Lagunage

Publié le par le père Lenoir

Le lagunage est une technique de filtration de l'eau naturelle, n'employant aucun produit chimique et ne nécessitant qu'un léger entretien annuel et, éventuellement, la pose d'un Filtre à UV qui détruira d'éventuelles bactéries pathogènes pour les Koïs, par exemple.


L'énorme avantage réside dans l'aspect général: le lagunage, en plus d'être un bon moyen de filtration, peut aussi présenter des qualités esthétiques tout aussi attrayantes qu'un bassin ou un massif de vivaces.
On l'emploie actuellement pour les piscines écologiques (ou biologiques) ainsi que pour des bassins dits écologiques aussi.
Vous trouverez plus bas des informations sur le lagunage dans l'assainissement et l'agriculture.

 


Le principe de fonctionnement:

L'eau pompée dans le bassin passe par une zone de faible profondeur, sous forme de rivière lente,ou de marais, constituée d'un substrat neutre et de plantes souvent qualifiées de filtrantes (en fait, toutes les plantes supportant de vivre dans l'eau peuvent y être placées). Ces plantes absorbent les nitrates et oxygènent l'eau tout en faisant office de filtration physique en piégeant les matières en suspension dans leurs tiges ou leurs racines qui jouent avec le substrat le rôle de tamis ou de crépine.
Un concept, le plus basique, consiste à entourer la zone à traiter d'une lagune suffisante, et ne fait pas appel au mouvement de l'eau, donc ne nécessite pas de pompe. C'est le système le plus économique, et son efficacité est plutôt satisfaisante.

Un ouvrage à conseiller: Piscines écologiques de la conception à la réalisation, éditions ULMER. Quelques coquilles sur le nom des plantes et une traduction de l'allemand parfois approximative, mais des explications précises, valables, et très faciles d'accès.

 



Règles de base:

-Le lagunage doit représenter, sur 30 à 60 centimètres de profondeur maximum, l'équivalent du tiers du volume du bassin à filtrer. Certains concepteurs proposent une profondeur supérieure, qui ne me semble pas indispensable à l'efficacité de l'aménagement.

-pour éviter l'engorgement, le substrat doit être aussi minéral que possible: uniquement pouzzolane, ou bien encore dragée et pouzzolane, avec la granulométrie la plus fine sur le dessus. On procédera ensuite à un entretien annuel consistant à enlever le surplus de plantes en prenant soin de laisser un maximum de substrat dans le lagunage.

-L'eau doit circuler, mais lentement sur la majeure partie de l'aménagement. En créant une rivière, même petite, à la fin du circuit avec, pourquoi pas une cascade, on augmente l'oxygénation indispensable à un bon équilibre. Il arrive que certains aménagements prévoient une circulation par en-dessous, par l'intermédiaire de drains munis de crépines, parfois en mettant le bassin et le lagunage en rapport sur toute leur longueur.
Pour information, on considère que le volume complet du bassin doit  être passé par le filtre toutes les trois heures pour qu'il reste propre. Ainsi, pour un bassin de 3 m3, prévoir une pompe qui pourra faire  passer 1m3/heure, pour un bassin de 12 m3, elle devra avoir une capacité de 4m3/heure  au minimum, etc...



-le choix des végétaux est très large. Il sera fonction des visées esthétiques autant que du besoin de filtration. Ainsi, pour un lagunage destiné à l'épuration des eaux usées, la Phragmite (roseau commun), qui a une bonne biomasse et une extension rapide fera très bien l'affaire, avec une très faible profondeur d'immersion (attention à ne jamais laisser d'angles droits ou obtus, elle percerait la bâche, même les plus solides), mais dans un jardin, autour d'une pièce d'eau, on y préfèrera sagittaires, Ranunculus, hippuris, plantes flottantes et glycéries panachées... Les zones de berge et de faible profondeur pourront être meublées avec des vivaces "classiques", telles Iris, salicaires, hémerrocalles, gunneras, etc...
Parmi les plantes les plus intéressantes en lagunage, citons:

 
Cyperus longus,
Scirpus lacustris,
Sagittaria sp. (bonne action contre les phosphates)
Carex
Juncus sp.
Phalaris arundinacea
Phragmites australis ( le cultivar 'variegata' à feuillage panaché jaune est très joli)
Menyanthes trifoliata ,
Miscanthus sp. (pour les berges)
Glyceria maxima variegata
Pontederia  sp
Saururus cernuus (au feuillage très parfumé rappelant le vétiver)
Iris pseudacorus, versicolor et chrysographes
Oenanthe aquatica, et les cultivars 'variegata' ou 'flamingo'
Ranunculus flammula et lingua
Typha (massettes) sp.
Les plantes flottantes en général, telles laitue, aloes et jacinthe d'eau
etc...


.

  Lagunage agricole:

En matière d'agriculture, le lagunage est essentiellement employé à deux usage:
* le retraitement des effluents d'élévage (bovins et porcs essentiellement)
* l'épuration des eaux de rinçage des pulvérisateurs après traitement phystosanitaire (fongicides, pesticides...).
Le CEMAGREF a lancé diverses études sur ce sujet, mais il est à noter qu'actuellement les process privilégiés sont ceux proposés par les fournisseurs de produits phytosantaires eux-même, qui ne sont pas très emballés par l'idée de la lagune végétalisée sur laquelle ils n'ont aucun profit à faire.
Le procédé reste simple, constitué d'une à trois lagunes selon le type d'eaux à retraiter, avec un entretien limité consistant en un faucardage (fauchage des parties herbacées) annuel et d'un arrachage de plantes excédentaires à partir de la troisième année.
Les résultats des études sont donc longs  à venir, peu communiqués, et les chambres d'agricultures sont souvent frileuses pour proposer ces techniques, car peu motivées. Néanmoins, on constate un certain essor, lié à la satisfaction de ceux qui emploient cette pratique et au faible investissement financier que cela représente sur une exploitation.
Voici quelques liens techniques disponibles pour le retraitement des effluents phytosanitaires ou organiques:

Liens:

 Un exemple de lagunage pour bassin que nous avons rénové 

 

Pour l'élevage:

 

http://www.inst-elevage.asso.fr/html28/IMG/pdf/maitrise_pollutions_04_Coillard.pdf

http://www.rennes.inra.fr/umrsas/content/download/3300/38282/version/1/file/lisierfrais_pr_loudeac2007.pdf


Assainissement  individuel et collectif:

Quelques données, énormément de méthodes plus ou moins identiques. On part généralement sur 5 à 10m² d'emprise au sol par équivalent habitant, selon que l'on retraite uniquement les eaux grises ou non.
Majoritairement, on constate l'emploi de phragmites et de typhas, en complément d'une ou plusieurs lagunes bactériennes, et parfois l'utilisation de bambous ou d'autres végétaux ornementaux, ligneux ou non, au stade ultime. Les assainissements individuels sont généralement garnis d'une plus grande variété de végétaux, ceci afin de mêler l'intérêt esthétique à l'utilité du dispositif.


 

Lagunage 3 bassins NB

 

 

A notre niveau, nous proposons un petit dispositif de filtration autonome des eaux grises, disponible pour les professionnels et les particuliers.




Liens:

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1542_station_epuration_vegetale_Vezins.php

http://www.caue-mp.fr/uploads/documents/cauehr/Lag-nat.pdf

http://www-old.cemagref.fr/informations/actualites/epuration/lagunefiltre.pdf 

http://www-old.cemagref.fr/informations/actualites/Actu/epuration/FPR-Eaux1.pdf

http://ec.europa.eu/environment/water/water-urbanwaste/info/pdf/waterguide_fr.pdf

http://www.iewonline.be/IMG/pdf/Epuration_simple.pdf

 

 

     


http://www.ulb.ac.be/ceese/AUE/Textes/lagunage.pdf


http://www.eau-rhin-meuse.fr/tlch/procedes_epuration/F11_filtres%20plantes_de_roseaux_a_ecoulement_horizontal.pdf


http://www.eau-rhin-meuse.fr/tlch/procedes_epuration/F07_lagunage_naturel.pdf


 

 

Noter aussi ce document extrêmement instructif publié par la communauté lilloise:

http://www.localiban.org/IMG/pdf/FEAP.pdf



Plantes
Pouzzolane
Poissons


Aperçu des plantes cultivées à la pépinière

 

 

 

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