus fort, nos difficultés va donner autre chose que vous culpabiliser en tant que nos clients?

On en bave, oui, mais peut-être aussi parce qu'on a choisi cette "carrière", tout simplement. Parce que, parfois, on veut cultiver dans le Larzac ou sur le Causse des plantes qu'on cultiverait plus facilement en Bretagne, ou que l'on choisit de s'installer dans un coin où le bassin de population n'est pas suffisant pour que l'on puisse s'en suffire. 


On en bave aussi, parfois, parce qu'on est peu sociable -c'est pas pour rien qu'on est dans les plantes- et que ça ne simplifie pas le marketing. Parfois aussi parce qu'on a fait de mauvais choix stratégiques, qu'on n'a pas eu de bol trois années de suite avec une météo pourrie, ou qu'on n'a pas su proposer le bon produit, de la bonne façon, aux bonnes personnes. Parce qu'on est nul en compta (et qu'on déteste ça viscéralement) et qu'une prospective financière nous donne de l'urticaire. 
Sûrement aussi parce que, en tant que passionnés irréductibles, on s'entête à faire les choses d'une façon qui nous semble être la seule, la meilleure, la plus honnête, et qu'il nous semble normal de hurler que c'est pas juste qu'on ne vende pas autant que d'autres, dont on pense qu'ils écoulent de la M... ou que cette M... est promue outrageusement, tandis que nos merveilles ne le sont pas.

J'en suis là de ma réflexion, en tant qu'acteur et spectateur de mon métier.

Nonobstant, certains collègues pépiniéristes me disent que je ne devrais pas me considérer autant en difficulté qu'eux parce que j'ai d'autres revenus que ceux, stricts, de la production. Que je ne peux pas les comprendre, et parfois même que je n'ai pas vraiment ma place sur certaines expos prestigieuses. 
Certes. Certains peinent plus que moi. Et d'autres moins.

Arrivé à ce point, je me dis que ça n'a pas beaucoup d'intérêt que de crier publiquement le désarroi d'une profession dont le but principal est de donner du plaisir, du rêve, de la joie. 
Se faire entendre, oui, c'est important. Se fédérer aussi. Mais quand on a le nez dans le guidon pour survivre ce n'est pas évident, et, comme le paragraphe précédent l'évoque un peu, la fédération n'est pas le fort de notre profession garnie d'égos et d'individualismes, plus encline à créer des ermites herbivores contemplateurs de fleurs de coucou bicolore que des grands leaders syndicalistes. On est un peu coincés, là.

Alors où vais-je en venir, vous demandez-vous très justement?

J'en pense que ce qu'on doit faire en priorité, c'est de chanter, comme le coq sur son tas de fumier. Et si ça ne va pas, de chanter plus fort, et mieux. 
Que ce n'est pas en se plaignant de nos difficultés qu'on amènera une vaste clientèle à nous. Si les tripiers disparaissent, c'est peut-être aussi parce que les gens ne mangent plus d'abats, pas juste parce que les conditions et les aléas sont trop durs, même si c'est une réalité.

Le meilleur moyen de s'en sortir reste, à mon humble avis, la promotion de notre savoir-faire, de tout ce que de "petits" pépiniéristes, de "petits" artisans peuvent offrir à leurs potentiels clients qu'aucune grosse structure ne peut offrir, faute d'échelle humaine ou de travail passionné, investi jusqu'à la moelle. 
Rappeler sans cesse les raisons d'un juste prix, la démarche qui accompagne la production, savoir raconter la qualité ou la beauté de ce qu'on propose. Faire de la pédagogie, encore et toujours, pousser quelques coups de gueule, parfois, et surtout rire de l'adversité sur laquelle on n'a pas prise.

Nous avons choisi un beau métier. Chacun d'entre nous, à sa manière, essaye d'en vivre dignement malgré nombre de raisons de découragement. C'est un métier de passion, c'est un métier de rêves, parfois de collection, d'échange (au sens fondamental) et de transmission.

Faisons rêver et rire ceux qui nous font vivre afin de créer de nouvelles vocations jardinières, faisons-les piailler d'envie de détenir l'une des plantes que nous avons cultivées pour eux presque autant que pour nous-même. Que ceux qui savent faire rêver avec des pétunias fassent rêver avec des pétunias, que ceux qui savent collectionner continuent de rendre jaloux les collectionneurs et que ceux, bon sang de bonsoir, qui ne savent pas faire ce genre de choses ne dégoûtent pas les clients et les collègues de le faire, car c'est l'écueil de la plainte permanente.

Amenons de la légèreté dans ce monde du jardin plan-plan et tristement sérieux sclérosé par les jalousies, les habitudes et l'apathie. Disons haut et fort ce que l'on aime et ce que l'on n'aime pas, de toute façon on s'en fout pas mal des tendance et des prescripteurs de goût. Tout le monde a détesté l'orange, aujourd'hui l'orange est roi! Et demain?

La profession va mal. 
Eh bien c'est dit.

Maintenant, musique! Le rideau s'ouvre et le spectacle recommence! 
Si on s'arrête pour pleurer, plus personne ne viendra rire avec nous.

 

 

 

 

Retrouvez ce texte sur le webzine Hortus Focus

https://magazine.hortus-focus.fr/blog/2017/07/03/guide-de-survie-pour-pepinieristes-desabuses/

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