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Articles avec #conseils de plantation tag

Entretien de fin d'hiver des bassins

Publié le par le père Lenoir

Mare "naturelle" à la fin de l'hiver

Mare "naturelle" à la fin de l'hiver

Nous sommes en mars. A priori, c'est bientôt le printemps.
Vous êtes je crois nombreux à vous demander ce qu'il faut faire de votre bassin -et des plantes qui s'y trouvent- à la fin de l'hiver. Quels travaux dans le bassin après l'hiver? Quel entretien? 



La réponse est simple: laissez-moi tout ce monde-là tranquille!

 

Equisetum hyemale et Potentilla palustris

Bon...
Ok...
Je vois bien que cette réponse ne vous suffit pas...
Pourtant, je vous assure que c'est généralement la meilleur chose qui se puisse faire!

Mais puisque vous  insistez, voici quelques indications qui pourraient vous servir. 

Tout d'abord - et pardon d'insister- évitez d'agir si ce n'est pas nécessaire: le bassin, la mare ou l'étang sont des milieux à l'équilibre fragile, qui mérite donc qu'on lui laisse le temps de s'installer, de se réveiller, de perdurer. Toute intervention reste une perturbation de cet équilibre parfois précaire, et les périodes  telles que la sortie d'hiver ou le repos hivernal doivent être préservées autant que faire se peut. 

Toutefois...(Oui, il y a un "toutefois", sinon ce n'est pas la peine d'écrire un article).
Les plantes aquatiques produisent souvent une biomasse importante, c'est à dire qu'elles poussent très fort durant toute la belle saison, et qu'ensuite les parties fanées deviennent une grosse réserve de matière organique. C'est bien, mais jusqu'à un certain point. 
De la vase, il en faut, mais pas trop quand même. Ceci se ressent d'autant plus que le bassin est petit. Toute cette matière organique, si elle forme un magnifique substrat et support de vie, va consommer de l'oxygène pour se décomposer (je ne vais pas vous faire une leçon maintenant, mais sachez seulement que certaines bactéries dites aérobies consomment beaucoup d'oxygène pour décomposer la matière organique). Cet oxygène est susceptible de manquer aux animaux aquatique et même à ces bactéries!

Bref, pour faire simple: si votre bassin est petit et qu'il y a beaucoup de plantes dedans, il peut être intéressant d'en tailler le surplus en fin d'hiver, et surtout de l'exporter sur le tas de compost. 

Ensuite, si vous avez des plantes en pots ou en paniers (je le redis, les paniers ne sont presque jamais une nécessité mais les jardineries aiment bien vous en vendre parce que c'est beaucoup plus cher que de banals pots en plastique, tout aussi efficaces s'ils sont stables), il sera probablement nécessaire de pratiquer au moins tous les deux ans une petite séance de rempotage ou, si le rempotage n'est pas possible, de fertilisation. Rien de très compliqué: on sort le pot du bassin, la plante du pot si c'est possible, et après avoir limité le volume de la plante et de ses racines (votre tas de compost adorera le surplus), on y fait l'appoint en terre de jardin lourde et corne broyée. Il existe aussi des terreaux pour plantes aquatiques pas toujours très bons et des engrais "spécial bassin" qui ne sont pas forcément d'un très bon rapport qualité-prix non plus. Les engrais pelliculés à dispersion lente (type "osmocote" ou "nutricote" pour tomates ou plantes fleuries), qui se libèrent sur plusieurs mois sans pic de nitrates sont un moindre mal. Il faut cependant les utiliser avec beaucoup de parcimonie pour ne pas risquer de polluer le bassin par un excès de nitrates. Au moins, avec la corne broyée on ne risque aucun excès de nitrates car l'Azote en est libéré très, très lentement. De plus c'est un bon activateur biologique. 

Enfin, dans le cas où je ne n'aurais pas été suffisamment clair, ne faites rien si tout va bien. En particulier si vous voyez des masses gélatineuses transparentes à noyaux noirs: c'est que des batraciens ont décidé d'élire domicile dans votre plan d'eau. Dans quelques semaines, si vous ne les embêtez pas, vous les verrez se transformer en myriades de têtards. Ne prenez pas peur: dans la nature, il y en a environ 1/100 qui parvient à l'âge adulte, le reste faisant les frais de l'appétit féroce des notonectes, hérons, poissons et autres larves de libellules. 



Oeufs de batraciens
 

 

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Affronter la sécheresse

Publié le par le père Lenoir

Voilà maintenant des jours et des jours qu'il n'a pas plu, sinon juste assez pour coller la poussière au sol. Vous vous demandez peut-être ce qu'il faut faire pour préserver les plantes aquatiques pendant une sécheresse...

 

 P1050887.JPG

 

Il devient de plus en plus difficile d'arroser dans la plupart des régions, et même ici, en production, abreuver les plantes pose un certain nombre de cas de conscience.

Les plantes d'eau résistent pourtant bien mieux qu'on ne pourrait le croire à ces épisodes secs, rendus plus difficiles qu'à l'accoutumée cette année par leur caractère prématuré dans la saison.

 

Iris versicolor kermesina 2

 

C'est ainsi que des végétaux installés depuis suffisamment longtemps, ou habitués à des conditions un peu dures, voire les deux, vont affronter courageusement ce début d'été intervenu depuis le mois d'avril. Certains se demandent certainement s'il est nécessaire de prendre des précautions particulières ou non. La réponse est...peut-être! 

 

Equisetum americanum 5

 

Les végétaux les plus gênés par ce type de conditions climatiques seront ceux qui peuplent les bassins artificiels non alimentés, et qui vivent dans des bacs, le plus souvent ajourés. Pour eux, pas de triche possible: pas d'eau = pas d'eau!

Si cela ne causera rien de préjudiciable à long terme pour des plantes robustes tels Carex, Iris pseudacorus ou encore Caltha, et Acorus, d'autres supporteront moins bien cette adversité, comme les Pontederia, Equisetum et autres Calla palustris. Pour celles-ci, si les bacs ne sont plus suffisamment mouillés, pas d'alternative: arrosage aussi souvent que possible, au moins pour que le substrat reste frais, un peu humide.

 

Cependant, qu'on ne s'y trompe pas: l'été existe dans toutes les régions tempérées d'où proviennent la plupart des plantes aquatiques cultivées, et dans leur milieu naturel elles doivent souvent subir des conditions analogues. Certaines plantes, telles Anemopsis californica, peuvent même rester des mois en plein désert du Mexique à attendre une hypothétique pluie!

    Anemopsis close

 

Anemopsis californica

 

plantes-en-culture-0446.JPG

 

Sagittaria, joncs et Carex se débrouillant dans un sol sec

 

Ainsi, les Alisma, Sagittaria, et autres plantes à racines bulbeuses vont entrer en dormance, se "réfugiant" dans leurs racines charnues jusqu'à recevoir à nouveau l'irrigation nécessaire, d'autres comme les Iris vont se nanifier, offrir une prestation du genre "minimum syndical" afin de ne pas épuiser leurs rares ressources. D'autres encore vont vivre presque normalement, se contentant d'accélérer leur cycle pour être en quelque sorte débarrassées de leurs fonctions reproductrices, énergivores, au plus vite, quitte à ce qu'elles durent le temps d'un déjeuner de soleil.

 

Eriophorum angustifolium 3

 

Je pourrais citer l'exemple des Hydrocotyles ou des Eriophorum (linaigrettes) qui doivent actuellement se débrouiller dans l'argile pure, raide comme une poterie, ou les graviers avec pour seul apport la rosée matinale, si faible soit-elle.

Dans les mares et les étangs, les choses se passent différemment, le sol restant frais en profondeur, et la plupart des plantes pouvant en bénéficier, y compris les nympheas qui peuvent rentrer en dormance dans la vase pendant des mois si c'est nécéssaire!

  P1070347.jpg

 

Bref, pas de panique! Il convient toutefois d'arroser les jeunes plantations de berge, qui seront celles qui profiteront le moins des rares précipitations, qui ruisselleront le plus souvent sur les surfaces lisses et pentues. Pour autant, pas d'arrosages intempestifs, mais plutôt un dosage spartiate, qui les forcera à s'implanter en profondeur plutôt que de produire un système racinaire de surface, plus sensible aux variations brutales de température et d'hydrométrie. Un arrosage de survie une à deux fois par semaine est généralement suffisant -en tout cas avec les plantes produites chez nous, rompues aux conditions de culture extrêmes!

 

Une dernière observation: la sécheresse est à bien des niveaux comparable pour les plantes aquatiques à un hivernage, lorsque le sol est gelé, et qu'elles ne peuvent plus rien y puiser. Par conséquent, la plupart des plantes rustiques peuvent y faire face sans trop de problème, se réservant     le plus naturellement du monde pour un automne éclatant.

 

Grenouille face

 

 

 

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Algues filamenteuses

Publié le par le père Lenoir

 

 

Avec les premières chaleurs, il n'est pas rare de rencontrer l'un des problèmes les plus pesants pour l'amateur de bassins ou le propriétaire de mares ou d'étangs: les algues filamenteuses, ou spyrogyres.

 

Algues filamenteuses spirogyre

 

 

Prenant l'apparence de mousse de plus en plus épaisse à mesure que la saison avance, la colonie d'algues filamenteuses s'étend généralement à la surface du plan d'eau, mais elle peut aussi s'étaler depuis le fond sur une épaisseur importante. Les dégâts que ces algues microscopiques engendrent sont le plus souvent momentannés, mais dans certains cas peuvent s'avérer irrémédiables. ils peuvent être de plusieurs ordres:

 

- ombrage du plan d'eau: en formant un tapis épais à la surface, les algues filamenteuses empêchent la végétation sub aquatique de bénéficier des U.V. prodigués par le soleil, et par conséquent de se développer. Ceci est préjudiciable à bon nombre d'espèces, y compris animales.

 

- eutrophisation: si ces algues apparaissent fréquemment dans un milieu eutrophisé (manquant d'oxygène), elles en produisent pourtant de grandes quantités, excessives, durant la journée. Paradoxalement, ces pics de libération peuvent être très préjudiciables aux bactéries dénitrifiantes, fortes consommatrices de nitrates, et de fait, apauvrir à moyen terme cette même eau en oxygène, en se développant outrageusement au détriment des autres végétaux qui pourraient les concurrencer et de la faune en général.

 

- nuisance sur la faune: de nombreux invertébrés et les jeunes alevins peuvent se retrouver piégés dans leurs filaments et y mourrir. De plus, nuisant à de nombreuses espèces animales et végétales, elles agravent l'apauvrissement du milieu, privant la faune de ressources alimentaires nécessaires et de frayères ou pouponnières intéressantes. Une faible densité de ces algues offre cependant un abri aux micro-organismes,  mais le bénéfice en est perdu dès qu'elles se densifient, étouffant même le développement du plancton.

 

- dégradation esthétique: l'épaisse couche d'algues vertes flottant sur un plan d'eau est particulièrement laide, et en gênant les variétés ornementales implantées, elles ne leur permettent pas de donner le meilleur d'elles-mêmes.

 

 

Spirogyre

 

 

 

Les principales causes de la présence outrancière des algues filamenteuses sont chimiques, et elles sont souvent l'indice frappant d'un déséquilibre biochimique du milieu.

 


Conditions pour la prolifération des algues filamenteuses:


*Une eau riche en nitrates (dûs à la présence d'une forte population animale ou du lessivage des sols agricoles sur le bassin versant alimentant le plan d'eau, notamment)

*Peu d'oxygène disponible

*Un PH de l'eau inférieur à 6 ou supérieur à 7.8

*Une surpopulation animale

*Un couvert végétal trop faible

*Une pauvreté du peuplement bactérien

*Abondance de lumière



 

C'est donc sur ces leviers qu'il faut intervenir, afin de parvenir à un équilibre relatif du plan d'eau concerné. L'erreur serait de n'intervenir que sur un seul d'entre eux. Comme en médecine, il ne s'agit pas de ne traiter que les symptômes, mais d'en gérer les causes avant tout. Un réglement partiel du problème ne serait que momentanné, sans intérêt à long terme. Ainsi, se contenter de faire remonter un PH trop bas alors que l'on a, par exemple, plus d'une carpe Koï par m3 d'eau  ne suffirait pas, le problème risquant fort de se reproduire l'année suivante, voire dans la même saison.

La présence d'un filtre UV dans un système de filtration du bassin, si elle présente un grand intérêt contre les bactéries pathogènes et certaines algues unicellulaires, n'est d'aucun intérêt contre les algues filamenteuses, d'autant plus qu'il détruit aussi les bactéries contribuant à l'assimilation des nitrates par les autres plantes.

Une donnée importante, en outre, est la considération de ce qu'est la nature, et l'idée que lutter stérilement contre elle n'apporte en général que des déceptions, et un déséquilibre global, le plan d'eau étant un milieu vivant avant tout. Il faut avoir à l'esprit la maxime selon laquelle "la nature a horreur du vide", c'est à dire qu'à vouloir tout assainir on se retrouve souvent avec des problèmes plus graves. Faut-il remplacer la peste par le choléra? Les méthodes simples et les moins coûteuses sont dans bien des cas les plus efficaces à long terme.

 


Principales méthodes pour limiter la prolifération des algues filamenteuses:

 


* Végétalisation du plan d'eau: on a tendance à considérer que l'équilibre biologique du bassin est obtenu, en matière végétale, lorsque les plantes représentent à peu près 1/3 de sa surface. Ceci est valable aussi pour les étangs et les mares. Toutefois, plus un bassin est réduit, plus il sera nécessaire d'augmenter la proportion des plantes, celles-ci permettant de réguler non seulement l'oxygénation, la dénitrification, mais aussi les brusques écarts de températures, très violents dans les petits aménagements, par leur qualité d'ombrage. Ainsi, il est important de concevoir son plan d'eau de telle façon qu'il sera facile d'y implanter une flore suffisament conséquente, en prévoyant par exemple une large zone lagunaire (la plupart des plantes d'eau poussent de préférence à une profondeur inférieure à 10 cm), et de penser à l'utilisation contrôlée des Phragmites (roseau commun), forts consommateurs de nitrates et producteurs d'oxygènes dans leurs racines.  Pour de vastes aménagements, les potamots (Potamogeton crispus, natans, lucens) et les cératophylles (Ceratophyllum demersum) peuvent être d'excellents concurrents aux algues filamenteuses. De plus, les plantes flottantes, en bloquant la lumière, présentent un action complémentaire intéressante.

 

 

trapa-natans.jpgTrapa natans (châtaigne d'eau) qui forme un bon couvert de surface

 

Ceratophyllum-demersum.jpgCeratophyllum demersum, dont les colonies deviennent importantes

 

 

Potamogeton crispusPotamogeton crispus, mal-aimé des propriétaires d'étangs

qui regrettent souvent amèrement de s'en être débarrassé

 


*Spécialités chimiques: plusieurs sociétés proposent des produits plus ou moins miraculeux pour éradiquer ces algues indésirables. Si nombre d'entre eux sont efficaces pour de petits bassins, leur emploi sur de plus grandes pièces d'eau s'avèrerait très honéreuse. Notons toutefois que les produits à base de péroxyde d'oxygène, non polluant et sans intéraction néfaste avec le peuplement animal du bassin, offre des résultats spectaculaires, "cuisant" presque instantannément les algues qu'il suffira de ramasser à l'épuisette.  

 


*Le chaulage: le but principal de cette action, consistant à apporter de la chaux ou du carbonate de calcium sous d'autres formes, est de faire remonter le PH de l'eau, c'est à dire la rendre moins acide. Ainsi, l'oxygène est libéré plus facilement dans l'eau et permet aux bactéries, puis aux plantes "classiques" de consommer les nitrates, et autres nutriments contenus dans l'eau, et de concurrencer les algues filamenteuses qui, elles, peuvent les assimiler bien plus facilement. Le calcium et le magnesium aident quant à eux à rendre le phosphate soluble.  A l'échelle d'un étang, on considère que 100 à 500 kg de chaux par hectare sont suffisants, mais cette opération peut être reproduite annuellement, surtout lorsqu'il y a une forte population de poissons. On évitera l'épandage lors de fortes chaleurs, le coup de fouet chimique pouvant détruire de grandes quantités de micro organismes lorsque la température est trop élevée.

 


*La stimulation des bactéries: indispensables à l'équilibre du milieu aquatique, leur action est prépondérante dans la dégradation des matières organiques et des nitrates. A  l'échelle d'un petit bassin, des spécialités commerciales sont disponibles sur le marché, le plus souvent sous le noms de "kits de démarrage", ou encore de "starters" pour les filtres. Une lagune (ou un lagunage indépendant) est l'emplacement idéal pour leur ensemencement, l'intéraction avec les racines des plantes et la large surface qu'offre un tapis de gravier leur offrant un milieu parfait pour leur développement en symbiose avec la végétation. Pour un étang ou une mare, la méthode la plus simple consiste à disposer sur une berge, de préférence à la queue du plan d'eau, un tas de fumier, source de nourriture pour les micro organismes et les invertébrés qui se logeront ensuite dans les herbiers subaquatiques.


* La paille d'orge: cette méthode venue du coeur de la vieille Europe semble parfois porter ses fruits, même si des tests scientifiques grandeur nature n'ont jamais pu démontrer une réelle efficacité. Bien que très perplexe, j'en fais tout de même part ici, car elle ne peut en aucun cas poser de souci quant à l'équilibre du plan d'eau et permet encore aux invertébrés de trouver là une source de nourriture et un abri potentiel. Les quantités à utiliser sont assez importantes, de l'ordre de 5 à 10 tonnes/ha. Là encore, des spécialités commerciales contenant les soit-disant principes actifs de la paille d'orge sont disponibles sur le marché. Il semblerait que la décomposition de la lignine (grace à une intéraction microbienne) de la paille dégage des substances inhibitrices de la croissance de la spyrogyre.  La dégradation de la cellulose de la paille consommant de l'azote, on peut penser que cela limitera les nitrates, mais le processus étant gourmand en oxygène, il faut rester prudent.

 

 

*Le ramassage: applicable seulement aux petits aménagements, il représente cependant la méthode curative la plus efficace à court terme. Les quantités évacuées sont assez surprenantes la première fois, mieux vaut prévoir une épuisette solide!

 

 

* L'aération: par la pose d'un aérateur, d'une cascade, d'une rivière artificielle ou toute autre source de mouvement et d'aération de l'eau, on oxygène celle-ci et l'on contribue très efficacement à la dégradation des nitrates, principale ressource des algues filamenteuses.

 

Algues filamenteuses avec bernaches

 

*La déprédation: en plaçant des animaux végétariens, susceptibles de se nourrir de quantités importantes d'algues, on en limite forcément le développement, on peut même les voir disparaître. La carpe Amour, ou Amour blanc, à titre d'exemple, est une redoutable brouteuse. Mais attention: elle n'est en aucun cas sélective. Et si, en France, elle est réputée impropre à se reproduire, on constate néanmoins des cas de reproductions, même dans des régions assez peu clémentes. Trop de carpes Amour dans une pièce d'eau peuvent signifier la complète désertification de celle-ci, avec des conséquences au moins aussi graves pour le milieu que celles causées par les spyrogyres. D'autres brouteurs, comme certains canards ou encore des carpes Koï ou miroir ont un appétit moins dévastateur. Bien entendu, les animaux préfèreront manger en priorité d'autres plantes que les algues filamenteuses, qui auront une saveur, une texture et une valeur nutritive plus intéressantes.

 

 

 

 

 

  Sources:

"The book of swamps and bogs", John Eastman 1995

 

"Destruction des algues envahissantes dans les étangs", Jean Martin et Marcel Lefèvre 1946

 

Aquabase.org

 

"Algues d'eau douce et zooplancton", M. Lefèvre 1939

 

"Contrôle et élimination des algues dans les étangs piscicoles", Richard Morin 2007

 

"Désherbage des zones aquatiques et semi-aquatiques", Aline Lebouc et Gilbert Chauvel 2004

 

"Le cycle de vie de la spirogyre"

 


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Rusticité des plantes, passage de l'hiver

Publié le par le père Lenoir

Enfin!
Cet hiver aura été long, et il nous tardait de revoir un peu de verdure dans la pépinière. Ormis les fougères et quelques persistantes valeureuses, cela faisait environ 5 mois que seuls des chaumes dépassaient des pots.
C'est l'occasion de confirmer la rusticité des plantes, et éventuellement de vérifier si certaines d'entre elles nécessitent une protection particulière.

Ainsi, chaque hiver, j'expérimente, je bouscule, je teste les pires conditions pour les unes et les autres, et cela me permet de m'assurer in situ des opportunités de culture envisageables pour chacune, au-delà de ce que la connaissance théorique peut fournir.

On me demande souvent quelle est la résistance au froid des nympheas. Je répondrai d'abord par une photo:
Glace-sur-nympheae.JPG


Ce sont en moyenne 30 cm de glace qui viennent recouvrir les bassins de production entre décembre et février chaque année, gagnant parfois jusqu'à la souche des végétaux. Je n'ai jusqu'à aujourd'hui aucune perte due au froid à déplorer. Seul Nymphea 'Pennsylvania' (bleu) bénéficie d'un traitement de faveur en étant conservé en serre froide (de petites gelées tous les hivers, mais rarement sous -4°C) bien qu'ayant fait ses preuves dans le bassin de démonstration à -40 cm de profondeur sans aucune protection pendant plusieurs années.

Les plantes aquatiques proposées ici -à la pépinière E. Lenoir, dans l'Yonne, pour ceux qui n'auraient pas suivi- sont adaptées à la région, au sens large. Dans leur immense majorité, elles subissent sans encombre les assauts du froid, du vent, et même pour certaines des phases de sécheresse estivale momentannées, comme ce serait le cas dans leur milieu naturel, par le jeu des crues et décrues. En d'autres termes, elles sont EPROUVEES!
Joncs dans la glace
Nombre de possesseurs de bassins, et autres mares, s'interrogent avant les premiers froids, et cela est parfaitement compréhensible, mais ils n'ont pas à s'inquiéter: au même titre que les mauvaises herbes, les végétaux qu'ils vont installer chez eux sont adaptées au climat, et peuvent souvent être pris dans la glace sans aucun souci, même durant plusieurs semaines. La culture en pots et godets est la plus difficile qui soit pour une plante: écarts brutaux de température, d'humidité, racines en contact avec l'extérieur, en prise aux vents désséchants, glaciaux, au réchauffement, au gel... en bref, l'enfer pour un végétal. Alors autant dire que si elles survivent ici, avec comme seule protection un voile hivernal évitant surtout au vent du Nord d'achever la dessication de celles qui démarrent le plus tôt dans la saison, les plantes accepteront aisément l'hiver dans la plupart des régions de France.

Stipa dans la neige
Il est important cependant de noter, je pense, qu'il ne faut négliger aucun détail de ce que la nature a prévu. A savoir, par exemple, la protection naturelle. Je m'explique... Si de nombreuses plantes hivernent sous forme de chaumes, ce n'est pas uniquement pour meubler l'espace visuel, mais c'est aussi et surtout parce qu'en recouvrant leur souche, ces chaumes la protégeront du vent (le vrai ennemi hivernal, en fait) et des changements de température, car la succession de gel et de dégel peut être nuisible, les jeunes pousses restant les plus sensibles et le redémarrage demandant beaucoup d'énergie.  Ces mêmes chaumes, lorsqu'ils concernent les plantes aquatiques, offrent en plus un bien précieux: une bouffée d'air entre l'eau liquide du bassin et l'extérieur, ainsi qu'une limitation de la pression de la glace sur la structure du bassin, deux cadeaux très appréciables tant pour la survie de la vie aquatique que pour la pérennité de l'aménagement réalisé.


Le statut des plantes immergées est encore simplifié: les plus fragiles d'entre elles devront juste être immergées sous 40 à 50 cm afin de ne pas être prises dans la glace. C'est le cas des Lotus (Nelumbo sp.), des Thalia, Pontederia et Papyrus ( Cyperus rotundus). Pour les autres, pas d'inquiétude! Même les Orontium (la "plante à bougies), à l'allure très exotique, ou les Aponogeton (la vanille d'eau) s'en sortent très bien:

orontium-aquaticum.jpgGlace-sur-Orontium.JPGL'Orontium, gelé plus d'un mois d'affilée cet hiver, et qui redémarre déjà alors que la glace vient à peine de le libérer...

aponogeton dystachios.jpg

Glace-sur-Aponogeton.JPG
... tandis que l'élégant Aponogeton attendra 10 jours sans banquise pour proposer ses nouvelles fleurs.

Donc, s'il n'y a qu'un seul mot d'ordre pour l'hivernage des plantes aquatiques, c'est:


 "pas d'inquiétude, la nature fait très bien les choses"!



Voir aussi ce précédent billet ICI

 

 

 

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Fin de saison

Publié le par le père Lenoir



Novembre approche, et avec lui la fin de la saison.
Le jardin va prendre un aspect tout autre pendant le repos végétatif.
C'est le moment d'observer attentivement un peu partout autour de nous les plantes manifestant encore un intérêt esthétique. Feuillages colorés, floraisons tardives, fruits, nombre de détails peuvent faire la différence.


Les Aponogeton, au parfum de vanille, réapparaissent après leur trève estivale, leurs fleurs couvriront bientôt les plans d'eau ombragés ou bénéficiant d'un léger courant. Certains les plantent au milieu de Nympheas, à bonne profondeur (environ 1m) en plein soleil, ce qui les protège du soleil le plus violent. 




Les Miscanthus dressent leurs épis dynamiques et arborent, comme la Purple Love Grass (Eragrostis spectabilis) un feuillage automnal exceptionnel rouge cramoisi.
 Leurs feuilles sèches resteront sur les tiges pendant presque tout l'hiver. A ce titre, citons les Phalaris, dont les feuilles s'enroulent en de délicates "frisettes" jusqu'au mois de mars-avril, garnissant toute la basse saison les abords du bassin et les zones fraiches.  Les Stipa (cheveux d'ange) -photo- conserveront leur légèreté et s'animeront au moindre coup de vent.      


Des fougères, comme Polypodium vulgare, sont parfaitement persistantes, et servent d'écrin aux bulbes printaniers tels narcisses et autres anémones.


LeTricyrtis, à l'allure exotique d'orchidée fragile, illumine les coins d'ombre de ses fleurs raffinées sans éprouver de besoin particulier, si ce n'est un sol pas trop lourd.


Le Schizostylis ou Lys des Cafres (peuple d'Afrique du Sud) tend ses longues hampes roses à rouges jusqu'aux gelées les plus marquantes, souvent en décembre, dans les sols frais et riches à exposition assez ensoleillée.




Les Lotus donnent leurs dernières fleurs, mais offrent le spectacle incongru de leurs fruits particuliers qui, secs, peuvent se conserver des années.



Pour le Nymphea 'Pennsylvannia', c'est le chant du cygne. D'aucun les rentreront dans un local hors gel pour l'hiver, quant à moi, j'en garderai une partie dehors, sous 50 cm d'eau, suffisament pour que la glace ne leur nuise pas. Ce régime m'a apporté le plus beau pied de la collection cette année, je réhitère donc l'expérience.




Bientôt, il faudra couper les feuilles des Gunneras (Rhubarbe géante du Chili), en recouvrir la souche comme s'il s'agissait de chapeaux superposés, puis couvrir l'ensemble d'une bonne couche de paille, de fougères ou de feuilles jusqu'à la fin des grands froids, en mars-avril. Une partie de ceux produits hiverneront en cave avec un lot d'Arum d'Ethiopie, les autres dans l'un des tunnels de production.



Lotus jaune et Lotus rose (Nelumbo lutea et Nelumbo nucifera) au parc floral de Vincennes, près de Paris

Il va aussi être temps pour ceux qui n'ont pas suffisament de végétaux dans les mares et bassins susceptibles de faire circuler l'air entre l'eau et l'extérieur au travers de la glace de placer un fagot de bouleau, de charme, de paille ou de roseau, cela aura en outre l'avantage d'amortir la poussée de la glace sur la structure de l'aménagement.
Les Hippuris, Ceratophyllum, élodées et autres plantes oxygénantes implantées à bonne profondeur produiront quant à elles un peu d'oxygène suffisant à la survie d'une population de poissons équilibrée.



Au passage, un petit assemblage de plantes glané au parc floral de Vincennes, tout près de Paris, avec simplement des prêles et des fougères dans un décor minéral...




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Cohabitation avec les anatidés

Publié le par le père Lenoir

Plantes « canardorésistantes »

 

(sarcelles sur  un tapis de Phalaris 'tricolor')

 

Nombre de possesseurs de pièces d’eau ne peuvent se priver du plaisir d’avoir quelques anatidés à leur surface. Ainsi colverts, chipeaux, fuligules, sarcelles et autres tadornes et mandarins viennent y prendre place, ou bien y sont déjà installés de longue date.

Autant dire qu’installer des plantes dans ces conditions peut présenter quelques difficultés, augmentant avec la densité de volatiles. Dans l’idéal, il convient de protéger les végétaux nouvellement implantés pendant 1 à deux ans, le temps qu’ils constituent des racines et une souche suffisante pour compenser les dégâts infligés par les volatiles. Protégé par un grillage le temps de s’installer, même un tendre et délicieux nénuphar a ses chances !

Voici donc une liste absolument pas exhaustive des plantes qui résistent le mieux aux canards et autres oiseaux d’eau, ou qui peuvent leur offrir un gîte appréciable :

 

Acorus calamus

(Acorus calamus 'variegatus')

 

Acorus gramineus (et var.)

Atropa belladonna (toxique)

Carex muskingumensis

Carex pendula

(Carex muskingumensis)

 

Carex pseudocyperus

Cyperus longus

Equisetum scirpoides

Filipendula ulmaria

Filipendula vulgaris ‘plena’

Hippuris vulgaris (planté à + de 30 cm de profondeur)

Hypericum tetrapterum

Iris pseudacorus

Iris chrysographes

Iris versicolor

(Iris versicolor)

 

Juncus effusus ( et inflexus ‘glaucus’)

Juncus ensifolius

Lythrum salicaria

(Typha latifolia 'variegata')

 

Mentha aquatica

Molinia arundinacea

Nuphar lutea (si préservé pendant 1 an)

Nymphea ‘Colonel HJ Welsh’, Candida, Alba, Charles de Meurville (parmi les plus prolifiques)

Nymphoides peltata  

(Nymphoides peltata)

 

Oenanthe aquatica ‘flamingo’

Potamogeton natans

Phalaris arundinacea (et ‘tricolor’ et ‘picta’)

Phragmites australis (et «’variegata’)

Thelypteris palustris (après 1 an d’installation)

(Carex variés godet)

 

Typha latifolia

Typha stenophylla

Veronica beccabunga

Zizania latifolia

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Etat des lieux mois de juillet

Publié le par le père Lenoir

Milieu de l'été, ou presque, si l'on peut dire, cette année!
Les nénuphars sont en pleine floraison, et les Lotus aussi, malgré un manque de chaleur et d'ensoleillement certain; même les nympheas exotiques 'Pensylvania' parviennent à fleurir. a croire que c'est la dose d'amour qui leur est apportée qui les motive pour donner un tel éclat!

Pensylvannia


Les autres plantes, quant à elles, profitent pour la plupart de cet été particulièrement pluvieux, mais beaucoup  d'eau sans soleil pendant plusieurs jours, suivis d'une forte et brutale chaleur, c'est plus qu'il n'en faut pour les végétaux: le choc thermique leur nuit considérablement, aucune plante n'aimant la violence! On a d'ailleurs pu voir un peu partout des prunes prêtes à mûrir sécher comme des pruneaux en trois jours, restant suspendues aux branches!
Persicaria affinis


En attendant, Les gunneras sont superbes, les renouées et les Physostégies aussi et les fougères ont pour la plupart pris racine au point d'être parfaitement commercialisables en godets.
Physostegia virginiana

Pontederia lanceolata


Les pontédéries et les Thalias élancent leurs fleurs aussi haut qu'elles le peuvent et les Salvia pratensis n'en finissent plus de fleurir...

Thalia dealbata

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Prêles

Publié le par le père Lenoir

Voici quelques variétés de prêles (Equisetum sp.) cultivées à la pépinière.
Ces plantes, parmi les plus archaïques, seules représentantes de la famille des equisetaceae, n'ont quasiment pas évolué depuis la nuit des temps.
A l'époque des dinosaures, elles mesuraient plusieurs mètres de haut (il en reste certaines variétés tropicales atteignant 4 m!) et leur servaient de nourriture.

Ormis leurs qualités esthétiques très graphiques, elles ont un certain nombre de vertus médicinales ou autres. Elles sont reminéralisantes (comme la consoude ou l'ortie, très déconseillées aux personnes ayant des problèmes reinaux), les décoctions servent au jardin de fongicide et d'insectifuge, et elles participent à l'épuration des eaux et aident au maintien des berges. On peut aussi signaler leur emploi de plus en plus fréquent dans les bouquets, leur forme et leur tenue en vase étant sans faille. Notons aussi l'emploi d'Equisetum hyemale (la prêle d'hiver, endémique en France) par les doreurs qui apprécient ses vertus abrasives douces pour la préparation des objets à recouvrir de feuilles d'or...

equisetum-jap-3.JPGEquisetum-japonicus-pousses.JPGEquisetum japonicum, et ses pousses tendres du printemps


En guise d'inflorescence, elles présentent au printemps ou en été selon les espèces un épi sporifère arrondi, grisâtre à brun-noir. 
Préférant les terrains neutres à acides (surtout Equisetum japonicum) elles ont tendance à se développer à outrance dans un biotope favorable (pieds dans l'eau ou terrain frais à humide, léger de préférence). Elles sont généralement très rustiques  et supportent sans encombre de passer une partie de l'hiver prises dans la glace.





 

E. fluviatile, la prêle des cours d'eau.
 Au printemps, ses pousses sont très colorées, brun-orangé et vertes en
 alternance, avec quelques inflorescences au bout de certaines tiges. Elle pousse naturellement sur les berges humides des rivières.


Equisetum hyemale, la "prêle d'hiver", plus grosse et peu exigeante.
Elle  se différencie de E. japonicum principalement par sa couleur, vert plus soutenu, et sa persistance hivernale plus marquée, même lors de fortes gelées
.


 

Equisetum-Kamtchatcense-pousses.JPG

Equisetum camtschatcense, encore plus grande (plus d'1.50m dans un sol frais et léger, neutre à acide, pas nécessairement humide), qui, comme E. americanus - qui lui ressemble énormément - fait des merveilles en vases ou potées,
placées de chaque côté d'une entrée par exemple.


Equisetum-americanum-5.JPGEquisetum-americanum-4.JPG
E. americanus, et son exubérant développement



E. variegatum (pas plus panaché que moi), une petite variété (environ 25/30 cm)bien structurée, érigée.

Et la plus petite d'entre toutes
Equisetum scirpoides, la prêle faux-scirpe, aux chaumes très fins. Elle pousse à l'état naturel dans les tourbières et les marais d'Amérique du Nord, et passe l'hiver pris dans la glace. c'est aussi l'une de celles qui accepte le mieux la submersion, jusqu'à plus de 10 cm de profondeur (testée à -30 cm avec succès à la pépinière).

Equisetum-scirpoides-hiver-comp.jpgEquisetum scirpoides en hiver





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Conseils de plantation

Publié le par le père Lenoir

Conseils de plantation

Rien n'est plus simple que planter des plantes aquatiques, hormis quelques rares exceptions. Voici quelques conseils simples pour les régions tempérées, bientôt illustrés à destination de tous.

Nénuphars: (d'avril à octobre)
les tiges de nympheas flottent si elles ne sont pas ancrées au fond de l'eau, à la profondeur qui leur sied. Par conséquent, les deux méthodes selon le type de pièce d'eau où ils sont placées sont:

* rempotage dans un grand pot ou un panier, avec un terreau pour plantes aquatiques ou, mieux, de la terre de jardin ( lourde et glaiseuse de préférence) avec un petit tapis de graviers à la surface de la motte pour fixer le substrat et éviter que les poissons ne déterrent la racine qui, comme dit précédemment, flotterait. Ajouter de la corne broyée, torréfiée si possible en guise de fertilisant.

* Mise en place dans un bassin à fond vaseux, une mare ou un étang: laisser le nymphea dans son conteneur (le pot) de culture dans lequel auront été pratiqués plusieurs trous d'un bon diamètre (environ 5cm) pour permettre aux racines de passer , et lâcher l'ensemble à la bonne profondeur. Si, dans un souci écologique, il n'est pas possible de laisser le conteneur dans l'eau, il faut alors dépoter délicatement le nénuphar et attacher une lourde pierre sous son rhizome (la grosse racine charnue) pour lester l'ensemble.

A savoir: le nénuphar n'aime pas le courant, il ne faut par conséquent pas le placer dans un endroit où l'eau circule trop vaillament. De plus, si l'on veut le voir fleurir,  il est indispensable de lui fournir un emplacement bénéficiant d'au moins 6 heures de soleil par jour.
Ennemis: ragondin, rat musqué, canards (pour les jeunes sujets de moins de 2 ans), carpes amour, grosses Koï, pucerons.
Protection: contre les ragondins, faire une "cage" en treillis soudé (pour faire le béton armé) , contre les canards un simple grillage à poules dressé en cylindre, dépassant légèrement de la surface de l'eau. Contre les pucerons, du grillage encore, mais momentanément, vraiment en cas de forte infestation: placé sur les feuilles pour les submerger pendant quelques jours, le temps de noyer les pauvres homoptères mal inspirés dans le choix de leur hôte...
Ce type de plantation est aussi valable pour : Aponogeton (à condition qu'il soit à l'ombre, même s'il y a un pu de courant), Nymphoides peltata, Potamogeton natans, Nuphar lutea et japonica et Trapa natans, si elle est plantée en cours de végétation.

Plantes de rives, plantes partiellement immergées enracinées  au  fond de l'eau :

Se trouvent dans ce groupe la majorité des plantes de bassin, notamment les joncs, scirpes, massettes, pontedéries, prêles, sagittaires, trèfle d'eau, calla, orontium, papyrus et autres cyperus,  etc... tous les végétaux qui vont être plantés entre 0 et -40 cm de profondeur.

Première étape: faire tremper avec le conteneur de culture dans l'eau pendant environ 2 à 5 minutes, le temps que la motte s'imbibe complètement et ne flotte pas.
 * En bassin artificiel sans vase : rempoter  dans  un grand pot, un panier ou une jardinière conséquente  (trop étroites, elles basculent facilement) avec un terreau pour plantes aquatiques ou de la terre de jardin, lourde et glaiseuse de préférence, enrichir avec de la corne broyée ou torréfiée. Si la plante est submergée, couvrir la surface de la motte avec du gravier pour stabiliser le substrat et éviter que les poissons n'y fouillent.

*En bassin à fond vaseux, en étang, mare et bord de rivière:  planter directement en place, à la profondeur souhaitée et adaptée à la plante. Il est possible d'ajouter une poignée de corne broyée ou torréfiée  dans le fond du trou de plantation.  Dans les situations  un peu délicates (vent, courant, variations importantes du niveau d'eau, etc...) il est très utile de fixer la motte à son support, fond ou rive, à l'aide d'une ou deux fiches en bois (du noisetier par exemple) ou de petits tuteurs en bambou le temps que les racines se fixent dans le sol.

A Noter: pour toutes les plantations en pot, tenir compte dans le choix du contenant des dimensions de la plante et de sa prise au vent. Un Thalia, par exemple, avec ses près de 2m  hors de l'eau , constitue une vraie voile, et il conviendra de lui offrir un pot bas et large, quitte à le lester  avec de grosses pierres. D'une manière générale, les résultats sont toujours meilleurs  avec un vrai fond de terre qu'avec un pot, la plante pouvant mieux s'ancrer et bénéficiant de plus de nutriments.


Lotus (de fin juin à septembre)
Les Lotus, Nelumbo nucifera et lutea, sont des plantes pouvant prendre un développement incroyable, voire envahissant dans certaines conditions de profondeur ou de température d'eau ( source empêchant le gel l'hiver, chauffage...) .  Il est possible d'en avoir dans quasiment toutes les régions d'Europe tempérée, sans précaution particulière, mais sous certaines conditions déterminées ci-après:
La souche du Lotus doit se trouver à une profondeur Hors Gel, soit de -20 à -40 cm, et jusqu'à environ -60 cm au maximum. La plante doit bénéficier d'une exposition aussi chaude et ensoleillée que possible (minimum 6 H de soleil par jour, aux heures chaudes). Et surtout: il lui faut à manger! Le Lotus est une plante particulièrement gourmande, demandant une épaisseur de substrat d'au moins 40 cm, riche ou renouvelée si c'est en pot.
La culture en pot est possible, mais eu égard à la gourmandise de cette plante, cela représente un réel travail que de l'y maintenir plusieurs années. En effet, un bac de 100 litres pèse forcément plus de 100 Kg dès qu'il est rempli de substrat humide et d'une plante, et le sortir de l'eau pour raffraichir la touffe (la diviser pour repartir sur "du neuf") et changer le substrat est une vraie mission, d'autant plus que la racine du Lotus est assez délicate à manipuler (cliquer sur la photo pour tomber sur l'article qui aborde le sujet) .

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