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Démarrage précoce et de l'eau à ne plus savoir qu'en faire

Publié le par le père Lenoir

 

Ce qu'il y a bien avec les années, c'est qu'il n'y en a pas deux qui se ressemblent.

 

En 2014, le mois de janvier est extrêmement doux (même si le temps est globalement plutôt désagréable), et la végétation se développe donc de façon très prématurée.

 

Culture-0251.JPG

Hemerocalle Crimson Glory (avec une faute sur l'étiquette),

en avance d'au moins 15 jours

 

Nous sommes obligés d'effectuer des divisions, des rempotages et des nettoyages tous azimuts à une période où, habituellement, il n'est nul besoin de s'en charger, ou en des proportions vraiment minimes. 

 

Multi-crocosmia.jpg

Les croscosmia sont "à donf", c'est la première fois que

nous sommes contraints de diviser les touffes si tôt.

 

La serre hors-gel, qui nous sert à préserver les plantes sensibles et à protéger la jeune production peu enracinée, est déjà très très pleine; les menaces de gelées nous empêchent de mettre les plantes encore un peu jeunes à l'extérieur, même sous une couverture, mais nous devons y conserver des plantes en pleine santé, résistantes en théorie, mais qui sont déjà bien trop démarrées pour pouvoir supporter un gel important s'il devait survenir maintenant! S'il se produisait la même chose que lors de l'hiver 2011-2012, avec une chute brutale à -12, puis -18°C après une longue période de douceur jusqu'en janvier, les dégâts seraient très importants, même sur des essences particulièrement rustiques comme les Iris de Sibérie, les prêles ou même les Typha. 

 

 

Serre-01-2014.jpg

Dans la serre, c'est "Manhattan-sous-plastique",

capitale de la production non ergonomique

 

 

Par conséquent, on produit, on empile, en jouant à la "chaise musicale" avec les caisses de plantes, pour que chacune ait sa dose d'air et de lumière, et soit prête au plus tôt à affronter le froid extérieur. Ajoutons à cela que l'agrandissement de la pépinière sur son nouveau site a été retardé pour des raisons "techniques", et que nous devons faire avec les infrastructures actuelles, c'est à dire petites et peu pratiques, qu'il pleut quand même pas mal et que les allées deviennent difficiles à emprunter, et nous avons un tableau à peu près réaliste de la situation. En d'autres termes, c'est sacrément la galère!

 

Mais bon...

Difficile pourtant de dissimuler ma joie à savoir que les mares, étangs, trous d'eau et zones humides sont pleins à ras-bord, que les nappes phréatiques commencent à bénéficier de la pluviométrie et -n'en déplaise à ceux qui en souffrent, avec toutes mes excuses- que la dure réalité des mauvaises pratiques en matière de couverture végétale, notamment face au ravinement et au drainage outrancier, se montre au grand jour.

 

IMG-20140129-04634.jpg

Une cariçaie, même soumise à de fortes précipitation, 

fixe considérablement les sols, tout en permettant à l'eau de s'y infiltrer.

De telles zones sont, de plus, bien plus aptes à résister aux espèces

invasives,telles la Jussie.


La destruction des marécages, des roselières, des haies, des forêts rivulaires a des effets qui ne sont souvent palpables que sur la durée: l'eau ne percole plus et les berges ne sont plus stabilisées, du coup les épisodes fortement pluvieux font que les flots emportent tout sur leur passage et fragilisent jusqu'aux montagnes. On en revient à être obligé de réfléchir sur l'artificialisation massive des milieux, et ce qu'elle cause.

http://www.nicematin.com/menton/intemperies-sur-la-cote-dazur-la-facture-sera-salee.1591350.html

 

En dehors des cas extrêmes, voir ces milieux humides, souvent meurtris, au mieux de leur forme depuis longtemps me ravit quand même pas mal, bien que je sois le premier à en subir les conséquences (les travaux s'avèrent difficiles, voire impossibles dans de nombreux cas).

C'est le moment où les convictions écologiques et la nécessité économique doivent s'affronter, et de vérifier duquel côté pèse la balance dans son coeur. J'opte pour le long terme, et donc pas l'économie...flûte! On sera riche dans une autre vie...ou pas!

 

Pour l'instant, je surveille le réveil de la nature, et me méfie quand même qu'elle n'attrape pas la grippe!

 

IMG-20140129-04562.jpg

Ranunculus flammula, particulièrement en avance.

Habituellement elle en est à ce stade en novembre ou en mars,

mais pas entre les deux.

 

 

 

 

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C'est l'hiver, n'est-ce pas?

Publié le par le père Lenoir

 

Soyons franc, début janvier à la pépinière, c'est pas l'éclate...


Du coup, on en profite pour se consacrer aux jardins, en profitant du redoux un peu inquiétant (si le froid arrive brutalement, il risque d'y avoir de la casse sur les végétaux qui ont précocément redémarré). On met aussi à jour le nouveau site consacré à notre activité paysagiste (http://www.ericlenoirpaysagiste.com/images.html), bien plus synthétique que celui-ci.


C'est aussi l'occasion de faire une petite rétrospective de travaux précédents, et de les faire partager, comme pour ce "avant/après" consistant à la rénovation d'une berge de bassin, durement attaquée par des bambous et, surtout, d'horribles malfaçons. 


 

Refection-berge-bassin.jpg


 

On s'amuse un peu entre deux gelées, pluies, bains de boue en attendant que la production prenne le dessus sur les autres activités. Certains disent parfois que nous sommes des taupes réincarnées, lorsqu'ils nous voient au travail. Puis le printemps arrive, et les comparaisons deviennent plus élogieuses, au regard du résultat! 


 

IMG-20131203-03902.jpg

Réparation d'un erreur de conception sur un bassin. 

Son propriétaire ne se doute pas encore du point auquel il sera, une fois planté, plus beau qu'avant. Les photos viendront dès le printemps.


Accessoirement, j'en profite aussi pour guetter le retour de certains de mes favoris, ou glaner de nouvelles variétés à produire (top secret pour le moment, vous en saurez un peu plus plus tard). Cette année, par exemple, je devrais être en mesure de proposer à la vente deux à trois pieds de Rheum nobile (une splendide rhubarbe tibétaine particulièrement exigeante) sur les cinq ou six que nous avons produit l'an passé. Les autres nous serviront de pieds-mères, en espérant qu'ils supporteront la division. Comme toutes les beautés les plus sublimes, elle nous demande pas mal d'attention...


 

Rheum-nobile--2-.jpg

Rheum nobile. Une photo de la plante adulte ici

 

 

Rheum-australis.JPG

Une autre rhubarbe, Rheum australis, pour l'instant seulement

au stade de développement de pieds-mères.


 

Depuis quelques jours, nous avons attaqué la division de certaines variétés de vivaces, parmi les plus hâtives ou les moins sensibles aux manipulations hivernales. Je surveille aussi le démarrage précoce de certains pieds-mères en pleine terre au Flérial, en les priant de ne pas s'enflammer trop précipitamment. Février n'est pas loin, avec ses promesses de froid agressif, il ne faudrait pas que les plantes aient choisi de quitter leur repos trop tôt...

 

Ah, si, accessoirement, j'oubliais...


Bonne année!


Coeur.jpg

 

 

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