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Articles avec #journal de la pepiniere tag

La saison bat son plein

Publié le par le père Lenoir

La saison bat son plein

Avril 2014 sera mémorable. Débuté sous un soleil de plomb, il aura continué avec des gelées tous les matins jusqu'au 20, et parfois 28°C l'après-midi, le tout avec une sécheresse considérable.

Ce matin -heureux- du 21 avril, quelques gouttes de pluie ont enfin assombri la terre sèche (il n'avait plu que 5 minutes montre en main depuis fin février!), que j'ai accueillies par un "hourra" tonitruant dès mon réveil.

Qu'importe! Les Aponogetons fleurissent, et ça c'est le bonheur!

L'ail triquètre se dispute l'élégance avec les pousses d'hostas, et les fougères déroulent leurs frondes quand le gel ne les "mouche" pas. S'il pleut un peu, le printemps sera fabuleux, car cette année la production est particulièrement belle!

Allium triquetrum, Hostas et Mukdenia, dans un lagunage que nous avons rénové chez un client

Allium triquetrum, Hostas et Mukdenia, dans un lagunage que nous avons rénové chez un client

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Pfffff! C'est l'printemps!

Publié le par le père Lenoir

 

Comme dirait ma voisine: "y'a plus d'saison"!

Février n'est pas encore achevé, qu'on est déjà picorés par les insectes piqueurs, et la végétation est si en avance qu'on se demande si on ne va pas manger des pommes à Pâques.

 

Prunus-incisa-2-copie-1.jpg

Prunus incisa au Flérial

 

Deux options: ou bien la douceur dure, et on va vraiment avoir un long moment pour s'amuser dans les jardins (mon voisin tond, je crois rêver!), ou bien le froid vient nous refaire une bise dans les prochaines semaines, et alors on aura assurément de la casse dans les plantes les plus dérèglées dans leur cycle. 

 

Helleborus.jpg

 

Bon, soyons positifs: les abeilles sont de sortie et trouvent dans le fleurissement actuel de quoi subsister. J'ai vu mon premier papillon (un paon du jour) hier, et les grenouilles rousses ont déjà pondu royalement dans les anses du Flérial prévues notamment à cet effet. 

 

Grenouilles-Accouplement-sign.jpg

 

Oeufs-grenouilles-02-2014-2.jpg


Et puis, il y a ces floraisons éclatantes, qui ne sauraient nous déplaire; cette excitation hallucinante de la végétation qui explose comme elle devrait le faire un mois plus tard, et qui comble ainsi une éventuelle impatience qui n'aura même pas eu le temps de se faire sentir!

 

Allium-triquetrum-detail.JPG

Allium triquetrum, fleuri à l'abri (pas avant avril habituellement)

 

 

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Mukdenia rossii, très en beauté -et en avance- aussi

 

Les Gunneras vont sortir de leur tanière bientôt, leur grotte inondée ayant bien rempli son rôle jusqu'ici; il faut cependant qu'on y mette fin si l'on ne veut pas qu'il ressemblent à des endives géantes au printemps!

 

Gunnera-cave-comp.jpg

 

L'enthousiasme des jardiniers est si exalté, qu'il faut que je freine leur irrépressible besoin de planter!

Difficile de leur faire comprendre que, certes, tout pousse dehors, mais que la production n'est pas encore disponible, et que je pense qu'ils doivent encore attendre pour gardnir leurs bassins ou leurs plates-bandes avec nos plantes!

Alors je le dis ici, un bon coup:

PATIENCE!!!

 

Attendez fin mars au moins pour les plantations de vivaces et d'aquatiques,

voire même un peu plus.

En plantant maintenant, vous risquez de vous voir dépassés par les mauvaises herbes. Elles, déjà en place, pousseront bien mieux que les nouvelles arrivantes, encore toutes endormies par la transition. Et que dire si jamais le froid venait à sévir!

Donc, préparez bien vos massifs, chouchoutez bien ce qui est déjà là, et guettez le printemps, le vrai.

De toute façon, la pépinière est très laide en cette saison, alors pas la peine de venir!

 

 

En tout cas, tout reverdit très vite, et c'est quand même très plaisant, surtout entre deux averses, mais chut, faut pas le dire! 


 

RAinbow.jpg

 


 

 

 

 

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Démarrage précoce et de l'eau à ne plus savoir qu'en faire

Publié le par le père Lenoir

 

Ce qu'il y a bien avec les années, c'est qu'il n'y en a pas deux qui se ressemblent.

 

En 2014, le mois de janvier est extrêmement doux (même si le temps est globalement plutôt désagréable), et la végétation se développe donc de façon très prématurée.

 

Culture-0251.JPG

Hemerocalle Crimson Glory (avec une faute sur l'étiquette),

en avance d'au moins 15 jours

 

Nous sommes obligés d'effectuer des divisions, des rempotages et des nettoyages tous azimuts à une période où, habituellement, il n'est nul besoin de s'en charger, ou en des proportions vraiment minimes. 

 

Multi-crocosmia.jpg

Les croscosmia sont "à donf", c'est la première fois que

nous sommes contraints de diviser les touffes si tôt.

 

La serre hors-gel, qui nous sert à préserver les plantes sensibles et à protéger la jeune production peu enracinée, est déjà très très pleine; les menaces de gelées nous empêchent de mettre les plantes encore un peu jeunes à l'extérieur, même sous une couverture, mais nous devons y conserver des plantes en pleine santé, résistantes en théorie, mais qui sont déjà bien trop démarrées pour pouvoir supporter un gel important s'il devait survenir maintenant! S'il se produisait la même chose que lors de l'hiver 2011-2012, avec une chute brutale à -12, puis -18°C après une longue période de douceur jusqu'en janvier, les dégâts seraient très importants, même sur des essences particulièrement rustiques comme les Iris de Sibérie, les prêles ou même les Typha. 

 

 

Serre-01-2014.jpg

Dans la serre, c'est "Manhattan-sous-plastique",

capitale de la production non ergonomique

 

 

Par conséquent, on produit, on empile, en jouant à la "chaise musicale" avec les caisses de plantes, pour que chacune ait sa dose d'air et de lumière, et soit prête au plus tôt à affronter le froid extérieur. Ajoutons à cela que l'agrandissement de la pépinière sur son nouveau site a été retardé pour des raisons "techniques", et que nous devons faire avec les infrastructures actuelles, c'est à dire petites et peu pratiques, qu'il pleut quand même pas mal et que les allées deviennent difficiles à emprunter, et nous avons un tableau à peu près réaliste de la situation. En d'autres termes, c'est sacrément la galère!

 

Mais bon...

Difficile pourtant de dissimuler ma joie à savoir que les mares, étangs, trous d'eau et zones humides sont pleins à ras-bord, que les nappes phréatiques commencent à bénéficier de la pluviométrie et -n'en déplaise à ceux qui en souffrent, avec toutes mes excuses- que la dure réalité des mauvaises pratiques en matière de couverture végétale, notamment face au ravinement et au drainage outrancier, se montre au grand jour.

 

IMG-20140129-04634.jpg

Une cariçaie, même soumise à de fortes précipitation, 

fixe considérablement les sols, tout en permettant à l'eau de s'y infiltrer.

De telles zones sont, de plus, bien plus aptes à résister aux espèces

invasives,telles la Jussie.


La destruction des marécages, des roselières, des haies, des forêts rivulaires a des effets qui ne sont souvent palpables que sur la durée: l'eau ne percole plus et les berges ne sont plus stabilisées, du coup les épisodes fortement pluvieux font que les flots emportent tout sur leur passage et fragilisent jusqu'aux montagnes. On en revient à être obligé de réfléchir sur l'artificialisation massive des milieux, et ce qu'elle cause.

http://www.nicematin.com/menton/intemperies-sur-la-cote-dazur-la-facture-sera-salee.1591350.html

 

En dehors des cas extrêmes, voir ces milieux humides, souvent meurtris, au mieux de leur forme depuis longtemps me ravit quand même pas mal, bien que je sois le premier à en subir les conséquences (les travaux s'avèrent difficiles, voire impossibles dans de nombreux cas).

C'est le moment où les convictions écologiques et la nécessité économique doivent s'affronter, et de vérifier duquel côté pèse la balance dans son coeur. J'opte pour le long terme, et donc pas l'économie...flûte! On sera riche dans une autre vie...ou pas!

 

Pour l'instant, je surveille le réveil de la nature, et me méfie quand même qu'elle n'attrape pas la grippe!

 

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Ranunculus flammula, particulièrement en avance.

Habituellement elle en est à ce stade en novembre ou en mars,

mais pas entre les deux.

 

 

 

 

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Début d'automne dans les marécages du Flérial

Publié le par le père Lenoir

 

Volgré - Le Flerial 0981

 

 

Contre toute attente, il y a parfois de bonnes surprises.

Si nombre d'arbres et arbustes ont passé l'arme à gauche au terme de cet hiver humide, prolongé, de ce printemps calamiteux et de cet été terriblement sec, au bout du compte les dégâts sont moindres que prévus.

 

 

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 Hippuris, resté à sec depuis un bon moment, est de nouveau submergé sous le petit pont naturel en granit.

 

Flerial-2-0869.JPG 

 

 

Certes, il a fallu payer son tribut à la nature pour qu'elle nous accepte dans cette ancienne jachère, mais -peut-être parce qu'on la respecte- les pertes sont finalement plus limitées qu'on l'aurait craint au regard de l'état des végétaux et des conditions météo. Cela me conforte dans l'idée que les plantations en mode "sauvage", avec un travail modéré du sol, un arrosage limité à son strict indispensable et un choix de végétaux adaptés à la situation (extrême) qui est la nôtre sont des gages de résistance et de reprise.

 

 

Volgré - Le Flerial 0880

Dans ce terrain humide ou sec selon les saisons, les asters, Itea, Acer ginnala et triflorum, ainsi que  divers Carex font merveille. Ils n'ont montré, au cours de leur première année de plantation, aucun signe de faiblesse

 

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Chelone oblica et Rudbeckia sp. (lui s'est glissé là par surprise), les pieds à l'humidité toute la basse saison. Remarquez le (ou plutôt l'absence de) désherbage.

 

 

Ici, au Flérial, le sol est un milieu particulièrement fragile, soumis à de longues inondations asphyxiantes et des vagues de sécheresse estivale, le tout balayé par les vents, avec un très faible niveau de matière organique. Mais il y a de la vie!

De fait toute intervention trop violente déséquilibre l'activité souterraine, qu'elle soit bactérienne ou celle des invertébrés. C'est dans ce but que j'ai décidé de ne pas biner et, à la manière d'un Masonobu Fukuoka bourguignon, de me contenter d'un rare désherbage dont la récolte finira là même où elle a été arrachée.

 

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 Les schizostylis (Lys des cafres), plantés dans l'argile presque pure, commencent à fleurir en cette mi-octobre. Un tapis approximatif de mauvaises herbes arrachées aux alentours lui sert de paillage. Le massif prend forme sans en avoir l'air, hors de toute convention jardinière.

 

Plantations sous couvertBuis, hémérocalles et spirées dans l'argile, sous couvert.  

 

Cela porte apparemment ses fruits: en l'absence d'arrosage (deux arrosages à l'arrosoir sur les plus grands végétaux plantés cet hiver,  lors des épisodes caniculaires uniquement) et d'entretien (un désherbage succint au printemps, un autre fin septembre, les plantes arrachées servant de paillage), je trouve le niveau de survie très acceptable, et la santé des plantes plus que satisfaisante.

 

 Volgré - Le Flerial 0912

 

 

 

 

Amenagements-0086.JPG

 Le test n'est pas tout à fait fini pour les Crocosmia, qui ont passé brillamment leurs premiers printemps et été dans la terre glaiseuse. L'hiver sera le vrai test, les bulbes redoutant l'excès d'humidité. Placés sur un talus, accompagnés d'autres plantes plus gourmandes en eau (Schizostylis, en l'occurrence), j'ose croire qu'ils ont une chance. Le Rhododendron, en arrière-plan, est quant à lui planté aussi dans une terre extrêmement argileuse, neutre, sans terre de bruyère. En l'ayant presque "posé" au sol, nous lui avons permis d'être dans des conditions saines et pauvres, propres à ses besoins.

 

 

 

Sur les nombreux arbres  (1/3) que nous avons crus morts, une petite poignée semble donner des signes de reprise, que nous n'espérions plus. Les pommiers ne reviendront pas d'outre-tombe, mais les cerisiers aigres, les liquidambars, les tilleuls (sauf Tilia henryana) ainsi qu'une partie des frênes paraissent avoir recouvré des forces suffisantes pour déployer quelques feuilles ou, dans certains cas, juste garder une belle couleur "vert vie" sous leur écorce, attendant patiemment le moment opportun pour redémarrer.

 Petite série de "survivors":

 

Volgré - Le Flerial 0024-copie-1

 Liquidambar

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0866

 Les Plaines blanches (Acer saccharinum) lancent une ultime salve

de jeunes pousses, que l'été leur aura

 fait retenir et Aralia elata s'enflamme avant de s'éteindre pour l'hiver

 

 

 

plantes-en-culture-0029.JPG

 L'aulne impérial (Alnus incana 'imperialis') en pleine santé,

et derrière lui l'un des frênes 'Raywood' survivants

 

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0907

     Malheureusement, le Zelkova au premier plan n'aura pas résisté. Un jeune chêne semi-persistant (Quercus pseudotourneri) et un faux cognassier de Chine (Pseudocydonia sinensis) ont été implantés depuis sur de petites buttes près des défunts arbres, afin de profiter de l'amendement du sol que nous avions effectué au moment de leur plantation.  

 

 

En une semaine d'intempéries, le terrain est de nouveau inondé sur une large portion, le rendant peu praticable et même risqué pour certains végétaux.

 

 

 

 

Allée d'eau

"L'allée d'eau", qui retrouve son aspect de la basse saison après un été à sec.

 

Les bassins se sont re-remplis, passant d'une torpeur assoiffée à leur plus haut niveau en quelques jours. Ce qui devait tremper re-trempe, et parfois ce qui ne devait pas se retrouver dans l'eau s'y retrouve à nouveau. Fameux test d'endurance!  

 

 Volgré - Le Flerial 0921

 

 

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     Les prêles américaines et Miscnathus sacchariflorus retrouvent l'eau dont ils s'étaient affranchis depuis le mois de juin. Elle ne les quittera plus de l'automne et de l'hiver.

 

 

Plantations en sol très humide

Les plantations d'automne ne sont pas simples. Inutile de dire que les essences doivent être sélectionnées pour s'adapter aux implacable conditions du site. Ici, Cornus sericea bayleyi

 

 

 Sinocalycanthus sinensis

Pour les plus sensibles à l'excès d'humidité, les plantations se font sur butte. Dans tous les cas, le sol ne peut être entièrement tassé, pour éviter l'asphyxie.

 

 

 

 plantes-en-culture-0964.JPG

 

Le Gunnera tinctoria aura bien profité de la fraicheur fournie par le merlon argileux dans son dos, qui aura fait l'office de tampon pendant la saison sèche  

 

 

    Amenagements-0147.JPG

  Les osiers délimitent la zone "civilisée" de la zone "sauvage". Ils auront résisté à tout, aidés par un unique paillage en début de saison.

 

 

 

Flerial-2 0851

 

 

Flerial-2 0708

 

Flerial-2 0885

Les butomes tirent leur élégante révérence avant de disparaître jusqu'au printemps prochain, tandis que les grandes et petites mains s'affairent tant que la saison le permet pour continuer l'élaboration du parc, dont les balbutiements nous offrent une incroyable gamme de couleurs automnales.

 

 

DERNIERE MINUTE!

 

Au-delà de mes espérances, d'autres arbres ont donné des signes de survie extrêmement réjouissants en cette fin d'année!

Il aura fallu attendre l'après Ste Catherine (25 novembre) pour voir apparaître de timides feuilles sur certains Liquidambars, charmes et surtout à la base de l'un de mes Zelkovas chéris!

 

Flerial-2-0479.JPG

Redémarrage fin novembre d'un Zelkova serrata qui n'avait plus de feuilles depuis avril, et dont toute la ramure est morte

 

 

En bref, un vrai cadeau de Noël avant l'heure!

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, c'est cette fois-ci un autre ami pépiniériste, Gilles Simon (à Gien dans le Loiret), qui nous a gâté en nous offrant une série d'arbres et arbustes rares qui sont venus considérablement enrichir la collection. Plus de détails à venir, mais à ce jour, l'inventaire des essences ligneuses au Flérial fait état de 259 taxons différents, auxquelles viennent s'ajouter un grand nombre de plantes herbacées, pas encore inventoriées.

Nombre d'entre elles ne résisteront probablement pas aux conditions très délicates du site, mais elles contribueront à constituer une liste des espèces et variétés les plus résistantes, ainsi qu'à savoir comment faire en sorte d'avoir une gamme aussi vaste que possible en adaptant les modes de culture et de plantation.

 

 

 

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Silence, ça pousse les pieds dans l'eau!

Publié le par le père Lenoir

 

Cet été, j'ai eu le grand plaisir d'être accueilli par Stéphane Marie dans son agréable jardin du Cotentin pour participer à l'émission "Silence, ça pousse!"

 

 

IMG-20130716-01180.jpg

 

 

L'émission, diffusée le 04/09/2013 est disponible en replay ici: http://www.france5.fr/emissions/silence-ca-pousse/videos/88065468?onglet=tous&page=1

 

Elle sera rediffusée samedi 07/09/2013 à 10h00 (si je ne m'abuse) et, tôt le matin le dimanche d'après, ou celui d'après (il va me falloir investir dans un programme télé!), et sera probablement rediffusée lors des prochaines grandes vacances, ou un de ces quatre matins.

 

 

J'en profite pour préciser, à l'intention des curieux, que toute l'équipe de la production est très sympathique -ceci inclut le jardinier/présentateur vedette, évidemment- et que le jardin, qui sert de plateau aux tournages, est réalisé avec goût et cette petite étincelle que l'on ne trouve que dans ceux des vrais amoureux des plantes et du jardin.

Il est à échelle humaine, et il y fait bon vivre.

 

Bon visionnage!

(ou pas, je ne donne d'ordre à personne)

 

(D'ailleurs, je ne vous force pas non plus à visiter la page Facebook de l'entreprise).

 

 

 

 

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Premier été des plantations au Flérial

Publié le par le père Lenoir

Après un hiver long et humide, un printemps froid et humide, voici maintenant un été chaud et sec. Très sec par ici, d'ailleurs.

 

 

Pont pierre sec

(Avez-vous remarqué comme l'Hippuris, juste sous

 la pierre, là, résiste particulièrement

 bien à la disparition de l'eau?)

 

 

Conséquence immédiate: un très fort taux de mortalité sur les arbres, en particulier, évidemment, sur les plantations récentes.

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0557 (2)

 

 

Tel est le cas pour nous, en ce mois d'août 2013, où force est de constater que la nature était un brin fâchée. Ainsi, nous avons perdu près du tiers des arbres que nous avions plantés cet hiver, dans des conditions déplorables, et qui ont baigné dans l'eau jusque fin juin, date après laquelle la sécheresse a brutalement commencé, d'abord par intermittence. Vous me direz que, pourtant, avec toute l'eau qui est tombée, il devrait y avoir de la réserve. Ce à quoi je vous opposerais qu'il ne faut pas confondre le sol et les nappes phréatiques. Si, effectivement, il a beaucoup (énormément) plu au printemps, ceci a eu pour principal effet -hormis le bienvenu remplissage des nappes et des puits- de faire pourrir toutes les racines des végétaux qui n'avaient pas la possibilité d'être assainies.

 

Volgré - Le Flerial 0677

 Mon Zelkova favori, plutôt mort. La vue reste heureusement jolie.

 

Moralité, quand les arbres ont abordé l'été, et que l'eau à commencé à se retirer, ils n'avaient pour ainsi dire plus de racines ici, où jusqu'au premier juillet il nous suffisait de creuser de 20cm pour atteindre l'élément liquide. Des arbres de 4m avec moins de 10% de leurs racines subsistant n'ont pu se remettre de l'évènement, le stress hydrique les ayant littéralement "cuits sur pied" tandis qu'aucun arrosage n'aurait sû compenser leur dépérissement ultrarapide. Nonobstant, beaucoup des arbres qui n'avaient pas pourri sous l'excès d'eau au printemps (les pommiers et les pêchers ont payé un lourd tribut) se sont vus considérablement fragilisés, voire dévastés par le soleil estival.

 

Volgré - Le Flerial 0588

 L'un des tout petits Cyprès chauves (Taxodium dystichum). R.A.S.

 

 

 

Petit inventaire rapide des disparitions: 3 Zelkovas (ormes de Sibérie, un comble!), 5 Frênes, 2 Tilleuls de Henry, 1 Gros chêne sessile, 2 Alisiers blancs, 6 plaqueminiers, 1 chêne cocciné, 2 érables sycomores, 3 cerisiers, 1 noisetier de Byzance, 8 pommiers, 4 pêchers, 2 poiriers, 1 orme, 4 pins sylvestres... j'en oublie sûrement... Mais il arrive parfois, avec du bol, beaucoup beaucoup de bol, que certains végétaux redémarrent depuis leur souche le printemps suivant. Croisons les doigts.

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0577 (2)

 Les érables à fleurs (Acer triflorum) ont bien survécu,

même s'ils n'ont pas poussé d'un iota!

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0694 (2)

Tilleul à feuilles en coeur. Un lutteur, celui-là.

 

 

 

Bon, tout ceci n'est pas extrêmement réjouissant...

Mais heureusement, il y a aussi de bonnes nouvelles!

 

 

Au niveau des bassins naturels, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, si l'on excepte l'arrivée de prédateurs discrets (apparemment des canards) qui viennent actuellement boulotter certaines plantes (nymphéas et Orontium, principalement).

Le niveau d'eau a pu rester relativement élevé, ce qui a permis une bonne implantation de la végétation rivulaire, qui a ainsi pu rester longtemps exempte de concurrence et abreuvée.

 

 

 

 Lobelia vedrariensis

 Malgré une absence totale de soins, le Lobelia vedrariensis se porte fort bien.

 

 Preles et osmonde

 Prêles et Osmonde royale

 

 

Volgré - Le Flerial 0625

 La petite île de la tortue

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0642

 Le massif de salicaires et molinies, dans une zone inspirée des marécages 

 

Aujourd'hui, même si les mauvaise herbes poussent abondamment -pour mon plus grand plaisir; j'exige en outre une cohabitation intelligente entre les différentes essences!- la plupart des plantes que nous avons mises en place sont en forme. Quelques essais infructueux se sont soldés par des échecs momentannés qui feront l'objet, plus tard, de versions légèrement adaptées. Par exemple, l' Astilboides tabularis a merveilleusement bien crâmé au début de l'été, ses racines n'ayant finalement pas plus trouvé l'eau que ses feuilles l'ombre, faute d'arbre survivant à sa proximité. On va donc attendre le retour effectif d'un arbre avant toute nouvelle tentative.

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0632

 Le savant mélange des plantes implantées et sauvages.

Ici, un tapis de petits scirpes forme un gazon ras.

 

 

L'un des avantages à ne pas désherber ni tondre certaines zones -la plupart, en fait- est que l'évaporation y est moindre et que, par conséquent, ces zones bénéficient d'une certaine fraicheur, et certaines plantes un peu sensibles d'un peu d'ombre.

C'est dans ces zones que la rosée se condense le mieux, ce qui est très profitable à la végétation.

 

Le gros travail sera au printemps, lorsqu'il faudra au plus vite identifier les désirables et les indésirables au moment de la repousse et faire un nouveau tri. Mais ça, c'est un job dont nous avons l'habitude!

 

 

 

Volgré - Le Flerial 0658

 Pontederia et Glycerie panachée.

L'ensemble fournira l'an prochain un massif imposant, bon maintien pour la berge.

 

 Volgré - Le Flerial 0593

 L'un des magnifiques Itea virginica 'Henry's garnet' qui, en différentes situations, n'ont quasiment pas souffert. Au deuxième plan on aperçoit le lumineux Carex muskingumensis, lui aussi très adaptable.

 Massif Crocosmia

 Massif de Crocosmia (montbrétias) dans un talus glaiseux bien sec

 

 

 

Massif mélange

 Achillée 'Love parade', Lobelia syphilitica, camomille romaine et renouée sauvage.

 

 

De plus, désherber certains endroits serait presque criminel: le mélange de plantes sauvages -je vous rappelle qu'elles ont déjà été partiellement sélectionnées au printemps- et de plantes ornementales forme des massifs souvent ravissants, dont on ne saurait douter de la résistance face au climat et aux très difficiles conditions locales.

 

 

 

MAssif mélange 2

 Joyeux mélange d'herbes sauvages et implantées.

J'irais bien y faire du tri, mais il y a un énorme

 nid de guêpes enterré au pied de l'arbre.

 

Vous trouverez plus de photos dans l'album relatif au Flérial ici

 

 

  

 

 

 

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Printemps 2013

Publié le par le père Lenoir

De mémoire de pépiniériste, cela faisait longtemps que l'on n'avait pas eu à subir un printemps si morose, n'en déplaise au mois de novembre...

 

Pourtant, de nombreuses plantes sont en fleurs; pas toujours quand elles le devraient, mais elles sont en fleurs quand même!

 

Amenagements 0640

Trolles de Chine et Consoude de Russie

 

C'est l'occasion d'en prendre plein les mirettes, et de profiter des associations incongrues ou souhaitées pour faire des clichés mémorables...

 

Amenagements-0622.JPG

Fougères, Petasites hybridus, Persicaria black dragon et Jacinthe des bois.

 

 

Rodegersia-rouge.JPG

Rodgersia pinnata rouge, en tout début de floraison, incroyablement lumineux

 

 Euphorbia-griffithii-et-polychroma.JPG

Euphorbia polychroma et griffithi 'fireglow'

 

Euphorbia-dulcis-chameleon-close.JPG

Une autre euphorbe, Euphorbia dulcis 'chameleon'. Douée d'une grande capacité d'adaptation, cette plante supporte à peu près toutes les conditions, des terrains très secs aux berges humides, l'ombre et le soleil. C'est à l'ombre que je la préfère, car son feuillage et les bractées colorées qui entourent ses fleurs insignifiantes se dévoilent au moindre rai de lumière, et révèlent par leur contraste les feuillages dorés, comme ceux des hostas ou de l'herbe aux écus.

 

 Ajuga Lysimachia et Saxifraga umbrosa

Les bugles bleus (Ajuga reptans 'atroprupurea'), l'Herbe aux écus (Lysimachia nummularia 'aurea') et l'un des nombreux désespoirs des peintres (Saxifraga umbrosa)

 

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Un nouveau printemps

Publié le par le père Lenoir

Mais quel bonheur que de sortir de l'hiver!

Même si celui-ci n'aura pas été le plus violent de ces dernières années, il me tardait de retrouver la verdure des pousses printanières, et les floraisons qui devaient suivre le chevrefeuille arbustif.

Lonicera-fragrantissima-fleur-close.JPG

Le chévrefeuille arbustif (Lonicera fragrantissima), délicieusement parfumé, fleuri depuis le mois de décembre (la photo date de mi mars). Qui a dit que le Forsythia était la première fleur du printemps? C'est quand même autrement plus raffiné, non?

 

 

A la pépinière, ce sont les pétasites qui se font remarquer en premier, rapidement suivis des Mukdenia et des primevères de l'Himalaya.

 

Mukdenia-rossii-fleur-dessus-5-copie-1.JPG

 

Mukdenia rossii, anciennement appelé Aceriphyllum. Cette vivace de la famille des Bergenia et des Hortensias est très rustique. Les fleurs apparaissent avant que les grandes feuilles palmées et lustrées ne soient elles-mêmes sorties de terre. Elles deviendront rouge vif  à jaune-orangé à l'automne.

 

Les hémérocalles filent bon train et nous voyons les premiers dards d'hostas pointer hors du sol.

 

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Les hémérocalles, avec leurs pousses vert clair, remarquables en tout début de saison. Cette plante est si rustique que même des fortes gelées n'abîment pas ces jeunes pousses pourtant tendres en apparence.

 

Les fougères préparent encore timidement leurs crosses tandis que les astilbes dorment encore profondément, dépassés de loin par les Filipendules et les Aruncus, plus hâtifs à se mesurer à la saison qui commence.

 

Petasites-japonicus-fleur-2.JPG

 Les pétasites du Japon, qui se prennent pour des choux-fleurs extraterrestres.

 

 

Certaines plantes d'eau, comme le Cornifle émergé (Ceratophyllum demersum), sont particulièrement en forme cette année. C'est une très bonne nouvelle pour les plans d'eau, qui commenceront donc très tôt à bénéficier de leur effet "plante oxygénante" et pour la faune qui y trouvera une foule d'invertébrés et un emplacement de choix pour les pontes de grenouilles et les alevins.

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Le Ceratophyllum fait partie de ces plantes oxygénantes à forte végétation si précieuses pour la vie des bassins, et la nature en général. Il a en outre l'avantage de pouvoir supporter un léger courant.

 

Nous allons commencer la division des nymphéas, bien plus tard que l'an passé et c'est tant mieux: la glace nous a quitté il y a deux jours seulement, elle aurait été mauvaise compagne pour les jeunes sujets.

 

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Il a fait -12° au plus bas cet hiver. Dans la région, c'est à peine si l'on peut dire qu'on a eu froid!

 

Les Carex sont très en forme, les températures leur auront paru bien plus clémentes qu'à l'habitude, leur enracinement s'avère d'ores et déjà exceptionnel. La neige aura permis d'amenuiser les effets du vent froid et du dessèchement, ainsi que des changements brutaux de température.

 

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Pour limiter les dégâts sur notre toute jeune production, nous l'avons empilée dans des caisses hors gel jusqu'ici. Elle rejoindra les plantes préparées durant l'hiver dans les prochains jours, dehors, maintenant que neige et verglas semblent s'être estompés.  

 

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Dans la serre hors gel, les derniers jours de l'hiver deviennent fréquemment très compliqués à gérer. Les plantes jouent à "la chaise musicale" pour prendre la lumière ou l'air à tour de rôle, afin que l'enracinement et la végétation soient optimaux avant d'aller dehors. Travailler artisanalement en suivant les saisons implique nécessairement d'avoir affaire à ce type de manutention. Paradoxalement, c'est un moment plaisant de l'année, où l'on est obligé d'avoir toujours un regard acéré sur chaque variété, telle série de pots ou telle taille de contenants.

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Et pendant ce temps, la production n'a de cesse de continuer!

 

 

Dans 3 semaines, nous recommencerons les salons, fêtes des plantes, et il nous faudra des végétaux présentables, en bonne santé, et parfaitement enracinés d'ici là. Ils seront prêts, évidemment... d'autant que beaucoup seront âgés d'un an au moins, et déjà fortement endurcis par nos conditions de culture "à la dure". Des clients, devenus amis, disent que nos plantes sont de véritables "terminators" du jardin: indestructibles! J'eus préféré une métaphore plus poétique, mais bon...  

 

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Nos superbes rhubarbes issues de division de sujets de pleine terre, en plein redémarrage.

    Trop encombrantes pour être expédiées pour la vente en ligne, nous ne les vendons pour l'instant que sur les foires aux plantes et directement à la pépinière.

 

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Primula denticulata, la Primevère de l'Himalaya, qui illumine le mois de mars.

 

 

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Pharaoquatique déménagement II

Publié le par le père Lenoir

 

Au seuil de 2013, les travaux évoluent...et nous aussi, en profondeur!

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Le sol n'a pas amélioré ses propriétés physiques avec l'arrivée de l'hiver, la situation est à certains endroits du terrain si abominable que c'en est presque risible!

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Pourtant, la nature fait assez bien les choses lorsqu'on la respecte, et semble nous donner parfois un coup de pouce pour que l'endroit embellisse rapidement.

 

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Ainsi, malgré le froid, les buttes dénudées commencent-elles à verdir d'herbes sauvages aux racines malmenées, mais vivantes. Les graines ensevelies par les travaux germeront sans nul doute au printemps dans les espaces libres. Et les massifs que nous créons, bien entendu...

 

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Nous avons essuyé quelques revers pour la création des bassins de production, qui ne sont pas achevés. En fait la pluie est arrivée si vite, et en telles quantités, que les trous  à peine creusés se sont remplis à la vitesse d'un cheval au galop, avant que l'on ait eu le temps de mettre la bâche dans tous, ou de les remplir (l'eau ne coule pas encore au bout de tuyaux, ici).

 

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Du coup certains bords se sont affaissés, des bulles d'air se sont formées sous les bâches, poussées par en-dessous par l'eau venue des 10 ha environnants au rythme d'épisodes de pluies torrentielles. J'ai l'impression de voir un travail d'amateur peu éclairé, ce qui me fait passablement enrager. Mais on ne peut pas être au four et au moulin, et l'achèvement des chantiers en cours chez nos clients reste la priorité.

 

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Le coup de pouce le plus spectaculaire dans l'embellissement du site et la création de conditions favorables à notre culture est dû à l'aide de professionnels amis: les frères Roulleau, pépinièristes près d'Orléans, et Patrick Gellet, du Jardin des Dentelles, à Amilly (45). Les premiers nous ont permis de bénéficier d'arbres de grande taille pour un coût global extrêmement attractif tandis que, sans le second, ces arbres auraient gelé sur le côté du chemin de la pépinière avant d'avoir pu être plantés, la neige et le froid ayant rendu les travaux impossibles durant les jours ouvrables où l'équipe de l'entreprise était présente.  

 

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Les conditions de plantation furent absolument déplorables à tout point de vue, si ce n'était l'ambiance bon enfant. Vent épouvantable, températures glaciales, boue, boue et boue. Mais le timing était serré, des températures largement sous 0°C étant prévues rapidement, et les arbres ne pouvant être protégés auparavant.

 

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C'est ainsi qu'à deux, en une journée, nous plantâmes près d'une trentaine d'arbres dépassant les 4m de haut -parfois de diamètre- et qu'une fois aguerri aux conditions excécrables j'en plantai presque autant, seul, le lendemain, puis encore autant le surlendemain, avec l'aide de mon précieux Cyril, revenu travailler sous la brise humide.

 

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Il est amusant de constater comme on ose faire pour soi ce qu'on n'oserait pas pour un client, en matière de risques de reprise. Cette plantation n'était qu'à peine montrable: le sol ruiné par notre passage avec la mini-pelle, des mottes d'argile grasse, compacte, herbeuses, appuyées sur les racines qu'on ne pouvait enterrer sous peine de noyade (actuellement, toute excavation de plus de 5cm de profondeur se remplit d'eau dans la minute, quelle qu'en soit la profondeur!), sans tuteur ni hauban (ils ont été posés quelques jours après), les arbres montraient une verticalité très relative et un manque d'équilibre dans leur habillage qui auraient fait rougir un jardinier manchot.

 

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Qu'importe l'aspect et la règle, il nous fallait agir suivant l'ordre des priorités, et abriter au plus tôt les racines des précieux végétaux, coûte que coûte. Les semaines qui suivirent furent en partie exploitées à compenser cette plantation "à l'arrache". Il nous faudra attendre quelques mois pour savoir si l'énorme dose d'amour et d'huile de coude délivrée ensuite aura suffit à sauver tout le monde.

 

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L'une des surprises du site fut le pH du sol, qui s'est révélé d'une neutralité quasi parfaite (7.2) alors que tout le faisait supposer acide. D'une grande pauvreté en matière organique, il n'est cependant pas pollué, probablement du fait de la longue période de jachère qui avait précédé notre venue. C'est un avantage pour de nombreuses essences végétales que nous devons implanter sur place, que ce soit pour l'ornement ou la constitution de pieds-mères.  Cette neutralité permettra une plus large gamme que celle initialement envisagée, et des amendements réguliers en compost, terreau, fumier, corne, BRF, amélioreront encore ses propriétés physico-chimiques.

 

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L'eau, si elle est une adversaire remarquable quand il s'agit de planter, creuser et même se déplacer dans le terrain, n'est pas pour autant notre ennemie. Ainsi, les petits plans d'eau creusés juste avant l'automne se sont-ils allègrement remplis, donnant un avant-goût de l'aspect final du Flerial  -tel que ce jardin est désormais baptisé.

 

 

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Elle révèle, transforme, valorise ce qui s'y reflète, s'en approche ou s'y plonge. Un pur bonheur!

 

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Bon... elle noie aussi parfois plus que prévu, et fait ressembler chaque phase de nos travaux à une séance de thalasso, mais qui saurait s'en plaindre?

 

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La structuration de l'espace continue, les premières haies sont constituées, ne serait-ce que pour limiter l'impact d'éole sur cette terre battue par les vents, qui ont tendance à décider de l'orientation des arbres plus encore que moi.

 

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Les haies cassent le vent sans l'arreter ce qui les rend, paradoxalement, plus efficaces qu'un mur. Si le mur stoppe le vent sur une faible surface, une haie le freine de moitié, voire plus, sur une grande longueur, de l'ordre de 10 fois sa hauteur en aval, et deux fois en amont. De plus, elles absorberont une partie de l'humidité excessive et permettront l'installation de végétaux un peu plus délicats des radicelles.

 

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Prochaine étape: mise en service du forage, couverture du sol de la pépinière, et bataille pour l'implantation des bassins de production.

 

 

 

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A suivre...

 

 

 

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Pharaoquatique déménagement

Publié le par le père Lenoir

Depuis quelques mois, nous nous préparions à un futur déménagement sur un nouveau site, à quelques kilomètres de notre lieu de production actuel de St Romain-le-Preux. Nous attendions pour cela diverses autorisations administratives, enfin obtenues. Il est donc maintenant temps d'attaquer la construction des nouvelles infrastructures, et du jardin qui y sera accolé afin d'y démontrer notre savoir-faire et les plantes en situation.

 

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 Le site, avant les travaux

 

Plus grand, plus adapté à nos besoins, le site de Volgré (toujours dans l'Yonne) doit nous permettre de promouvoir notre travail tout en rendant la production plus aisée, sans renier son caractère purement artisanal et respectueux de l'environnement.

 

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A l'échelle d'une entreprise et d'une pépinière comme les nôtres, ceci représente un investissement gigantesque, tant humain que financier, mais la perspective de travailler à notre aise en pouvant montrer in situ des exemples de réalisations s'avère une motivation remarquable, à l'épreuve des hésitations. Certes, en pleine période de crise on pourrait s'interroger...mais nous ne le ferons pas!

 

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 Les premiers piquets, plantés par Cyril, Laurent et parfois moi dans un sol partiellement gelé

 

L'adresse est encore un secret, tant que la production n'y est pas opérationnelle (courant 2013 si tout va bien), mais la parcelle qui se prépare à l'accueillir porte le doux nom de "Le Poirier de Messire Antoine". Tout un programme!

 

Il faut savoir une chose: sur ce secteur, les poiriers sont les seuls arbres fruitiers capables de survivre aux conditions climatiques rigoureuses et aux sols hydromorphes et acides, où en juillet dernier l'eau se trouvait à seulement 20 cm de profondeur, bloquée par une épaisse couche d'argile sur tout le plateau. La terre arable (environ 40 cm d'épaisseur dans les bons endroits) est argilo-limoneuse, sous forme de limons battants formant une croûte incassable en période sèche, et se dysloquant aux périodes humides, formant cependant de grandes flaques d'eau rendant les cultures habituelles relativement compliquées. Ajoutons que le terrain, très exposé aux vents, offre au départ tous ses flancs au souffle d'Eole, qu'il lui parvienne de n'importe lequel des points cardinaux, si ce n'est un petit angle Sud-Sud Ouest protégé par un petit bois. 

L'eau issue du forage à 40m de profondeur est, quant à elle, calcaire. Elle ne sera donc employée que lorsque les bassins d'eau de pluie ne pourront plus être utilisés.

 

 

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Voici à quoi ressemble un trou de plantation en hiver, au bout de 24h.

 

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 Ainsi que la "pelouse"...

 

 

De fait, les terrassements ne peuvent y avoir lieu qu'à des moments très précis, d'une durée aussi courte qu'imprévisible.

C'est au cours de quelques-uns de ces imprévisibles moments que nous avons décidé d'entamer les travaux titanesque -à notre échelle- pour faire de ce toit du monde hostile une jolie pépinière très singulière et un parc qui ne sera pas moins remarquable.

En voici donc les premiers témoignages photographiques pleins d'espoir, de bonheur et d'impatience...

 

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Au grand dam des terrassiers, j'ai exigé que certaines parties du terrain ne soient absolument pas touchées, dans le but d'y conserver toute la vie déjà en place depuis longtemps, à l'échelle micro et macroscopique. Ce terrain agricole présente l'avantage d'être resté plusieurs années en jachère avant que je ne l'acquière, et il me paraissait absurde de détruire l'équilibre relatif qui s'y était établi lorsque ce n'était pas strictement indispensable.

 

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 A ce stade, il me tarde vraiment de pouvoir commencer à planter tant l'aspect désertique me désole. Le travail remarquable des engins reste toutefois impressionnant

 

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    Des plantations, enfin! Et les derniers piquets...

 

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 ...Alors que le nouvel hiver approche à grands pas, rendant presque impossible le déplacement des plantes de la pépinière de St Romain.

 

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Qu'importe, c'est l'occasion de s'attarder à contempler le paysage sublime dont profiteront bientôt les clients.

 

 

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